« Ça ne m’était jamais arrivé » : à cause d’une dette envers Ben Gourion, la compagnie Flyone annule un vol vers la Roumanie

Les passagers du vol Flyone reliant Tel-Aviv (Ben Gourion) à Bucarest ont vécu, jeudi dernier, une journée de chaos et d’incompréhension. Arrivés à l’aéroport tôt le matin pour un départ prévu à 11h50, ils ont découvert au fil des heures que leur vol était repoussé à plusieurs reprises… avant d’être finalement annulé, sans explication claire pendant de longues heures.

Daniel, 35 ans, originaire de Haïfa, faisait partie des voyageurs. Avec sa compagne, il avait réservé ce vol de la compagnie roumaine Flyone pour un séjour hivernal incluant un week-end de ski en Roumanie. « Nous avions tout organisé à l’avance : hôtel, voiture de location, congés posés au travail. Rien ne laissait présager ce qui allait se passer », raconte-t-il.

Des retards successifs sans explication

Selon son témoignage, les premières heures se sont déroulées normalement. « Nous avons fait l’enregistrement sans problème et, en arrivant à la porte d’embarquement, nous avons vu que l’heure de départ était repoussée à 13h00. Ce genre de retard arrive, nous avons donc attendu calmement. D’autant plus que l’avion était déjà arrivé de Bucarest, ce qui nous rassurait. »

Mais à mesure que le temps passait, l’incertitude grandissait. L’heure de départ est passée à 15h00, puis à 15h45. Aucun représentant de la compagnie n’est venu informer les passagers. « Personne ne nous expliquait ce qui se passait. Les écrans changeaient, mais sur le terrain, il n’y avait aucune communication », explique Daniel.

La raison révélée : une dette envers l’aéroport

Ce sont finalement des échanges informels avec des agents de Autorité aéroportuaire d’Israël qui ont permis aux voyageurs de comprendre la situation. Selon ces informations, Flyone aurait accumulé une dette importante et ancienne envers l’aéroport Ben Gourion, malgré plusieurs rappels et tentatives de règlement.

En l’absence de solution immédiate, les autorités aéroportuaires ont décidé d’exercer leur droit de rétention, empêchant l’avion de décoller tant que la dette n’était pas réglée. Pendant ce temps, les passagers restaient bloqués en zone d’embarquement, sans annonce officielle.

Daniel raconte avoir appelé lui-même la compagnie. « On m’a répondu que l’avion était prêt à décoller et que tout était en ordre. Sur place, personne ne confirmait cela. C’était totalement contradictoire. »

L’annonce de l’annulation après six heures d’attente

Aux alentours de 16h00, un nouveau report à 17h00 a été annoncé. La tension est alors montée d’un cran. « Les gens étaient fatigués, nerveux, mais ils espéraient encore partir. À 17h30, on nous a finalement annoncé que le vol était annulé. Là, ça a explosé : cris, colère, frustration. »

Certains passagers avaient réservé des hôtels non remboursables, d’autres avaient pris des jours de congé ou prévu des correspondances. Quelques-uns ont finalement acheté, à leurs frais, des billets de dernière minute sur d’autres compagnies, parfois pour plusieurs centaines de dollars supplémentaires.

Des passagers livrés à eux-mêmes

Après l’annulation, les voyageurs ont été escortés hors de la zone sécurisée par le personnel de l’aéroport. « Nous avons perdu une journée entière, sans la moindre explication officielle de la compagnie. Flyone nous a simplement dit de déposer une réclamation sur leur site internet », déplore Daniel. « Je prends souvent l’avion pour le travail, et une situation pareille ne m’était jamais arrivée. »

La version de l’Autorité aéroportuaire

Dans un communiqué officiel, l’Autorité aéroportuaire d’Israël a confirmé les faits :
« Il s’agit d’une dette accumulée sur une longue période. Après de multiples avertissements écrits et échanges avec la direction de la compagnie, et faute de règlement, nous avons exercé notre droit légal de rétention afin de garantir le paiement. Les passagers ont été redirigés vers une solution alternative. Un accord financier a finalement été trouvé dans la nuit de jeudi à vendredi, permettant la libération de l’appareil. »

Pour les passagers, toutefois, le mal était déjà fait. Entre pertes financières, projets annulés et sentiment d’abandon, cet épisode laisse une profonde amertume et pose de nouvelles questions sur la responsabilité des compagnies aériennes envers leurs clients en cas de litige financier avec les autorités locales.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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