Les IsraĂ©liens qui ont embrassĂ© Donald Trump en tant que prĂ©sident «devraient ĂŞtre très prudents», a dĂ©clarĂ© le philosophe français-juif, Bernard-Henri LĂ©vy sur le journal The Jerusalem Post, ce lundi lors d’une interview Ă l’UniversitĂ© Bar-Ilan, qui devait l’attribuer avec un doctorat honorifique ce mardi soir.
InterrogĂ© s’il croit que l’amitiĂ© entre Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu serait positif pour IsraĂ«l Ă long terme, LĂ©vy a rapidement rĂ©pondu avec un « non » dĂ©cisif.
Alors qu’il a expliquĂ© son point de vue selon lequel IsraĂ«l n’est pas en mesure de refuser l’amitiĂ© d’autres pays, il a estimĂ© qu’ «avoir Trump en tant qu’ami n’est pas une source de bonheur».
« Il n’a pas vraiment d’amour pour IsraĂ«l parce qu’il ne connaĂ®t pas IsraĂ«l. Il ne connaĂ®t pas l’histoire juive, il refuse de condamner l’antisĂ©mitisme, alors quelle est la valeur de cette amitiĂ©? Ajoutant que  Trump a publiĂ© sa première condamnation publique de l’antisĂ©mitisme, après avoir Ă©tĂ© critiquĂ© pour rester silencieux face Ă une augmentation des incidents anti-juifs Ă travers le pays.
« Ces personnes de droite devraient savoir qu’il peut changer. L’amitiĂ© sans amour ou l’amour sans racines peut toujours se transformer en contraire. C’est l’histoire du peuple juif. MĂ©fiez-vous du philo-sĂ©mitisme quand il n’a pas de base solide « , a-t-il ajoutĂ©.
Alors que Levy a Ă©tĂ© louĂ© « pour sa dĂ©fense passionnĂ©e d’IsraĂ«l, son courage et son humanitĂ© ouverts face Ă l’injustice et l’originalitĂ© de la pensĂ©e philosophique » lors de l’Ă©vĂ©nement Bar-Ilan de lundi, il reste un personnage controversĂ© .
La semaine dernière, il a Ă©tĂ© critiqué par des militants de gauche alors qu’il faisait la promotion de son nouveau film Peshmerga, Ă propos de la bataille kurde contre l’Etat islamique.
Levy est connue pour sa critique du régime serbe dans les années 1990, et la guerre yougoslave.
Levy est Ă©galement connu  pour le meilleur ou pour le pire pour son rĂ´le dans la promotion de l’intervention française dans la première guerre civile libyenne en 2011.
La guerre civile en Syrie est « le remord de ma vie », a-t-il déclaré.
« Le fait de ne pas avoir pu convaincre [les gens] de ce qui se passe en Syrie est dĂ©goĂ»tant, une honte et nous sommes tous Ă blâmer , et cela est l’Ă©chec de ma vie », a-t-il dĂ©clarĂ© , notant qu’il a essayĂ© de convaincre l’opinion publique ainsi que les dĂ©cideurs en France et aux États-Unis de la nĂ©cessitĂ© d’intervenir.
« Chaque jour, il est plus difficile de se faire respecter parce que les forces dĂ©mocratiques en Syrie diminuent chaque jour », a dĂ©clarĂ© Levy. « Aujourd’hui, si le monde a dĂ©cidĂ© de renverser [le prĂ©sident syrien] Bashar Assad, il est vrai que maintenant, nous n’avons pas de solution alternative, mais ce n’Ă©tait pas vrai il y a trois ans. Avant que Daesh apparaisse … il y avait une solution. C’est une prophĂ©tie auto-rĂ©alisatrice: nous avons dit qu’il n’y aurait pas de solution après avoir remplacĂ© Assad tellement qu’Ă la fin cela est devenu vrai.
De sa France natale, Levy est plus satisfait des dĂ©veloppements politiques rĂ©cents et se rĂ©jouit de la victoire du nouveau prĂ©sident du pays, Emmanuel Macron. Il voit la victoire de Macron comme le dĂ©but potentiel d’une contre-tendance en Europe Ă la montĂ©e du populisme.
« Nous aurions pu atteindre le point culminant et ĂŞtre sur le chemin du retour, et Macron pourrait signifier l’accĂ©lĂ©ration du processus de retour », at-il rĂ©flĂ©chi. « Le populisme repose toujours sur les mensonges et la bĂŞtise et sur les solutions simplistes … cela ne fonctionne pas pour toujours ».
Des milliers de citoyens juifs de la France ont immigrĂ© en IsraĂ«l ces dernières annĂ©es, certains citant l’antisĂ©mitisme comme motif.
Mais Levy croit que l’antisĂ©mitisme dans le pays est «contenu» et pense que c’est une erreur :
« Je pense qu’il y a un vĂ©ritable antisĂ©mitisme provenant de la droite et de la gauche, mais je ne pense pas que ce soit Ă©crasant. Je ne pense pas qu’il soit temps de quitter la France – il est temps de lutter contre l’antisĂ©mitisme, et de ne pas quitter le champ de bataille « , at-il soulignĂ©.
« Ceux qui quittent la France Ă cause du sionisme font le bon choix. S’ils veulent contribuer Ă la construction d’IsraĂ«l, c’est un bel acte. Mais s’ils partent parce qu’ils croient qu’il est impossible pour les juifs de vivre en France, je pense qu’ils ne sont pas justes.  »
En soulignant la prĂ©sence profondĂ©ment enracinĂ©e des Juifs en France, Levy a citĂ© l’ancien Premier ministre français Manuel Valls: » La France sans les Juifs n’est pas la France « . « At-il soulignĂ©.  »
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