Il n’y a pas d’IsraĂ©lien qui n’a pas souri hier comme s’il connaissait un secret lorsqu’il a appris la disparition du prĂ©sident iranien Ibrahim Raissi. Un homme qui Ă©tait un ennemi de premier plan qui, outre le meurtre de milliers de prisonniers iraniens Ă l’époque de Khomeini, a tout fait pour nuire Ă IsraĂ«l, dans le cadre de l’activitĂ© iranienne visant Ă renforcer le Hamas, le Hezbollah et les Houthis, en fournissant des armes et des formations.
Les restes de l’hĂ©licoptère ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s Ă flanc de montagne dans une zone boisĂ©e. L’hĂ©licoptère a disparu lors des intempĂ©ries, des vents et surtout du brouillard, le plus grand ennemi des hĂ©licoptères. Le brouillard cache les montagnes et les forĂŞts aux pilotes, et des hĂ©licoptères de l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne se sont Ă©galement Ă©crasĂ©s dans de telles circonstances. Deux des accidents les plus notables ont Ă©tĂ© un accident de tempĂŞte sur un flanc de montagne en Roumanie en 2010, dans lequel sept personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es, et le crash de l’hĂ©licoptère du gĂ©nĂ©ral de division du commandement central Nehemiah Tamari en 1994, alors qu’il atterrissait au quartier gĂ©nĂ©ral du commandement dans le nord de JĂ©rusalem.
Le prĂ©sident iranien Ibrahim Raisi lors d’une confĂ©rence de presse avec le prĂ©sident de l’AzerbaĂŻdjan, le 19 mai 2024 / Reuters
L’hĂ©licoptère et les sanctions
45 ans après la RĂ©volution islamique, l’Iran continue d’exploiter un grand nombre d’hĂ©licoptères et d’avions fabriquĂ©s aux États-Unis, qu’il a achetĂ©s Ă l’Ă©poque du Shah. Tel Ă©tait l’hĂ©licoptère Abel 214 utilisĂ© par Raisi, un hĂ©licoptère de l’armĂ©e de l’air iranienne qui l’a achetĂ© a Ă©tĂ© converti pour piloter des AHMA il y a trois ans, en installant des sièges amĂ©liorĂ©s et un design intĂ©rieur amĂ©liorĂ© au bĂ©nĂ©fice de la rĂ©duction du bruit et de la protection contre la multitude de tuyaux et de fuites d’huile qui caractĂ©risent les hĂ©licoptères, en particulier les plus anciens. Les Iraniens continuent de piloter des hĂ©licoptères vieux de près de 50 ans, quel que soit le fabricant de l’hĂ©licoptère, et dans un contexte de sanctions internationales sur l’achat de pièces de rechange.
Les Iraniens fabriquent et font passer clandestinement des pièces de rechange eux-mĂŞmes, mais il n’est pas impossible que l’hĂ©licoptère se soit Ă©crasĂ© Ă cause d’un dĂ©faut technique ou d’une nĂ©gligence dans la maintenance. Son âge n’aide pas non plus ici, car pour exploiter en toute sĂ©curitĂ© de vieux hĂ©licoptères, il faut beaucoup de connaissances sur le vieillissement de leurs composants, dans les domaines de l’impact, de l’hydraulique et de la coopĂ©ration avec le constructeur et les autres exploitants de l’hĂ©licoptère, ce qui n’est pas le cas Ă la disposition des Iraniens. Habituellement, les rĂ©sidents ordinaires d’Iran sont touchĂ©s par les sanctions internationales, mais cette fois-ci, il est possible qu’elles aient finalement frappĂ© les bonnes personnes.
L’armĂ©e de l’air iranienne, qui Ă©tait l’une des plus avancĂ©es du Moyen-Orient jusqu’en 1979, a Ă©tĂ© dĂ©truite et reconstruite après le coup d’État. Ses commandants ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s sur la base d’allĂ©gations de corruption et, dans la pratique, en raison de leur proximitĂ© avec le Shah, nombre de ses pilotes ont fui Ă l’Ă©tranger. Depuis lors, la force a luttĂ© pour obtenir des ressources contre les Gardiens de la RĂ©volution, l’Iran mettant l’accent sur le dĂ©veloppement de missiles balistiques et d’autres, plutĂ´t que de former des pilotes. Lorsqu’un un haut responsable pressĂ© de rentrer chez lui après une cĂ©rĂ©monie en AzerbaĂŻdjan, il doit non seulement ĂŞtre un professionnel capable de voler dans des conditions mĂ©tĂ©orologiques difficiles, mais Ă©galement d’ĂŞtre capable de tenir tĂŞte Ă la personnalitĂ© et refuser de dĂ©coller lorsque les conditions deviennent plus dangereuses.








