Bloomberg constate que le fils de Khamenei possède un vaste rĂ©seau d’actifs en Europe, comprenant des villas et des hĂ´tels d’une valeur de 140 millions de dollars.

Bloomberg a publiĂ© les rĂ©sultats d’une enquĂŞte sur les activitĂ©s de Mojtaba Khamenei, le deuxième fils du guide suprĂŞme iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et son successeur potentiel. Les journalistes ont dĂ©couvert qu’il contrĂ´le un vaste rĂ©seau d’actifs Ă©trangers d’une valeur totale de 140 millions de dollars.

Officiellement, la propriĂ©tĂ© est enregistrĂ©e au nom d’un rĂ©seau de sociĂ©tĂ©s et de personnes de confiance ; cependant, selon certaines sources et une Ă©valuation d’un service de renseignement occidental, Khamenei est personnellement impliquĂ© dans ces transactions depuis 2011.

Son patrimoine comprend des biens immobiliers de luxe Ă  Londres, notamment une propriĂ©tĂ© achetĂ©e en 2014 pour 46 millions de dollars, une villa dans un quartier prestigieux de DubaĂŻ, un hĂ´tel cinq Ă©toiles Ă  Francfort, ainsi que des hĂ´tels en Allemagne, en Espagne et dans d’autres pays europĂ©ens. 

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La maire adjointe de Francfort, Nargess Eskandari-GrĂĽnberg, a dĂ©clarĂ© que le « gouvernement iranien tente de s’implanter » dans le système financier allemand et « abuse de notre système ».

D’après les documents, les fonds destinĂ©s Ă  ces transactions ont transitĂ© par des banques au Royaume-Uni, en Suisse, au Liechtenstein et aux Émirats arabes unis, provenant principalement des ventes de pĂ©trole iranien. MalgrĂ© les sanctions amĂ©ricaines imposĂ©es Ă  Khamenei en 2019, des milliards de dollars auraient pu ĂŞtre transfĂ©rĂ©s par ce rĂ©seau vers des juridictions occidentales.

L’intermĂ©diaire clĂ© dans ces opĂ©rations Ă©tait l’homme d’affaires iranien Ali Ansari. En octobre, le Royaume-Uni lui a imposĂ© des sanctions, le qualifiant de « banquier et homme d’affaires iranien corrompu » pour avoir soutenu financièrement le Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique. 

Ansari n’est pas sous le coup de sanctions de l’UE ou des États-Unis et, par l’intermĂ©diaire de son avocat, « nie catĂ©goriquement avoir jamais eu de relation financière ou personnelle avec Mojtaba Khamenei ».

Selon Bloomberg, Ansari a mis en place un rĂ©seau de sociĂ©tĂ©s en Europe, aux Émirats arabes unis et dans des juridictions offshore pour faire transiter les recettes d’exportation de pĂ©trole. Plus prĂ©cisĂ©ment, certains transferts ont Ă©tĂ© effectuĂ©s via la Banque islamique d’Abu Dhabi vers Ziba Leisure, une sociĂ©tĂ© qu’Ansari a fondĂ©e en 2014 en partenariat avec l’avocat britannique Maurice Mashali. 

En 2016, Ansari a obtenu la nationalitĂ© chypriote, ce qui lui a permis d’ouvrir des comptes et de crĂ©er des sociĂ©tĂ©s en Europe. Cependant, les autoritĂ©s chypriotes envisagent actuellement de lui retirer sa nationalitĂ©.

Mojtaba Khamenei n’a pas rĂ©pondu aux questions des journalistes de Bloomberg. Le ministère iranien des Affaires Ă©trangères, le gouvernement des Émirats arabes unis, le dĂ©partement du TrĂ©sor amĂ©ricain et l’Union europĂ©enne ont Ă©galement refusĂ© de commenter. Le gouvernement britannique a dĂ©clarĂ© ne pas divulguer les dĂ©tails des cas individuels de sanctions.

Il y a un mois, Bloomberg enquĂŞtait sur les activitĂ©s d’un autre hĂ©ritier, Hossein Shamkhani, fils de l’ancien ministre iranien de la DĂ©fense et actuel conseiller de Khamenei, Ali Shamkhani. Il a Ă©tĂ© dĂ©couvert qu’il se livrait Ă  des livraisons d’armes et de technologies militaires d’Iran vers la Russie via la mer Caspienne, en violation des sanctions. Â