Une nouvelle Ă©tude publiĂ©e par l’Association juive europĂ©enne (EJA), une alliance de communautĂ©s et d’organisations juives, montre clairement que l’antisĂ©mitisme est profondĂ©ment enracinĂ© – et mĂŞme croissant – dans l’Union europĂ©enne quelque 80 ans après l’Holocauste. L’information est basĂ©e sur une enquĂŞte menĂ©e auprès de 16 000 personnes dans 16 États membres de l’UE menĂ©e par l’agence IPSOS. Cela a Ă©tĂ© rapportĂ© sur la chaĂ®ne allemande DW.
Le rabbin Shlomo Kobs de Hongrie a dĂ©clarĂ© aux mĂ©dias allemands qu’il constatait un dĂ©clin progressif de l’antisĂ©mitisme en Hongrie au fil des ans – mais il rencontre toujours des Ă©tudiants qui demandent dĂ©sespĂ©rĂ©ment s’ils doivent rester juifs simplement parce que leurs parents sont juifs. « Mon rĂŞve », dit le rabbin Cobes, « est que nous n’aurons pas d’enfants europĂ©ens qui se sentiront menacĂ©s d’ĂŞtre juifs, aucun enfant juif ne devrait avoir peur de vivre selon son identitĂ© juive, et je rĂŞve qu’aucun garçon en Europe ne pense que le mot juif est un gros mot. »
Selon la nouvelle Ă©tude, il existe encore de nombreux prĂ©jugĂ©s antisĂ©mites en Europe. Ils comprennent des thĂ©ories du complot mondiales, accusant les Juifs d’avoir crucifiĂ© le mĂŞme homme et des allĂ©gations de « pratiques commerciales douteuses ». Des chercheurs de l’UniversitĂ© de Budapest ont menĂ© une enquĂŞte composĂ©e de 70 questions pour rĂ©vĂ©ler les attitudes dominantes des non-Juifs envers les Juifs dans les pays europĂ©ens.
Les positions antisĂ©mites Ă©taient les plus fortes en Grèce, en Pologne, en Slovaquie et en Roumanie. La Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en revanche, ont montrĂ© des signes encourageants. L’Allemagne Ă©tait classĂ©e au milieu, cependant, c’Ă©tait le pays avec le nombre d’attaques antisĂ©mites les plus violentes dans l’UE en 2020, avec au moins 59 cas signalĂ©s.
Les auteurs de la nouvelle Ă©tude disent que la plupart des gens en Grèce, en Pologne et en Autriche ont des positions antisĂ©mites fortes, le chiffre s’Ă©lève Ă 28 % en Allemagne, tandis qu’en Suède et aux Pays-Bas il n’y en a que 10 % et 8 % respectivement.
La semaine dernière, la Commission europĂ©enne a dĂ©voilĂ© son premier plan politico-stratĂ©gique de lutte contre l’antisĂ©mitisme, elle prĂ©voit d’interdire le commerce de souvenirs nazis et d’intensifier la lutte contre les discours de haine antisĂ©mite sur Internet.
Neuf Juifs sur dix en Europe considèrent l’antisĂ©mitisme comme un problème grave, selon la Commission europĂ©enne. La France est le pays qui compte le plus de citoyens juifs après IsraĂ«l et les États-Unis. Joel Margie, chef de l’Association des centres juifs de France et reprĂ©sentant toutes les communautĂ©s juives du pays, a dĂ©clarĂ© aux journalistes Ă Bruxelles : « Les Juifs quittent l’Europe. Selon lui, les jeunes, notamment, ont immigrĂ© en IsraĂ«l ou aux États-Unis parce qu’ils ne se sentaient plus en sĂ©curitĂ© en Europe.
Margie a dĂ©clarĂ© que « les Juifs devraient pouvoir vivre leur vie sans avoir besoin d’une protection policière continue dans les synagogues, les Ă©coles et les jardins d’enfants. Malheureusement, nous y sommes habituĂ©s, mais ce n’est pas normal ».





