Benjamin Netanyahu à la Knesset : « Personne ne sait ce que demain apportera »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pris la parole lundi lors d’un débat des « 40 signatures » à la Knesset, convoqué par l’opposition sous le titre : « Perte de contrôle sécuritaire à l’intérieur et à l’extérieur des frontières d’Israël ». Dans un contexte de fortes tensions régionales, notamment face à l’Iran, le chef du gouvernement a livré un message de fermeté sans ambiguïté.

« Personne ne sait ce que demain apportera. Nous sommes prêts à tous les scénarios », a déclaré Netanyahu devant les députés. Évoquant la menace iranienne, il a affirmé avoir transmis un message clair au régime de Téhéran : « S’ils commettent l’erreur la plus grave de leur histoire et attaquent Israël, nous répondrons avec une puissance qu’ils ne peuvent pas imaginer. »

Une tension maximale face à l’Iran

Le discours intervient alors que la confrontation indirecte entre Israël et la République islamique s’intensifie. Entre les activités du Hezbollah au nord, les milices pro-iraniennes en Syrie et les menaces répétées venues de Téhéran, l’état-major israélien maintient un niveau d’alerte élevé.

Netanyahu a insisté sur la complexité de la période actuelle : « Nous vivons des jours extrêmement complexes et difficiles. Le peuple le sait, chaque membre de cette assemblée le sait. » Le message est double : dissuasion stratégique envers l’Iran et appel à l’unité nationale face aux défis sécuritaires.

Yair Lapid : « L’histoire ne retiendra que le 7 octobre »

Après l’intervention du Premier ministre, le chef de l’opposition, Yair Lapid, est monté à la tribune pour une attaque frontale. Selon lui, l’héritage politique de Netanyahu restera indissociable du 7 octobre.

« Ce qui te définira dans l’Histoire, c’est le 7 octobre. Seulement le 7 octobre », a lancé Lapid. Il a accusé le gouvernement d’aveuglement stratégique, notamment concernant les flux financiers venus du Qatar vers Gaza et la politique à l’égard du Hamas.

Lapid a également abordé la question brûlante du projet de loi sur l’exemption de service militaire, estimant qu’Israël ne peut tolérer « deux catégories de citoyens : ceux autorisés à sacrifier leur vie et ceux qui ne le sont pas ». Il a défié Netanyahu d’adopter une décision historique en mettant fin aux exemptions controversées.

Unité face à l’Iran, malgré les divisions internes

Malgré la virulence de son discours, Lapid a affirmé qu’en cas d’affrontement direct avec l’Iran, il soutiendrait la position israélienne sur la scène internationale. « Je me rendrai partout où il faudra – de CNN au Parlement britannique – pour dire que le régime des ayatollahs doit être combattu avec toute la puissance nécessaire. »

Ce positionnement illustre la dualité du moment politique israélien : divisions internes profondes sur la responsabilité des événements du 7 octobre et sur les réformes sociétales, mais consensus stratégique face à la menace iranienne.

Incident diplomatique autour de Narendra Modi

Le débat s’est également déroulé sur fond de tensions protocolaires liées à la visite prévue du Premier ministre indien, Narendra Modi. L’opposition a menacé de boycotter la session spéciale en raison de la décision du président de la Knesset, Amir Ohana, de ne pas inviter le président de la Cour suprême, Yitzhak Amit.

Face à la perspective de bancs vides dans l’hémicycle, Amir Ohana a assuré que l’image d’une Knesset désertée serait évitée. Selon des informations internes, d’anciens députés pourraient être invités afin de garantir une salle comble lors de l’intervention de Modi.

Une période charnière pour Israël

Ce débat parlementaire met en lumière trois axes majeurs :

  1. La dissuasion face à l’Iran, avec un message de riposte massive en cas d’attaque.
  2. La bataille mémorielle et politique autour du 7 octobre, devenue centrale dans le discours de l’opposition.
  3. Les fractures internes sur la conscription et les équilibres institutionnels.

Dans un climat régional inflammable, Israël se trouve à un moment stratégique critique. Les déclarations à la Knesset ne sont pas seulement destinées à l’arène politique interne : elles s’adressent aussi aux capitales étrangères et aux centres de décision à Téhéran.

La question demeure : la rhétorique dissuasive suffira-t-elle à contenir l’escalade, ou les « jours complexes » évoqués par le Premier ministre annonceront-ils une nouvelle phase de confrontation régionale ?


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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