Après la violation du cessez-le-feu à Gaza, Tsahal se prépare à la prochaine guerre : révolution dans la mobilité des forces terrestres

Après les violations répétées du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, l’armée israélienne accélère une profonde remise en question de sa doctrine de combat terrestre en vue des conflits à venir. Tirant les leçons directes de la guerre et, en particulier, de l’attaque du 7 octobre, Tsahal met l’accent sur un élément longtemps sous-estimé mais devenu central sur le champ de bataille moderne : la capacité de déplacement rapide, massif et autonome des forces terrestres sous menace constante sur les axes routiers.

Selon des évaluations internes au sein du système de défense israélien, le commandant de la force terrestre, le général Nadav Lotan, a lancé un changement conceptuel majeur visant à renforcer de manière significative le parc de véhicules tactiques de Tsahal. Au cœur de cette nouvelle approche figure le retour en force des jeeps Hummer, devenues, à la surprise de nombreux officiers, l’un des outils les plus décisifs durant les combats.

Dans ce contexte, le département d’État américain a annoncé avoir approuvé une vente d’armements et de véhicules tactiques à Israël pour un montant estimé à 1,98 milliard de dollars. Le projet initial, porté conjointement par le ministère israélien de la Défense et Tsahal, prévoyait l’acquisition de 3 250 véhicules tactiques légers de type JLTV, déclinés en plusieurs configurations incluant des kits de renseignement, de communication, de surveillance et de reconnaissance.

Toutefois, selon les estimations actuelles au sein de l’armée et du ministère de la Défense, seule une première tranche de 500 véhicules JLTV devrait être concrétisée à ce stade. Ces véhicules seraient livrés dans des versions spéciales, adaptées aux exigences opérationnelles spécifiques de Tsahal, et équipés de systèmes dédiés à des missions ciblées.

Parallèlement à ce projet, le général Lotan a pris une décision qualifiée de véritable « révolution » au sein de la force terrestre : intégrer pleinement les enseignements du 7 octobre dans le programme pluriannuel de Tsahal, en mettant en avant le rôle déterminant joué par les jeeps Hummer. Les enquêtes menées au sein des divisions et des brigades ont démontré sans équivoque que l’activation rapide de flottes de Hummer, dans différentes versions, a permis de transporter un volume considérable de troupes en un temps très court, malgré des conditions de combat extrêmement complexes.

Face aux tactiques des combattants de la Nukhba, qui avaient établi des embuscades meurtrières le long des axes principaux à l’aide de missiles antichars, d’armes légères et de mitrailleuses, les Hummer ont offert une alternative décisive. Leur capacité à évoluer en terrain ouvert a permis de contourner les routes piégées et de réduire l’exposition des forces israéliennes à des attaques directes. Les premières heures de combat ont néanmoins coûté un lourd tribut à Tsahal, notamment parce que les premiers à se rendre dans la zone de la division Gaza furent des officiers supérieurs, y compris des commandants de brigades et de nombreux officiers de terrain.

Les évaluations ordonnées par le commandement de la force terrestre ont cependant mis en lumière une réalité préoccupante : si les Hummer ont démontré une valeur opérationnelle élevée, une grande partie du parc existant était vieillissante, usée et à la limite de ses capacités. Malgré un niveau de maintenance remarquable assuré par les soldats du corps technologique et de maintenance de Tsahal, plusieurs véhicules sont tombés en panne ou ont été retirés du service au cours même de la guerre.

Des témoignages de commandants du commandement Sud révèlent que le Hummer s’est imposé comme la « surprise de la guerre ». Il est devenu le principal outil de transport des combattants, de soutien logistique et de missions spéciales, grâce à sa grande mobilité tout-terrain et à sa capacité d’emport de 9 à 14 soldats en configuration opérationnelle. Cette polyvalence lui a valu le surnom de « Hummer générique » au sein de l’armée.

En conséquence directe, le commandant de la force terrestre a décidé l’acquisition de 1 000 nouveaux Hummer. À ce jour, 300 véhicules ont déjà été livrés à Israël selon les spécifications opérationnelles définies par Tsahal, et 600 autres devraient arriver d’ici le milieu de l’année 2026.

Mais cette étape ne constitue qu’un début. La force terrestre a également acté l’intégration, dans le programme pluriannuel de Tsahal, de 2 500 Hummer supplémentaires qui devraient être livrés au cours des cinq prochaines années, avec des adaptations spécifiques aux besoins israéliens. Au sein de l’armée, cette décision est perçue comme un véritable changement des règles du jeu, renforçant l’autonomie des forces terrestres et leur capacité à se déployer rapidement et en masse sur l’ensemble du territoire, y compris dans la vallée du Jourdain et en Judée-Samarie, lors de situations d’urgence où le temps manque pour mobiliser des moyens de transport civils.

L’un des épisodes les plus complexes et symboliques de cette problématique s’est produit à la base de formation des officiers, Bahad 1. Alors que des civils du Néguev occidental étaient massacrés, de nombreux commandants et cadets attendaient des moyens de transport qui n’arrivaient pas. Certains ont alors quitté la base de leur propre initiative, utilisant des véhicules privés ou improvisés, afin de rejoindre les combats contre les terroristes de la Nukhba. Cet événement a profondément marqué l’état-major et a renforcé la conviction qu’une armée moderne ne peut se permettre une dépendance logistique aussi critique en situation de crise extrême.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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