La dĂ©lĂ©gation israĂ©lienne chargĂ©e de faire face Ă la crise de l’Agence juive en Russie tiendra une rĂ©union cruciale Ă Moscou (dimanche) avec des reprĂ©sentants du ministère russe de la Justice, qui exige l’arrĂŞt des activitĂ©s de l’organisation dans le pays. Les membres de la dĂ©lĂ©gation, dont la plupart sont des avocats, prĂ©senteront aux Russes des solutions formulĂ©es au cours de la semaine Ă©coulĂ©e et qui devraient amener l’agence Ă se conformer aux exigences de la lĂ©gislation locale en matière de collecte d’informations sur les citoyens.
L’une des principales revendications des autoritĂ©s russes est que l’agence conserve les informations qu’elle collecte sur des serveurs situĂ©s en dehors des frontières du pays – contrairement aux dispositions de la loi en la matière. IsraĂ«l affirme qu’il s’agit d’informations innocentes constituĂ©es d’Ă©lĂ©ments tels que les numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone et les adresses e-mail de candidats Ă l’aliyah et de Juifs souhaitant participer aux activitĂ©s de l’agence. Cependant, les membres de la dĂ©lĂ©gation devraient prĂ©senter des solutions technico-juridiques conformes aux dispositions de la loi sèche en Russie.
Un responsable politique qui s’est entretenu avec « Israel Hayom » a exprimĂ© son scepticisme quant Ă la possibilitĂ© de rĂ©soudre la crise Ă travers la discussion qui aura lieu demain. Selon lui, « la dĂ©lĂ©gation juridique est destinĂ©e Ă faire passer deux messages aux Russes : que nous ‘jouons le jeu’ et respectons leur procĂ©dure judiciaire, et que ce n’est plus seulement l’affaire de l’agence, mais que l’État d’IsraĂ«l est impliquĂ©. Cependant, il est clair que ce qui est devant nous n’est pas un problème juridique mais une crise politique initiĂ©e, et il est donc douteux qu’il soit possible de le rĂ©soudre dans un litige entre les Ă©quipes juridiques.
Selon la source, mĂŞme s’il y a une surprise positive et qu’une solution est trouvĂ©e lors de la rĂ©union, cela rĂ©sultera d’un ordre d’en haut que les gens du ministère russe de la Justice recevront, Ă la suite d’un processus diplomatique qui pourrait se passer dans les coulisses. Le prĂ©sident de l’État Herzog a laissĂ© entendre la semaine dernière qu’il Ă©tait impliquĂ© dans des pourparlers pour rĂ©soudre la crise, mais a soulignĂ© que « moins nous parlons, mieux c’est ». Si aucune rĂ©solution n’est trouvĂ©e dans les prochaines semaines, le procès contre l’agence devrait commencer le 19 aoĂ»t.
En IsraĂ«l, ils tâtonnent dans le noir en ce qui concerne les motivations russes derrière la crise. Les activitĂ©s de l’agence en Russie ont toujours fait l’objet d’un regard critique de la part des autoritĂ©s, car elles Ă©taient perçues comme encourageant la fuite des cerveaux du pays, un problème qui s’est aggravĂ© depuis le dĂ©clenchement de la guerre en Ukraine. MalgrĂ© cela, on ne sait pas ce qui a poussĂ© les Russes Ă intensifier soudainement leur attitude face Ă la question.
Les hypothèses dominantes sont que cela est dĂ» Ă l’insatisfaction Ă l’Ă©gard de la position israĂ©lienne concernant la guerre en Ukraine, au mĂ©contentement face aux activitĂ©s de Tsahal en Syrie, Ă la frustration face au retard dans le transfert du complexe Alexander Court Ă JĂ©rusalem Ă la propriĂ©tĂ© russe – ou Ă une combinaison de tous ces facteurs Une autre hypothèse veut que les Russes « se vengent » de Yair Lapid, qui a exprimĂ© Ă l’Ă©tranger des positions relativement fermes contre Moscou et condamnĂ© fermement le massacre par des soldats russes dans la banlieue de Bocha, au nord de Kiev.
Lapid a ordonnĂ© au ministère des Affaires Ă©trangères de prĂ©parer une liste de rĂ©ponses fortes au cas oĂą la Russie interdirait les activitĂ©s de l’Agence juive sur son territoire, affirmant que « cela aura des consĂ©quences sur les relations entre les pays ». Cependant, ces derniers jours, JĂ©rusalem a tentĂ© de baisser les tensions devant Moscou par des dĂ©clarations modĂ©rĂ©es, qui soulignaient l’importance des relations entre IsraĂ«l et la Russie.




