Après l’annonce du désarmement dans le sud du pays, le gouvernement libanais se réunit sous haute tension

Sur fond d’ultimatum israélien adressé au Hezbollah, le Liban a franchi jeudi une étape politique et sécuritaire majeure. L’armée libanaise a officiellement annoncé que le sud du pays avait été désarmé des armes du Hezbollah « de manière effective et concrète », à l’exception de zones encore sous contrôle de l’armée israélienne. Cette déclaration a conduit à la convocation immédiate du gouvernement libanais, alors que les tensions régionales restent à leur paroxysme.

Selon le communiqué de l’armée, le plan de concentration des armes exclusivement entre les mains de l’État est entré dans une phase avancée, après l’atteinte des objectifs de la première étape sur le terrain. Celle-ci a notamment porté sur l’extension de la présence opérationnelle de l’armée, la sécurisation de zones stratégiques et l’instauration d’un contrôle militaire effectif au sud du fleuve Litani, conformément aux engagements internationaux du Liban.

Cette annonce intervient alors que Israël a fixé un délai clair au Hezbollah pour son désarmement, au début de la nouvelle année, et alors que les évaluations sécuritaires israéliennes continuent d’alerter sur des tentatives de réarmement clandestin de l’organisation chiite. Dans le même temps, le ministre iranien des Affaires étrangères s’est rendu à Beyrouth, un déplacement perçu comme un signal politique fort dans ce contexte explosif.

Selon la chaîne libanaise Al-Jadeed, une entente aurait été trouvée entre les principales autorités de l’État libanais à la suite de la déclaration de l’armée. Une prise de position officielle du Hezbollah est attendue dans les prochaines שעות, alors que le silence de l’organisation alimente interrogations et scepticisme.

Le président Joseph Aoun : « Une décision finale et irréversible »

La réunion du gouvernement libanais s’est ouverte à 10h00 sous la présidence de Joseph Aoun, qui a apporté un soutien sans ambiguïté à l’armée. « Je souligne mon appui total à la déclaration du commandement de l’armée libanaise », a déclaré le président. Selon lui, le déploiement des forces armées au sud du Litani s’inscrit dans une décision nationale globale visant à établir le monopole de l’État sur l’usage de la force.

Joseph Aoun a insisté sur un principe central : la décision de guerre et de paix doit relever exclusivement des institutions constitutionnelles libanaises. Il a affirmé que cette démarche vise à empêcher l’utilisation du territoire libanais comme plateforme pour des actions hostiles, afin de protéger l’intérêt supérieur du Liban et la sécurité de sa population. « C’est une décision finale et irréversible », a-t-il martelé.

Dans le même souffle, le président libanais a accusé Israël de compromettre la stabilité en raison de la poursuite de frappes, de violations de la souveraineté libanaise sur terre, mer et air, et du maintien de zones tampons à l’intérieur du territoire. Selon lui, un retrait israélien complet, le respect du cessez-le-feu et la libération de détenus sont indispensables pour permettre à l’État libanais d’exercer pleinement sa souveraineté et de lancer la reconstruction des régions du sud dévastées par les combats.

Une réalité sécuritaire encore fragile

Dans son communiqué détaillé, l’armée libanaise précise que les opérations se poursuivent afin de neutraliser les munitions non explosées, les tunnels et les infrastructures militaires, et de prévenir toute tentative de reconstitution des capacités des organisations armées. Une évaluation globale de la première phase du plan baptisé « Bouclier de la patrie » sera prochainement menée afin de déterminer la suite des opérations.

Cependant, l’armée reconnaît que les frappes israéliennes continues et la présence de l’armée israélienne dans certaines zones limitent l’accès à des secteurs clés et entravent l’extension totale de l’autorité de l’État. Ces facteurs, selon Beyrouth, compliquent la centralisation exclusive des armes sous contrôle étatique.

Tsahal prêt à une action d’envergure

Côté israélien, les signaux sont sans équivoque. Selon des informations diffusées cette semaine, Tsahal a achevé ses préparatifs en vue d’une opération offensive contre le Hezbollah, avec plusieurs scénarios sur la table – allant d’une intensification ciblée de la pression militaire à une campagne beaucoup plus large.

La décision finale appartiendra au cabinet de sécurité israélien et dépendra d’un faisceau de considérations opérationnelles, diplomatiques et de coordination avec les États-Unis. Malgré les annonces libanaises, à Jérusalem, la méfiance reste totale : la question n’est pas seulement celle du désarmement déclaré, mais celle de sa réalité sur le terrain.

Dans une région déjà secouée par la guerre et les rivalités régionales, l’annonce du désarmement du sud du Liban pourrait marquer un tournant historique — ou n’être qu’un fragile répit avant une nouvelle escalade.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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