Les autorités israéliennes font face à un phénomène préoccupant et en nette progression : l’implication de citoyens israéliens dans des réseaux d’espionnage au profit de l’Iran. Pour la première fois, des caméras de la télévision publique Kan 11 ont obtenu un accès exceptionnel à l’aile 21 de la prison de Damon, un quartier de haute sécurité où sont incarcérés plusieurs détenus accusés d’avoir collaboré avec l’ennemi iranien.
Ce reportage inédit, diffusé dans la tranche d’actualité de la chaîne publique, lève le voile sur le quotidien, la psychologie et le profil de ces détenus, dont le nombre ne cesse d’augmenter depuis le déclenchement de la guerre régionale.
Une aile pénitentiaire sous surveillance maximale
Située dans le nord du pays, la prison de Damon abrite l’un des secteurs les plus sensibles du système carcéral israélien. L’aile 21, spécialement dédiée aux affaires de sécurité nationale, est réservée aux individus considérés comme présentant un risque stratégique pour l’État.
Ces détenus ne sont pas classés comme de simples criminels, mais comme des menaces actives ou potentielles, en raison de la nature des informations qu’ils ont transmises ou tenté de transmettre à Iran. Les mesures de sécurité y sont drastiques : surveillance permanente, déplacements limités, absence de contact direct avec d’autres catégories de prisonniers.
Un phénomène en expansion inquiétante
Selon les services de sécurité israéliens, le nombre de dossiers liés à l’espionnage iranien impliquant des Israéliens a fortement augmenté ces dernières années. Les profils sont variés : civils sans passé idéologique marqué, individus endettés, personnes fragilisées psychologiquement, mais aussi citoyens attirés par des promesses financières ou par une reconnaissance illusoire.
Les enquêteurs du Shin Bet soulignent que l’Iran exploite systématiquement les failles individuelles : solitude, difficultés économiques, sentiment d’injustice ou fascination pour l’ennemi. Dans certains cas, le contact initial se fait via les réseaux sociaux, sous couvert d’offres anodines, avant d’évoluer vers des missions de collecte d’informations.
« Aucun regret » : un constat glaçant
L’un des aspects les plus troublants révélés par le reportage est l’absence de remords exprimée par plusieurs détenus. Selon les témoignages recueillis par les journalistes de Kan 11, certains prisonniers ne manifestent ni honte ni regret, malgré la gravité des accusations et les conséquences irréversibles de leurs actes.
Des responsables pénitentiaires expliquent que cette attitude s’explique parfois par un processus de rationalisation : les détenus minimisent leurs actions, se persuadent qu’ils n’ont transmis que des informations « mineures », ou se présentent comme des victimes manipulées plutôt que comme des acteurs responsables.
Des conditions strictes, mais conformes au droit
Contrairement à certaines accusations circulant à l’étranger, les autorités israéliennes affirment que les conditions de détention respectent les standards légaux et humanitaires, tout en tenant compte du caractère hautement sensible des dossiers. Les détenus disposent de soins médicaux, d’un accès encadré aux avocats et de droits élémentaires, mais sont soumis à des restrictions sévères en matière de communication.
Les autorités pénitentiaires soulignent que ces mesures ne visent pas la punition, mais la prévention de nouvelles fuites d’informations et la protection de la sécurité nationale.
L’Iran et la guerre de l’ombre
Ce reportage s’inscrit dans un contexte plus large de guerre clandestine entre Israël et l’Iran. Alors que les affrontements directs restent limités, Téhéran investit massivement dans des stratégies indirectes : cyberattaques, opérations psychologiques, recrutement d’agents locaux et espionnage humain.
Pour Israël, la participation de ses propres citoyens à ces opérations constitue une ligne rouge absolue. Les responsables sécuritaires rappellent que, même en période de tensions internes, la collaboration avec un État ennemi en temps de conflit est considérée comme une trahison majeure.
Un signal d’alarme pour la société israélienne
Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette affaire pose une question plus profonde : comment une société démocratique et en guerre peut-elle protéger ses citoyens de l’influence d’un ennemi déterminé à agir de l’intérieur ? Les experts interrogés estiment que la réponse ne peut être uniquement répressive.
Ils appellent à renforcer la sensibilisation du public, notamment auprès des populations vulnérables, sur les méthodes de recrutement utilisées par les services iraniens. L’objectif : empêcher que d’autres citoyens ne franchissent le pas, parfois sans mesurer la portée de leurs actes.
Une réalité dérangeante, mais nécessaire à exposer
En ouvrant les portes de l’aile 21 de la prison de Damon, Kan 11 a mis en lumière une facette sombre et rarement visible du conflit israélo-iranien. Derrière les discours géopolitiques et les affrontements militaires, se joue une bataille silencieuse — celle des loyautés, des failles humaines et de la guerre de l’ombre.
Un rappel brutal que, dans ce conflit, le front intérieur reste l’un des plus sensibles et des plus dangereux.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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