Quelques heures après le massacre, et dans la synagogue « Ateret Avraham », il ne semble y avoir aucun signe de l’horreur • Le large Ă®lot de circulation au milieu de la route est bloquĂ© par des clĂ´tures qui sont maintenant protĂ©gĂ©es par les Ă©quipes des mĂ©dias • Chaque politicien qui arrive sur les lieux ravive la jeunesse, qui cherche un exutoire Ă sa douleur et Ă sa rage • Les jeunes ont plus d’espoir, les adultes sont dĂ©jĂ dĂ©grisĂ©s • Personne ne se fait d’illusion que « sceller les maisons des terroristes » n’empĂŞchera pas la prochaine attaque • L’impuissance israĂ©lienne se fait sentir dans le quartier de JĂ©rusalem chaque jour, heure par heure…
« J’ai entendu les coups de feu et j’ai immĂ©diatement couru vers les enfants. Notre fils étĂ© terrorisĂ© pendant une heure. Je tremblais aussi de peur », raconte Yaakov, un Avrech de 30 ans, Ă propos des moments d’horreur de la nuit de Shabbat . En tant que religieux, il a fait une chose inhabituelle et au milieu du sabbat, il a appelĂ© la police : « Et il y a un poste Ă proximitĂ©, mais il leur a fallu quinze minutes pour arriver. Je ne sais pas combien de temps cela a durĂ©. Nous avons attendu des tirs et des cris, tous cachĂ© dans la salle de bain. »
Jacob a parlĂ© de la synagogue « Ateret Avraham », Ă l’entrĂ©e de laquelle l’attaque a eu lieu. C’est le silence dans la synagogue. Il n’y a aucun signe de l’ horreur qui Ă©tait lĂ 20 heures auparavant. Comme lui, les anciens du quartier observent de loin le large Ă®lot de circulation au milieu de la route. Le tramway de JĂ©rusalem passera bientĂ´t dessus. Des clĂ´tures conçues pour empĂŞcher l’accès au complexe des travaux protègent dĂ©sormais les Ă©quipes des mĂ©dias venus couvrir le massacre.
« Le sang de nos enfants n’est pas gaspillé »
La rĂ©gion elle-mĂŞme m’est bien connue. Je suis passĂ© par « Sderot Neve Ya’akov » des dizaines de fois avec mes enfants sur le chemin de la bibliothèque du quartier. Maintenant, il est rempli de cris de « mort aux Arabes » et de « mort aux terroristes », « le peuple d’IsraĂ«l vit mal « , et « le peuple de l’Ă©ternitĂ© n’a pas peur d’un long voyage ».Quelqu’un apporte un haut-parleur et appelle Ă la destruction des maisons des terroristes. Chaque politicien qui arrive rallume la jeunesse, qui va et vient le long de la rĂ©gion, Ă la recherche d’un exutoire Ă l’inĂ©vitable douleur et la rage.


« Le sang de nos enfants n’est pas gaspillé » quelqu’un a accrochĂ© une pancarte. Un son explosif lancĂ© par quelqu’un secoue soudainement l’endroit. Des cris contre Itamar Ben Gvir, qui a créé les attentes les plus Ă©levĂ©es pour Ă©liminer le terrorisme, se font Ă©galement entendre. Les jeunes ont encore de l’espoir. Les adultes sont plus sobres quant Ă la capacitĂ© des gouvernements Ă rĂ©soudre le problème. Certains d’entre eux connaissent l’histoire de Neve Ya’akov, qui porte le nom de l’implantation qui a Ă©tĂ© Ă©tablie non loin d’ici il y a 99 ans et qui a Ă©tĂ© dĂ©truite par le gang palestinien et la LĂ©gion jordanienne pendant la guerre d’indĂ©pendance. Les habitants se souviennent des attentats qui ont frappĂ© les habitants du quartier nord de JĂ©rusalem lors de la deuxième Intifada.
Aucun sioniste ne retourne en exil
Vous n’avez pas besoin d’aller loin dans le passĂ©. Neve Yaakov est entourĂ© de quartiers arabes de JĂ©rusalem, qui regorgent d’armes illĂ©gales.Les coups de feu et les feux d’artifice sont monnaie courante ici. Par consĂ©quent, la plupart d’entre eux n’ont pas du tout Ă©tĂ© Ă©mus par les bruits de l’explosion entendus au dĂ©but de l’attaque. Le manque de mains israĂ©liennes est palpable ici chaque jour, heure par heure. Personne ici ne se fait l’illusion que « boucler les maisons des terroristes », comme l’a suggĂ©rĂ© Netanyahu au dĂ©but du conseil des ministres, empĂŞchera la prochaine attaque. Après tout, chaque terroriste qui se lance est prĂŞt Ă mourir. Alors, combien de centimètres de bĂ©ton le dissuaderont ?






