La spectaculaire opération américaine ayant conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro a ouvert un nouveau front de débat stratégique : celui de l’emploi d’armes dites « non cinétiques » pour neutraliser un État sans destruction massive visible. Selon plusieurs experts militaires occidentaux, l’armée des États-Unis aurait recouru, avant l’entrée des forces au sol à Caracas, à une « bombe noire » destinée à plonger la capitale vénézuélienne dans le noir et à paralyser ses réseaux électriques.
Les premières indications sont apparues dans les heures qui ont suivi la capture de Maduro. La capitale vénézuélienne a subi des coupures d’électricité soudaines et étendues, touchant de larges quartiers au moment même où des explosions étaient signalées à proximité d’installations stratégiques, notamment le complexe militaire de Puerta Tiuna, le plus important du pays. Interrogé peu après, le président américain Donald Trump a lâché une phrase énigmatique : « Les lumières de Caracas se sont éteintes grâce à une certaine expertise que nous possédons ». Aucun détail supplémentaire n’a été fourni, mais la déclaration a immédiatement attiré l’attention des analystes.
D’après des spécialistes cités dans la presse anglo-saxonne, Washington aurait utilisé une munition de type BLU-114/B, plus connue sous le nom de « bombe graphite » ou « bombe noire ». Ce type d’arme, déjà employé par le passé notamment lors de la guerre du Golfe et lors de l’invasion de l’Irak en 2003, n’est pas conçu pour détruire physiquement les infrastructures, mais pour les neutraliser temporairement. L’objectif : provoquer un effondrement fonctionnel des réseaux électriques et de communication, créant un choc opérationnel sans raser les installations.
Le principe de fonctionnement est aussi simple que redoutable. L’engin est largué depuis un avion de combat et se disperse en vol en une multitude de sous-munitions de petite taille, chacune équipée d’un parachute ralentissant sa descente. À l’intérieur, des fibres de carbone extrêmement fines, semblables à des confettis métalliques, sont libérées au-dessus de postes électriques, de transformateurs et de centres de commutation. En entrant en contact avec les équipements sous tension, ces fibres provoquent des courts-circuits en cascade, entraînant des pannes massives et immédiates.
L’efficacité de cette arme explique son attrait militaire. En quelques minutes, une métropole entière peut être plongée dans l’obscurité, les systèmes de surveillance désactivés, les communications perturbées et la coordination des forces adverses gravement compromise. Dans le cas de Caracas, ce blackout aurait facilité l’action de forces américaines et alliées au sol, estimées par le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth à environ 200 soldats engagés directement dans l’opération d’arrestation.
Mais l’usage de la « bombe noire » est loin de faire l’unanimité. Sur le plan éthique et humanitaire, ses détracteurs soulignent qu’une coupure générale d’électricité ne distingue pas entre cibles militaires et infrastructures civiles. Hôpitaux, stations de pompage d’eau, réseaux de transport et services d’urgence peuvent être affectés, mettant en danger la population. Même si les dégâts matériels sont théoriquement réversibles, les conséquences humaines à court terme peuvent être sévères, en particulier dans un pays déjà fragilisé comme le Venezuela.
Sur le terrain politique, les événements qui ont suivi l’arrestation de Maduro ont accentué les tensions. La nouvelle autorité de transition à Caracas, dirigée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, a rapidement instauré un état d’urgence. Des ordres ont été donnés aux forces de sécurité d’arrêter toute personne exprimant publiquement un soutien à l’intervention américaine. Des organisations de défense de la presse en Amérique du Sud rapportent qu’au moins une douzaine de journalistes vénézuéliens ont été interpellés pour avoir couvert des manifestations favorables à la chute de l’ancien régime.
En parallèle, la dimension internationale du dossier reste centrale. Selon le Wall Street Journal, un rapport récent de la CIA, présenté à Trump, aurait conclu qu’un gouvernement transitoire composé en partie de figures issues de l’ancien cercle de pouvoir serait, à court terme, l’option la plus stable pour éviter un effondrement total de l’État vénézuélien. Une prise de pouvoir immédiate par l’opposition aurait, selon ce document, peu de chances de contrôler efficacement le pays.
La cheffe de l’opposition démocratique, María Corina Machado, s’est exprimée depuis l’étranger, affirmant vouloir rentrer « dès que possible » au Venezuela. Interrogée sur sa relation avec Trump, elle a nié toute coordination directe et déclaré, non sans ironie, qu’elle serait « ravie de partager » son prix Nobel de la paix avec le président américain, estimant que cette distinction appartient avant tout au peuple vénézuélien.
Alors que Washington envisage la réouverture de son ambassade à Caracas et que la communauté internationale observe avec prudence l’évolution de la situation, l’épisode de la « bombe noire » marque un précédent. Il illustre la montée en puissance d’une guerre technologique où l’électricité, l’information et les réseaux deviennent des champs de bataille à part entière. Une arme sans flammes ni cratères, mais dont l’impact stratégique pourrait redéfinir les opérations militaires du XXIᵉ siècle.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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