Ben Gvir explose hors du tribunal : « Assez de cette persécution, Trump doit intervenir et y mettre fin »

À la sortie de l’audience du Premier ministre israélien au tribunal de paix de Tel-Aviv, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a livré une déclaration d’une rare virulence, mêlant émotion nationale après la restitution du corps de Ran Gvili et attaque frontale contre ce qu’il qualifie de « persécution judiciaire » visant Benjamin Netanyahu. Ses propos, tenus en marge du débat, ont immédiatement provoqué de vives réactions sur la scène politique israélienne.

Ben Gvir a d’abord évoqué le retour de Ran Gvili, soulignant la portée symbolique et morale de cette opération. « Nous sommes heureux d’avoir ramené Rani à la maison – premier à partir, dernier à revenir », a-t-il déclaré, reprenant une formule profondément ancrée dans l’éthique militaire israélienne. Pour le ministre, cette restitution ne marque pas seulement la fin d’un chapitre douloureux, mais impose une suite claire et sans ambiguïté : « Maintenant, il est temps d’éliminer le Hamas jusqu’à la racine. » Cette déclaration s’inscrit dans la ligne dure défendue par Ben Gvir depuis le 7 octobre, selon laquelle aucune stabilisation durable n’est possible tant que le Hamas conserve une existence militaire ou politique.

Mais c’est sur le terrain intérieur que le ministre a choisi de hausser encore le ton. Commentant le procès en cours du Premier ministre, Ben Gvir a décrit une situation qu’il juge « absurde » et « inhumaine ». Il a évoqué le quotidien de Netanyahu, contraint, selon lui, de gérer des réunions sécuritaires jusqu’à deux heures du matin, avant de se rendre au tribunal pour préparer sa défense. « C’est fou », a-t-il insisté. « Ce n’est pas normal. » À ses yeux, le cumul des responsabilités nationales et des obligations judiciaires relève d’un acharnement qui dépasse toute logique démocratique.

Dans ce contexte, Ben Gvir a explicitement appelé à une intervention extérieure, citant nommément le président américain Donald Trump. « J’espère que le président Trump mettra fin à cette farce », a-t-il lancé. « Le président Trump doit intervenir et mettre un terme à cette persécution contre le Premier ministre. » Une déclaration lourde de sens, qui franchit un seuil politique délicat : appeler un dirigeant étranger à s’impliquer, même symboliquement, dans une affaire judiciaire interne israélienne.

Ces propos traduisent une exaspération croissante au sein de certains cercles de la coalition, qui estiment que le système judiciaire agit de manière déconnectée de la réalité sécuritaire du pays. Pour Ben Gvir, le timing même du procès est perçu comme une injustice : alors qu’Israël est engagé dans une guerre prolongée, que les décisions se prennent parfois heure par heure, et que la pression internationale est constante, le chef du gouvernement devrait, selon lui, être entièrement concentré sur la conduite du pays.

Les critiques de Ben Gvir s’inscrivent aussi dans un climat de polarisation extrême autour du procès Netanyahu. Pour ses partisans, la procédure incarne une dérive du pouvoir judiciaire et un acharnement personnel. Pour ses détracteurs, elle demeure l’expression normale de l’État de droit, indépendamment du contexte sécuritaire. En qualifiant le procès de « farce » et de « persécution », Ben Gvir adopte sans nuance la première lecture, assumant une confrontation directe avec les institutions judiciaires.

L’appel à Trump, quant à lui, révèle une autre dimension. Depuis son retour à la présidence américaine, Donald Trump est perçu par une partie de la droite israélienne comme un allié idéologique et politique capable de rompre avec les usages diplomatiques traditionnels. Toutefois, aucune autorité américaine n’a, à ce stade, exprimé la moindre intention d’intervenir dans une procédure judiciaire israélienne. Les propos de Ben Gvir relèvent donc d’une prise de position politique, et non de l’annonce d’un processus concret ou d’un canal officiel.

Cette sortie médiatique intervient dans un moment particulièrement sensible, quelques heures seulement après l’annonce officielle de la restitution de Ran Gvili, événement qui a profondément marqué l’opinion publique. En reliant explicitement la fin de cette mission à l’exigence de « liquider le Hamas » et à la dénonciation du procès Netanyahu, Ben Gvir cherche à imposer une lecture globale : pour lui, la guerre extérieure et la bataille intérieure contre ce qu’il considère comme des abus institutionnels sont indissociables.

Reste à savoir quel impact réel auront ces déclarations. Sur le plan judiciaire, elles ne modifient en rien le calendrier ni la procédure. Sur le plan politique, elles accentuent la fracture entre le gouvernement et une partie du système judiciaire, tout en plaçant Donald Trump, au moins symboliquement, au cœur d’un débat israélien explosif. Une chose est certaine : en quelques phrases, Itamar Ben Gvir a réussi à transformer une sortie de tribunal en acte politique frontal, révélateur des tensions extrêmes qui traversent aujourd’hui Israël.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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