Bon pour IsraĂ«l ? « L’accord nuclĂ©aire avec l’Iran est en danger »

Les efforts pour parvenir Ă  un nouvel accord sur le programme nuclĂ©aire de l’Iran sont en danger après que les positions des États-Unis et de l’Iran ont divergĂ© ces derniers jours – c’est ce qu’a dĂ©clarĂ© le ministre europĂ©en des Affaires Ă©trangères, Joseph Borrell. Borrell Ă©tait un grand partisan de l’accord et a dĂ©clarĂ© rĂ©cemment qu’un l’accord serait signĂ© en quelques jours.

Mais au dernier jour et dans le contexte de la dernière rĂ©ponse de l’Iran au texte de l’accord proposĂ©, il semble que les Iraniens aient pris du recul. Leur rĂ©ponse, selon Burrell, montre qu’il sera difficile de conclure l’accord rapidement. Il semble que les Iraniens ne font que durcir leurs positions et cela est dĂ» Ă  leur force en ce moment face Ă  l’Occident qui a soif de pĂ©trole iranien.

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En IsraĂ«l, il semble que nous poussions un soupir de soulagement, bien qu’il soit très possible qu’il s’agisse d’un compromis et que très bientĂ´t les parties reviendront Ă  la table de discussion pour conclure un accord. Nous ne voulons pas d’accord car selon la perception de nos dirigeants (des deux cĂ´tĂ©s) l’Iran est en passe de produire une bombe atomique et cache ses progrès au monde. Un arrangement avec elle lui permettra de travailler et de progresser dans le noir.

D’une manière ou d’une autre, l’ambassadeur amĂ©ricain en IsraĂ«l a dĂ©clarĂ© dans le contexte des dĂ©veloppements que Biden avait assurĂ© au Premier ministre Yair Lapid que les États-Unis n’empĂŞcheraient pas IsraĂ«l de se dĂ©fendre contre l’Iran.

La prĂ©cipitation aux nĂ©gociations et le dĂ©sir d’un règlement avec l’Iran est une question Ă©conomique. Le pĂ©trole brut iranien peut ĂŞtre un « briseur d’Ă©galité » dans l’offre limitĂ©e de pĂ©trole que le monde a actuellement Ă  offrir. Avec la crise pĂ©trolière et gazière qui sĂ©vit ces jours-ci, l’Iran est un acteur majeur qui peut rejoindre l’offre et ainsi contribuer Ă  faire baisser les prix de l’Ă©nergie.

D’autre part, ne pas le rejoindre, lui et son pĂ©trole, dans l’Ă©quation de l’offre, pourrait entraĂ®ner des pĂ©nuries continues et un hiver agressif et difficile en Europe, ce qui est dĂ©jĂ  Ă©vident ces jours-ci, dans le contexte de la fermeture de l’olĂ©oduc Nordstrom 1 par Poutine . Mohammad Marandi, conseiller de l’Ă©quipe de nĂ©gociation iranienne, a dĂ©clarĂ© en fin de semaine que « l’Iran n’acceptera pas l’ambiguĂŻtĂ© de l’accord. L’hiver approche et l’Union europĂ©enne fait face Ă  une crise Ă©nergĂ©tique majeure. L’Iran sera patient », l’Iran profite d’ĂŞtre un gĂ©ant pĂ©trolier et du besoin du monde pour cette ressource. Le problème est que le monde est prĂŞt Ă  ĂŞtre flexible avec lui dans les nĂ©gociations et cela peut se faire aux dĂ©pens d’IsraĂ«l. 

Joseph Burrell, qui dirige les nĂ©gociations indirectes entre Washington et TĂ©hĂ©ran sur le renouvellement du Plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015, a dĂ©clarĂ© qu’il perdait confiance dans l’accord entre les deux parties. « J’ai le regret de dire que je suis moins sĂ»r aujourd’hui qu’il y a deux jours de la convergence du processus de nĂ©gociation et de la perspective d’un accord », a-t-il ajoutĂ©.

Après des mois de nĂ©gociations difficiles entre les États-Unis et l’Iran Ă  Vienne, l’Union europĂ©enne a soumis un projet d’accord, laissant espĂ©rer qu’un accord Ă©tait proche.Mais depuis lors, TĂ©hĂ©ran et Washington ont soumis des contre-rĂ©ponses au projet tout en Ă©tant en dĂ©saccord, les deux L’Iran n’est pas intĂ©ressĂ© par une enquĂŞte sur son programme nuclĂ©aire par l’ONU tandis que les États-Unis ne sont pas prĂŞts Ă  garantir que l’Iran continuera Ă  recevoir les avantages Ă©conomiques de l’allĂ©gement des sanctions mĂŞme si l’accord Ă©choue Ă  un stade ultĂ©rieur.

Comme vous vous en souvenez peut-ĂŞtre, l’accord entre les deux a failli s’effondrer en 2018 lorsque l’ancien prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump l’a abandonnĂ© unilatĂ©ralement et a imposĂ© des centaines de sanctions contre l’Iran. Son successeur, Joe Biden, l’actuel prĂ©sident a pris ses fonctions et s’est engagĂ© Ă  renouveler l’accord et Ă  supprimer de nombreuses sanctions si l’Iran se conforme Ă  l’accord.

« Si l’objectif est de conclure l’affaire rapidement, cela n’aidera pas la situation », a dĂ©clarĂ© Burrell. Maintenant, les responsables ont dĂ©clarĂ© qu’ils ne s’attendaient pas Ă  des percĂ©es dans les pourparlers de sitĂ´t et que le processus pourrait se poursuivre au-delĂ  des Ă©lections amĂ©ricaines de mi-mandat en novembre.

TĂ©hĂ©ran a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait prĂŞt Ă  signer l’accord immĂ©diatement si ses deux principales demandes Ă©taient satisfaites. Le prĂ©sident de l’Iran, Ebrahim Raisi, a dĂ©clarĂ© la semaine dernière que la RĂ©publique islamique voulait voir activement et pratiquement sur le terrain que les États-Unis lèvent les sanctions, et s’engage Ă  maintenir cela Ă  l’avenir. Il a Ă©galement dĂ©clarĂ© que l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique serait contrainte de mettre de cĂ´tĂ© ses prĂ©tentions politiquement motivĂ©es et non objectives.