Cet article publiĂ© en 2019 prend tout son sens aujourd’hui : « La France a averti le Liban: IsraĂ«l ne tolĂ©rera pas l’usine de missiles soutenue par l’Iran Ă  Beyrouth »

Cet article publiĂ© en 2019 prend tout son sens aujourd’hui : « La France a averti le Liban : IsraĂ«l ne tolĂ©rera pas l’usine de missiles soutenue par l’Iran Ă  Beyrouth ». Voici l’article au moment des faits en 2019. Veuillez donc le lire comme si nous Ă©tions en 2019 tout en prenant en compte l’immense explosion du port de Beyrouth il y a deux jours.

 » La France a averti le Liban qu’IsraĂ«l ne tolĂ©rerait pas l’existence d’une usine de fabrication de missiles Ă  guidage de prĂ©cision soutenue par l’Iran situĂ©e dans le pays, a rapportĂ© samedi le journal londonien Al – Hayat en arabe.

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Des sources diplomatiques dans le monde arabe ont dĂ©clarĂ© au journal que les dĂ©tails de l’installation avaient Ă©tĂ© transmis Ă  la France depuis les États-Unis et provenaient d’IsraĂ«l.

Le journal a rapportĂ© que la France s’attend Ă  ce que le Liban sĂ©visse contre les installations de production soutenues par l’Iran.

Plus tĂ´t ce mois-ci, le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Mike Pompeo a mis en garde Beyrouth au sujet d’une nouvelle installation de production de missiles par le reprĂ©sentant iranien du Hezbollah au Liban, affirmant que les actions du groupe terroriste et de l’Iran constituaient Ă  la fois une menace pour IsraĂ«l comme pour le Liban.

En janvier, le prĂ©sident Reuven Rivlin a dĂ©clarĂ© au prĂ©sident français Emmanuel Macron qu’IsraĂ«l pourrait ĂŞtre contraint d’attaquer les opĂ©rations de construction de roquettes du Hezbollah «au cĹ“ur de Beyrouth», une percĂ©e qui, selon lui, entraĂ®nerait le Liban dans une guerre rĂ©gionale de punition qu’aucune des parties ne veut. Rivlin a soulignĂ© le moment oĂą IsraĂ«l tient le gouvernement libanais responsable de toutes les activitĂ©s militaires sur son territoire et a exhortĂ© Macron Ă  utiliser l’influence diplomatique de la France pour convaincre Beyrouth de contenir le Hezbollah soutenu par l’Iran.

On ne sait pas si le rapport d’Al-Hayat fait rĂ©fĂ©rence Ă  la mĂŞme installation.

Les forces de sĂ©curitĂ© libanaises gardent l’entrĂ©e du stade Al-Ahed dans la banlieue sud de Beyrouth lors d’une visite organisĂ©e par le ministre libanais des Affaires Ă©trangères pour les ambassadeurs le 1er octobre 2018 Ă  partir de sites de missiles prĂ©sumĂ©s autour de la capitale libanaise en une tentative de rĂ©futer les accusations israĂ©liennes selon lesquelles le mouvement terroriste du Hezbollah y possède des installations de missiles secrètes. (AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Les forces de sĂ©curitĂ© libanaises gardent l’entrĂ©e du stade Al-Ahed dans la banlieue sud de Beyrouth lors d’une visite organisĂ©e par le ministre libanais des Affaires Ă©trangères pour les ambassadeurs le 1er octobre 2018 Ă  partir de sites de missiles prĂ©sumĂ©s autour de la capitale libanaise en une tentative de rĂ©futer les accusations israĂ©liennes selon lesquelles le mouvement terroriste du Hezbollah y possède des installations de missiles secrètes. (AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Le dernier conflit majeur entre Israël et le Liban a été la deuxième guerre du Liban en 2006.

IsraĂ«l a agi vigoureusement ces dernières annĂ©es pour empĂŞcher le Hezbollah d’obtenir des armes avancĂ©es d’Iran via la Syrie voisine. IsraĂ«l est devenu plus public sur ses frappes aĂ©riennes en Syrie qui ont dĂ©truit des milliers de cibles du Hezbollah et de l’Iran dans des centaines de missions depuis le dĂ©clenchement de la guerre civile syrienne en 2011.

IsraĂ«l soutient que le Hezbollah, avec l’aide de l’Iran, travaille Ă  la crĂ©ation d’usines Ă  Beyrouth pour produire des missiles Ă  guidage de prĂ©cision qu’il ciblera finalement contre l’Etat juif.

JĂ©rusalem a Ă©galement promis d’empĂŞcher l’Iran d’Ă©tablir une base militaire en Syrie, oĂą les milices saisies par TĂ©hĂ©ran, y compris le Hezbollah, aident le rĂ©gime de Damas Ă  mettre fin Ă  la guerre civile, qui en est maintenant Ă  sa huitième annĂ©e.

Dimanche, une sociĂ©tĂ© d’imagerie satellitaire israĂ©lienne a publiĂ© des images d’une base militaire syrienne qui a Ă©tĂ© attaquĂ©e lors d’une frappe aĂ©rienne, attribuĂ©e Ă  IsraĂ«l, dans les heures prĂ©cĂ©dant l’aube de samedi matin.

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Selon un rapport en arabe de l’Observatoire syrien des droits de l’homme basĂ© Ă  Londres, plusieurs «élĂ©ments» iraniens et militants pro-iraniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans l’attaque et 17 personnes ont Ă©tĂ© blessĂ©es.

La région est connue pour accueillir les forces iraniennes et du Hezbollah.

Dans un discours prononcĂ© en septembre 2018 Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a montrĂ© une carte indiquant l’emplacement des sites de missiles du Hezbollah près de l’aĂ©roport de Beyrouth, et a accusĂ© le groupe terroriste de « en utilisant dĂ©libĂ©rĂ©ment des innocents de Beyrouth comme boucliers humains ».

Benyamin Netanyahou à l'Assemblée générale de l'ONU, le 27 septembre 2018, à New York.

Netanyahu a dĂ©clarĂ© plus tard que le Hezbollah avait fermĂ© les installations qu’il avait rĂ©vĂ©lĂ©es aux Nations Unies. »

Alors que penser aujourd’hui ? 

Israël serait responsable de cette explosion ?

Non, car ce sont les stocks de nitrate d’ammonium qui sont Ă  l’origine de ce drame, de plus la localisation des caches d’armes du Hezbollah Ă©voquĂ©es par le Premier ministre israĂ©lien se situent Ă  environ neuf kilomètres au sud du port de Beyrouth.

Netanyahou :

« Au Liban, l’Iran a ordonné au Hezbollah de construire des sites secrets pour transformer des projectiles inadaptés en missiles guidés, des missiles qui peuvent frapper en profondeur Israël avec une précision de 10 mètres. Le Hezbollah utilise les innocents habitants de Beyrouth comme boucliers humains », affirmait-il au pupitre de l’ONU, avant de montrer, sur une photo satellite (à partir de 17’30 ci-dessus), l’emplacement de ces supposés sites secrets.

« Trois de ces sites ont été placés près de l’aéroport international de Beyrouth. Il s’agit [d’une cache à Ouzaï], en bord de la mer, à quelques encablures des pistes de l’aéroport », [d’un second site dissimulé] à côté du stade de foot [et d’un troisième] situé directement à côté de l’aéroport », poursuivait-il lors de cette démonstration, conclue par un avertissement sans équivoque : « J’ai un message pour le Hezbollah. Israël sait ce que vous êtes en train de faire, où vous le faites, et Israël ne vous laissera pas vous en tirer comme ça. »

La localisation exacte de ces caches de missiles – que le Hezbollah avait à l’époque est en outre encore plus claire sur l’image satellite également relayée fin septembre 2018 par l’armée israélienne sur Twitter.

Si l’un des emplacements indiqués par Benyamin Netanyahou se situe bien en bord de mer, le long de la côte, la zone en question se trouve au sud de Beyrouth, à environ neuf kilomètres du port où ont eu lieu les deux explosions, comme on peut aisément le vérifier sur Google Maps. On y distingue, près de l’aéroport, cet emplacement, juste à côté des pistes et du stade de foot de la Cité sportive.

Benyamin Netanyahou n’avait donc pas indiqué, avec deux ans d’avance, l’emplacement d’un site secret du Hezbollah correspondant au lieu de la double explosion du 4 août.

La distance entre le port de Beyrouth où a eu lieu la double explosion du 4 août et les prétendues caches de missiles du Hezbollah selon Benyamin Netanyahou.

Une telle cache d’armes pourrait-elle malgrĂ© tout s’être trouvĂ©e sur le port de Beyrouth ? C’est en tout cas ce que soutient le Jerusalem Post dans un article paru ce jour, sans en dire plus sur la source de cette affirmation, non relayĂ©e par d’autres mĂ©dias : « [Le Hezbollah] dispose d’un terminal spĂ©cial au port de Beyrouth, oĂą il dĂ©charge rĂ©gulièrement des armes envoyĂ©es au Liban par l’Iran. Les containers oĂą se trouvent ces armes sont dĂ©chargĂ©s par des membres du Hebzollah et ne font pas l’objet des inspections douanières habituelles. Les armes sont ensuite stockĂ©es pendant un certain temps au port avant d’être envoyĂ©es aux bases et aux centres de stockage du Hezbollah Ă  travers le pays. »