Un événement inhabituel et lourd de sens s’est produit à Gaza : une milice armée locale, connue sous le nom de milice d’Abou Shabab, a annoncé avoir capturé Adham Attallah al-Aqar, présenté comme un commandant du Hamas. L’information a été diffusée via des canaux militants accompagnés d’une vidéo, dans laquelle Ghassan al-Dahini, présenté comme le successeur d’Abou Shabab, adresse des menaces verbales directes aux autres membres de la branche armée du Hamas.
Même si ces déclarations proviennent de sources partisanes et doivent être considérées avec prudence, leur diffusion publique révèle un phénomène plus large : l’émergence, ou du moins la visibilité accrue, de conflits armés internes au sein de la bande de Gaza, en parallèle de la guerre contre Israël et dans un contexte de pressions militaires, humanitaires et politiques extrêmes.
Une arrestation aux implications multiples
Selon les messages publiés, Adham Attallah al-Aqar aurait été capturé vivant et maintenu en vie « pour les besoins d’un interrogatoire ». Cette précision, martelée par la milice, vise à souligner la valeur stratégique supposée du détenu. Elle laisse entendre une volonté d’exploiter des informations plutôt que de procéder à une exécution immédiate, ce qui distingue cet épisode de nombreuses confrontations armées locales souvent expéditives.
Cette mise en scène n’est pas anodine. Elle sert à démontrer la capacité de la milice à agir comme une force de fait sur le terrain, capable d’arrêter un cadre du Hamas, organisation qui contrôle Gaza depuis 2007 et qui a historiquement écrasé toute concurrence armée interne.
Des menaces qui traduisent une guerre d’influence
La vidéo publiée va plus loin que l’annonce d’une arrestation. Le message s’adresse explicitement aux membres de la branche militaire du Hamas, dans un ton brutal et intimidant. Même sans entrer dans les détails du vocabulaire employé, il est clair que l’objectif est double : dissuader toute tentative de représailles et affirmer une autorité concurrente.
Ce type de discours public est extrêmement rare à Gaza. Le Hamas a bâti son pouvoir sur un contrôle sécuritaire strict, éliminant ou neutralisant clans, milices rivales et opposants armés. Le fait qu’un groupe ose aujourd’hui diffuser des menaces ouvertes contre ses cadres militaires suggère soit une fragilisation du contrôle du Hamas, soit une tentative calculée de provocation pour se positionner politiquement ou militairement.
Gaza sous pression : le terreau des fractures internes
Depuis des mois, Gaza subit une pression sans précédent. Les combats, les pertes humaines massives, l’effondrement des infrastructures civiles et la crise humanitaire créent un environnement propice à l’éclatement de tensions internes. Dans ce contexte, des groupes armés locaux peuvent chercher à :
- régler des comptes anciens,
- s’imposer comme alternatives au Hamas,
- négocier leur survie ou leur influence dans un futur ordre post-guerre,
- ou exploiter le chaos pour renforcer leur pouvoir local.
L’apparition publique de la milice d’Abou Shabab s’inscrit dans cette dynamique. Même si son poids réel reste difficile à évaluer, sa communication agressive montre une volonté claire d’exister sur la scène gazaouie.
Un défi direct à l’autorité du Hamas
Pour le Hamas, cet épisode est potentiellement très dangereux. Toute démonstration de faiblesse face à une milice rivale risque d’encourager d’autres groupes à agir de la même manière. À l’inverse, une réaction brutale pourrait accentuer les divisions internes et alimenter un cycle de violences inter-palestiniennes.
Historiquement, le Hamas n’a jamais toléré ce type de défi. La question est donc de savoir s’il dispose encore des moyens opérationnels, humains et logistiques pour imposer son autorité totale, alors qu’il est engagé sur plusieurs fronts simultanément.
Un indicateur d’instabilité à surveiller de près
Il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’ampleur réelle de cette affaire. Rien ne permet, à ce stade, de confirmer indépendamment tous les éléments avancés par la milice. Toutefois, le simple fait que ce type de message circule ouvertement est en soi un signal d’alarme.
Il témoigne d’une Gaza de plus en plus fragmentée, où l’autorité centrale du Hamas pourrait être contestée de l’intérieur, en plus de la pression militaire extérieure. Pour Israël, pour les acteurs régionaux et pour les observateurs internationaux, ce type d’événement constitue un indicateur important de l’évolution du rapport de forces interne à Gaza.
La guerre ne se joue donc pas uniquement entre Israël et le Hamas. Elle redessine aussi, dans l’ombre, les équilibres internes palestiniens, avec des conséquences potentiellement durables pour l’avenir de la bande de Gaza.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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