Le directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a envoyĂ© une lettre au prĂ©sident du gouvernement espagnol exprimant son indignation après avoir pris connaissance d’une circulaire du parquet qui considère les nazis comme un collectif protĂ©gĂ© par la lĂ©gislation contre les crimes de haine.
Comme ils l’expliquent sur leur site Internet et depuis leur bureau Ă Paris, la lettre a Ă©tĂ© envoyĂ©e lundi dernier, jour oĂą le 80e anniversaire de la libĂ©ration du camp d’extermination d’Auschwitz a Ă©tĂ© commĂ©morĂ© par les troupes soviĂ©tiques, aux actes desquels le roi Philippe est allĂ© de Bourbon et les dirigeants de plusieurs pays avec plusieurs survivants.
La circulaire controversĂ©e 7/2019 sur les lignes directrices pour l’interprĂ©tation des crimes de haine figurant Ă l’article 510 du Code pĂ©nal, publiĂ©e l’annĂ©e dernière, indiquait qu ‘«une agression contre une personne d’idĂ©ologie nazie, ou l’incitation Ă la haine envers un tel collectif, peut ĂŞtre inclus dans ce type de dĂ©lit ».
Cette interprĂ©tation contredit le vĂ©ritable motif de la lĂ©gislation sur les crimes de haine, qui est de protĂ©ger les groupes vulnĂ©rables, comme l’ont dĂ©clarĂ© les organisations internationales qui promeuvent et dĂ©fendent cette figure juridique comme l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE) ou le Conseil de l’Europe.
 » C’est une blague, une gifle Ă tous les survivants de l’Holocauste, tout comme l’affirmation selon laquelle les nazis ne pourraient jamais pardonner aux Juifs de les avoir forcĂ©s Ă construire Auschwitz  »
En ce sens, Samuels demande au prĂ©sident du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, s’il considère Ă©galement comme un crime « l’incitation Ă la haine de l’Etat islamique, de l’ETA ou des idĂ©ologies qui soutiennent l’extermination de ce qu’ils considèrent comme des races infĂ©rieures ».
Compte tenu de cela, le Centre Simon Wiesenthal exhorte le prĂ©sident du gouvernement espagnol « à prendre des mesures appropriĂ©es […] contre ceux qui profanent la mĂ©moire et banalisent les atrocitĂ©s nazies ».




