Biden : « La décision de la Cour suprême ne peut pas voir le dernier mot »

La très conservatrice Cour suprĂŞme des États-Unis a mis un terme, jeudi, aux programmes de discrimination positive Ă  l’universitĂ© introduits dès la fin des annĂ©es 60 pour corriger les inĂ©galitĂ©s issues du passé sĂ©grĂ©gationniste. Le camp rĂ©publicain salue une avancĂ©e permettant de rĂ©tablir l' »égalité » entre Ă©tudiants. À l’inverse, le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden a exprimĂ© son « profond dĂ©saccord » avec cette dĂ©cision.
La cour suprĂŞme des États-Unis a publiĂ© hier soir (jeudi) une dĂ©cision annulant la politique d’action positive dans les admissions dans les Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur et a mis en colère de nombreuses personnes contre cette dĂ©cision, dont, entre autres, le prĂ©sident des États-Unis Joe Biden , qui a affirmĂ© que la dĂ©cision de la cour suprĂŞme ne peut pas avoir « le dernier mot ».
Pour rappel, Biden est contre la reforme en Israel (raison pour laquelle, il n’a toujours pas rencontrĂ© Netanyahu depuis sa victoire aux Ă©lections) . La rĂ©forme a pour objectif que la Cour Supreme israĂ©lienne n’est pas le dernier mot sur les dĂ©cisions du gouvernement Ă©lu….

Revenons aux États Unis…en effet, la dĂ©cision du tribunal sur la question a Ă©tĂ© rendue possible par la nomination de trois juges conservateurs par le prĂ©sident Trump pendant son mandat de prĂ©sident des Etats-Unis, ce qui a conduit Ă  une majoritĂ© de six juges conservateurs contre seulement trois libĂ©raux.

« Je suis fortement, fortement en dĂ©saccord avec la dĂ©cision de la Cour suprĂŞme », qui est revenue sur « des dĂ©cennies de jurisprudence » a-t-il dit lors d’une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e. Les universitĂ©s « ne devraient pas abandonner leur engagement Ă  garantir que les Ă©tudiants aient des expĂ©riences diverses qui reflètent toute l’AmĂ©rique », a-t-il ajoutĂ©.

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Ses six magistrats conservateurs ont jugĂ©, contre l’avis des trois progressistes, contraires Ă  la Constitution les procĂ©dures d’admission sur les campus prenant en compte la couleur de la peau ou l’origine ethnique des candidats.

Les juges ont statuĂ© que l’utilisation de la race comme facteur possible dans l’admission d’Ă©tudiants violait la clause d’Ă©galitĂ© de protection, mais l’actuel prĂ©sident des États-Unis n’a pas aimĂ© la dĂ©cision et a affirmĂ© qu’il Ă©tait fortement en dĂ©saccord avec elle : « le tribunal peut en effet statuer, mais cela ne peut pas changer ce que reprĂ©sente l’AmĂ©rique. »

Beaucoup d’universitĂ©s « ont considĂ©rĂ©, Ă  tort, que le fondement de l’identitĂ© d’une personne n’Ă©tait pas sa mise Ă  l’Ă©preuve, les compĂ©tences acquises ou les leçons apprises, mais la couleur de sa peau. Notre histoire constitutionnelle ne tolère pas ça », a Ă©crit le magistrat John Roberts au nom de la majoritĂ©. « En d’autres mots, l’Ă©tudiant doit ĂŞtre traitĂ© en fonction de ses expĂ©riences individuelles, mais pas sur des critères raciaux »

Un retour en arrière, selon les juges progressistes

Plusieurs universitĂ©s très sĂ©lectives avaient introduit des critères raciaux et ethniques dans leur procĂ©dure d’admission Ă  la fin des annĂ©es 1960 pour corriger les inĂ©galitĂ©s issues du passĂ© sĂ©grĂ©gationniste des États-Unis et augmenter la part des Ă©tudiants noirs, hispaniques ou amĂ©rindiens dans leurs effectifs.

Ces politiques, dites de « discrimination positive », ont toujours été très critiquées dans les milieux conservateurs qui les jugent opaques et y voient du « racisme inversé ».

Saisie Ă  plusieurs reprises depuis 1978, la Cour suprĂŞme avait interdit les quotas, mais avait toujours autorisĂ© les universitĂ©s Ă  prendre en compte, parmi d’autres, les critères raciaux. Jusqu’ici, elle jugeait « lĂ©gitime » la recherche d’une plus grande diversitĂ© sur les campus, quitte Ă  faire une entorse au principe d’Ă©galitĂ© entre tous les citoyens amĂ©ricains.

Jeudi, les magistrates progressistes se sont vivement Ă©mues de cette volte-face. La Cour « revient sur des dĂ©cennies de jurisprudence et d’immense progrès », a Ă©crit, en leur nom, la juge Sonia Sotomayor. Elle « cimente une règle artificielle d’indiffĂ©rence Ă  la couleur de peau comme principe constitutionnel dans une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment sĂ©grĂ©guĂ©e, oĂą la question raciale a toujours eu de l’importance et continuera d’en avoir », assène-t-elle encore.

Mais Biden ne s’est pas contentĂ© de faire des dĂ©clarations publiques contre la dĂ©cision, mais a appelĂ© les universitĂ©s et les collèges amĂ©ricains Ă  continuer Ă  mettre en Ĺ“uvre l’action positive malgrĂ© la dĂ©cision de la Cour SuprĂŞme : « Ils ne devraient pas abandonner leur engagement Ă  garantir que les Ă©tudiants aux origines et expĂ©riences diverses qui reflètent toute l’AmĂ©rique », a dĂ©clarĂ© Biden.

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