Bureau du Premier ministre : « Netanyahu a accédé à la demande de Trump – et rejoindra le Conseil de la paix en tant que membre »

Le bureau du Premier ministre israélien a annoncé ce mercredi matin que Benjamin Netanyahu a accepté l’invitation du président américain Donald Trump et rejoindra, en tant que membre, la nouvelle instance baptisée « Conseil suprême de la paix ». Ce conseil, composé de dirigeants de premier plan du monde entier, doit tenir sa première réunion officielle dès demain matin à Davos, en marge du Forum économique mondial, où sera également présentée sa charte fondatrice.

Selon les informations communiquées par Jérusalem, la décision de Netanyahu n’est pas seulement le fruit d’un choix stratégique, mais aussi le résultat d’un rapport de forces diplomatique devenu difficilement contournable. En coulisses, plus de dix pays auraient déjà donné leur accord pour rejoindre cette nouvelle structure internationale. Dans ce contexte, le refus d’Israël aurait été perçu comme un geste politique lourd de conséquences, voire comme un désaveu direct de l’initiative américaine, que Jérusalem a pourtant soutenue sur le fond.

Trump et l’ambition d’un « ONU 2.0 »

Derrière la création de ce Conseil de la paix se dessine une ambition bien plus vaste de la part de Donald Trump. Selon plusieurs capitales européennes, le président américain ne se contente pas de vouloir encadrer un éventuel règlement de la situation à Gaza. Il chercherait à bâtir une véritable alternative aux institutions internationales existantes, et en particulier à Organisation des Nations unies.

L’objectif affiché serait de créer un organe capable de remplacer, dans les faits, le Conseil de sécurité de l’ONU : un forum décisionnel restreint, plus réactif, doté de moyens financiers importants et capable de coordonner des actions politiques, économiques et sécuritaires à l’échelle mondiale – le tout sous l’influence directe de Washington. Pour Trump, il s’agirait d’un outil pragmatique, débarrassé, selon lui, des blocages et des jeux d’alliances qui paralysent régulièrement les institutions onusiennes.

Dans cette optique, la participation de Netanyahu revêt une importance symbolique et stratégique. Israël, acteur central des équilibres régionaux au Moyen-Orient, est directement concerné par toute architecture internationale liée à Gaza, à la sécurité régionale et aux futures négociations politiques. Une absence israélienne aurait affaibli la crédibilité même du Conseil dès son lancement.

Un choix contraint pour Jérusalem

Si l’annonce officielle parle d’une acceptation volontaire, plusieurs sources diplomatiques soulignent que Netanyahu disposait en réalité d’une marge de manœuvre très limitée. Après que de nombreux États ont accepté de rejoindre la nouvelle structure, et après qu’Israël a publiquement adopté les principes généraux du plan Trump pour la région, rester à l’écart aurait été interprété comme une contradiction majeure de la position israélienne.

Par ailleurs, des dirigeants comme Emmanuel Macron ont clairement refusé l’invitation, tandis que d’autres, à l’image de Vladimir Poutine ou de Volodymyr Zelensky, hésitent encore. Ce paysage fragmenté a renforcé la pression sur Israël : dans un club restreint susceptible de façonner les règles du jeu international, l’absence aurait pu coûter cher sur le plan diplomatique.

Le dilemme israélien : Qatar et Turquie autour de la même table

La décision de Netanyahu n’est cependant pas sans susciter un malaise profond au sein de la classe politique israélienne et de l’opinion publique. Le principal point de friction tient à la composition même du Conseil. En cas de réunions régulières, Israël pourrait se retrouver assis à la même table que des États comme le Qatar et la Turquie, deux pays dont les relations avec Jérusalem sont pour le moins complexes, voire ouvertement hostiles sur certains dossiers.

Pour Israël, la situation est paradoxale. D’un côté, il est essentiel d’être présent là où se discutera l’avenir de Gaza et des mécanismes de supervision internationale. De l’autre, cette présence implique une forme de normalisation institutionnelle avec des acteurs perçus comme problématiques, notamment en raison de leur rôle politique et médiatique dans le conflit israélo-palestinien.

Une gouvernance encore floue

Au-delà de l’annonce politique, de nombreuses zones d’ombre entourent encore le fonctionnement réel du Conseil suprême de la paix. Aucun détail précis n’a été fourni sur les mécanismes de prise de décision. S’agira-t-il d’un organe démocratique, avec des votes, des majorités et des débats structurés ? Ou bien d’une enceinte essentiellement consultative, dans laquelle Trump conserverait la mainmise finale sur les décisions, imposant ensuite ses orientations aux États membres ?

Ces interrogations devraient commencer à trouver des réponses dès la réunion inaugurale à Davos. La révélation de la charte fondatrice est attendue avec attention, tant par les diplomates que par les marchés financiers et les chancelleries européennes, inquiètes d’un possible affaiblissement durable du système multilatéral classique.

Le prix d’entrée : un milliard de dollars

Autre élément explosif : le coût d’adhésion. Selon des informations relayées par Bloomberg et le New York Times, l’adhésion permanente au Conseil serait conditionnée à une contribution financière d’environ un milliard de dollars. Les pays refusant ou incapables de payer cette somme ne pourraient siéger que pour une durée limitée de trois ans.

Israël, selon les mêmes sources, ne devrait pas être soumis à cette exigence financière, en raison de son statut particulier de pays directement concerné par les dossiers régionaux traités par le Conseil. Cette exception alimente toutefois les critiques, certains y voyant la preuve que le Conseil fonctionnerait davantage comme un club politique piloté par Washington que comme une institution internationale équitable.

Un tournant diplomatique majeur

L’adhésion de Netanyahu au Conseil suprême de la paix marque, quoi qu’il en soit, un tournant diplomatique significatif. Elle place Israël au cœur d’une initiative américaine qui pourrait redessiner les équilibres internationaux, tout en exposant le pays à des dilemmes politiques inédits.

Reste à savoir si ce nouvel organe deviendra un instrument réel de stabilisation mondiale ou s’il s’imposera comme un outil de pouvoir au service d’une vision américaine unilatérale. Pour Israël, le pari est risqué mais difficilement évitable : être à la table des décisions, même inconfortable, ou laisser d’autres décider à sa place.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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