Un jour après l’annonce russe de l’attaque de drones ukrainiens sur le toit du bâtiment du Kremlin – la Russie accuse: « Washington est dĂ©finitivement derrière l’attaque, Kiev ne fait que suivre les ordres. »
Le prĂ©sident ukrainien Zelensky a dĂ©jĂ dĂ©clarĂ© hier que l’Ukraine n’avait pas attaquĂ© Moscou, mais dĂ©fendait seulement son territoire, « et comme tout le monde le sait, nous n’avons mĂŞme pas assez d’armes pour cela ». Il a Ă©galement ajoutĂ© que « l’Ukraine n’a pas tentĂ© d’assassiner Poutine, elle laisse cela au tribunal ».
MĂŞme aux États-Unis, un grand scepticisme continue d’ĂŞtre exprimĂ© concernant les affirmations russes concernant une attaque ukrainienne au cĹ“ur de Moscou, et le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Anthony Blinken a dĂ©clarĂ© que chaque affirmation russe devait ĂŞtre prise « avec un grain de sel ».
Le Kremlin, bien qu’il s’agisse d’une institution importante et d’un symbole russe distinct, n’est pas considĂ©rĂ© comme la rĂ©sidence de Poutine, il n’y vit ni ne dort. Ainsi, il est clair qu’il n’Ă©tait pas prĂ©sent lorsque les deux drones ont percutĂ©, Ă 2 h 27 et 2 h 43. Il est peu probable que celui qui a lancĂ© ces drones n’en ait pas Ă©tĂ© conscient.
De plus, au-delĂ des systèmes de dĂ©fense aĂ©rienne dissĂ©minĂ©s dans la zone de Kamelin en particulier et Ă Moscou en gĂ©nĂ©ral, la frappe de drones prouve que le toit du bâtiment est relativement immunisĂ© – et n’est pas facilement endommagĂ© par tout impact. la personne qui a lancĂ© les deux drones savait que le drone qu’il utilisait n’Ă©tait pas destinĂ© Ă causer de rĂ©els dommages Ă la structure. En mĂŞme temps, au moins un des drones vise prĂ©cisĂ©ment le drapeau sur le toit du dĂ´me du Kremlin, un point très symbolique, mais probablement loin d’ĂŞtre une cible stratĂ©gique.
Dans ce contexte, il est probable que les auteurs de l’opĂ©ration aient principalement voulu rĂ©aliser un exploit mental et symbolique – et embarrasser Poutine et son peuple par la pĂ©nĂ©tration de deux petits avions dans l’espace aĂ©rien du symbole gouvernemental le plus important de Russie . Tout au long des mois de la guerre – en Russie, ils rĂ©pètent et soulignent qu’ils ne montreront aucune tolĂ©rance pour les attaques ukrainiennes au plus profond du territoire russe, mais en Ukraine, ils prouvent qu’ils ne craignent pas les menaces.
Ă€ cet Ă©gard, la « charge de la preuve » incombe dĂ©sormais Ă Moscou – nombre de ses hauts responsables, dont l’ancien prĂ©sident et le secrĂ©taire adjoint du Conseil de sĂ©curitĂ© russe – ont profĂ©rĂ© des menaces dramatiques concernant une rĂ©ponse gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Entre autres choses, depuis hier, on a affirmĂ© que toute cette initiative Ă©tait une opĂ©ration « sous fausse bannière » de la Russie pour se donner une excuse pour Ă©tendre les attaques en Ukraine. Cette affirmation se heurte Ă©galement Ă de nombreuses difficultĂ©s, car la Russie aurait pu mener Ă bien une telle manĹ“uvre de propagande sans nuire au symbole le plus Ă©vident de sa puissance, et sans se causer un si grand embarras.
Parallèlement aux prĂ©paratifs intensifs de l’Ukraine en vue d’une vaste contre-offensive contre les forces d’occupation russes dans les zones contrĂ´lĂ©es par l’armĂ©e russe, il sera intĂ©ressant de voir quelles capacitĂ©s Moscou dĂ©montrera pour tenter de rĂ©agir fortement Ă la dĂ©cision du Kremlin . Jusqu’Ă prĂ©sent, les Russes ont en effet rĂ©ussi Ă infliger de très lourds dĂ©gâts aux Ukrainiens via les attaques de missiles et de drones, mais des dĂ©gâts qui sont loin d’avoir une signification stratĂ©gique et dĂ©cisive, après presque un an et demi de guerre et de lourdes sanctions.
[signnoff]





