JÉRUSALEM – Janvier 2026 | Dans une salle communautaire animée de Jérusalem, les rires fusent. Un groupe d’adolescents israéliens répètent des phrases en darija, l’arabe marocain. Ces jeunes, nés en Israël mais issus de familles juives marocaines, participent à un programme culturel inédit : « Darija VéHeritage », un cours de langue et d’identité visant à réconcilier les générations avec leurs racines.
Une initiative culturelle unique
Lancé en janvier 2026, ce projet est soutenu par le ministère de la Culture israélien, plusieurs ONG éducatives et des fondations juives du Maroc. L’objectif est double : préserver un patrimoine linguistique menacé, et réancrer les jeunes Israéliens d’origine marocaine dans une identité plus complète et assumée.
🎙 Rivka Nahum, responsable du programme :
« Trop de jeunes ne connaissent rien à leur héritage linguistique. La darija, c’est plus qu’une langue : c’est une mémoire, une ambiance, une culture. »
Une langue qui unit au-delà des frontières
La darija n’est pas enseignée dans les écoles israéliennes. Pourtant, des centaines de milliers de Juifs originaires du Maroc, immigrés entre les années 1950 et 1980, la parlaient à la maison. Avec le temps, la langue s’est effacée, remplacée par l’hébreu ou parfois le français. Aujourd’hui, les nouvelles générations cherchent à la réapprendre, souvent dans un cadre affectif ou spirituel.
🎙 Yossef, 17 ans :
« Ma grand-mère me parlait toujours en darija. Je ne comprenais pas tout, mais j’adorais ça. Maintenant je peux enfin lui répondre ! »
Un pont entre Israël, le Maroc… et la France
L’initiative a aussi trouvé un écho chez de nombreux Juifs franco-marocains vivant en Israël, pour qui la darija évoque à la fois le Maroc d’hier et la France d’aujourd’hui. Ces familles, souvent arrivées après 2000, parlent français à la maison mais restent liées au patrimoine marocain.
👉 Les cours attirent donc un public francophone important, notamment à Ashdod, Netanya, Jérusalem et Beersheva.
🎙 David Bensoussan, enseignant venu de Casablanca :
« Je vois dans les yeux de mes élèves une fierté nouvelle. Ils redécouvrent qui ils sont, au-delà des clichés. »
Contenu des ateliers
Les sessions hebdomadaires mêlent :
- apprentissage oral de la darija (mots du quotidien, expressions culturelles)
- chansons populaires marocaines (Raï, Chaâbi, liturgies)
- histoires et contes traditionnels
- échanges intergénérationnels avec des anciens
Des vidéos sont également proposées en ligne, avec sous-titres en hébreu, pour rendre l’apprentissage accessible à tous les âges.
Soutien politique et associatif
Le ministère israélien de la Culture a intégré ce programme dans sa stratégie 2026 de promotion des identités orientales (Mizrahi) en Israël.
Le projet est également salué par des élus issus de familles marocaines, comme Amir Ohana, qui voit dans cette démarche un outil de réconciliation avec l’histoire collective juive orientale.
🎙 Amir Ohana :
« Le sionisme n’efface pas les racines. Il les célèbre. »
Des répercussions au Maroc
À Casablanca, Fès ou Essaouira, les responsables juifs marocains saluent cette renaissance. Ils y voient un pont vivant entre le Maroc et Israël, et un outil de diplomatie culturelle.
Le roi Mohammed VI a d’ailleurs plusieurs fois affirmé son soutien à la préservation de la culture juive marocaine. Ce projet, bien que localisé en Israël, en est un prolongement vivant.
Réactions en France : fierté et espoir
De nombreux Juifs franco-marocains restés en France voient dans cette initiative une chance de transmettre à leurs enfants un héritage en voie de disparition. Certaines associations envisagent même de dupliquer le projet à Paris, Sarcelles ou Marseille.
🎙 Sarah, maman de 3 enfants à Créteil :
« Mes parents parlaient darija entre eux. Mes enfants ne connaissent rien. S’ils peuvent apprendre cette langue en Israël, alors c’est qu’elle n’est pas morte. »
Une Aliyah culturelle et intérieure
Au-delà de la langue, les participants disent redécouvrir une part d’eux-mêmes qu’ils croyaient perdue. C’est une Aliyah intérieure autant que géographique.
Dans un Israël souvent divisé entre ashkénazes et sépharades, modernité et tradition, ce projet réconcilie mémoire, transmission et avenir.
Le succès du programme “Darija VéHeritage” montre que la langue peut être bien plus qu’un outil de communication : c’est un vecteur de fierté, de transmission et d’unité.
En 2026, les Juifs marocains d’Israël prouvent qu’ils n’ont ni oublié leurs racines, ni renoncé à les faire vivre.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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