Le Dr Cochav Elkayam-Levy a pris une profonde inspiration après avoir averti le public des horreurs graphiques qu’elle s’apprĂŞtait Ă raconter. Elle a ensuite dĂ©crit quelques-unes des preuves visuelles accablantes qui ont Ă©mergĂ© de l’attaque du Hamas contre IsraĂ«l le 7 octobre : une jeune spectatrice de concert, dĂ©shabillĂ©e de la taille aux pieds, figĂ©e par la rigiditĂ© cadavĂ©rique dans une position d’aigle Ă©cartĂ©, le corps partiellement brĂ»lĂ©.
Une jeune femme, Ă©galement exposĂ©e Ă la mort, avait des sous-vĂŞtements dĂ©chirĂ©s qui pendaient Ă une jambe nue. Les victimes de viol ont dĂ©filĂ© dans les rues de Gaza, le sang jaillissant d’entre leurs jambes.
La liste s’allongeait. Des images compilĂ©es Ă partir de diverses sources – images du Hamas, premiers intervenants, travailleurs qui manipulent les cadavres, rĂ©cits de survivants – ces tĂ©moignages ont constituĂ© la base d’un webinaire cette semaine intitulĂ© « L’innommable terreur : la violence basĂ©e sur le genre le 7 octobre ».
Organisé par des étudiants juifs des écoles de médecine, de médecine dentaire, de droit et de commerce de Harvard, il a attiré plus de 4 500 inscrits et, dans les jours qui ont suivi, plus de 20 000 téléspectateurs.
Pourquoi un tel intĂ©rĂŞt pour les horreurs perpĂ©trĂ©es par le Hamas contre les femmes et les filles le 7 octobre ?Â
Nous pensons que cela reflète le manque relatif d’attention portĂ©e jusqu’Ă prĂ©sent aux violences sexuelles et sexistes brutales qui ont eu lieu dans le cadre des attaques du Hamas.
Malgré la diffusion des preuves partagées par le Dr Elkayam-Levy, les organisations mondiales dédiées aux femmes et aux droits humains sont restées largement silencieuses.
« Les preuves sont indéniables, mais nous nous retrouvons dans une double bataille », a déclaré Elkayam-Levy, présidente de la Commission civile israélienne sur les crimes du Hamas contre les femmes et les enfants le 7 octobre. « Un, contre ces atrocités et un autre contre le silence mondial. Et nous constatons le même mécanisme de déni que celui que nous reconnaissons dans le cas du viol individuel.
D’autres partagent ses inquiĂ©tudes, et une pĂ©tition appelant ONU Femmes Ă lutter contre les crimes contre les femmes israĂ©liennes prend de l’ampleur, avec plus de 180 000 signatures ; le hashtag #MeToo_UNless_UR_a_Jew est Ă la mode sur X.
En tant qu’Ă©tudiant de la Harvard School of Dental Medicine qui a aidĂ© Ă organiser l’Ă©vĂ©nement et professeur agrĂ©gĂ© de mĂ©decine et de psychiatrie de la Harvard Medical School qui a modĂ©rĂ© ce panel, nous avons trouvĂ© de l’espoir dans certains rapports d’experts. : L’acte de viol, autrefois largement acceptĂ© comme faisant partie du « butin de guerre », est dĂ©sormais reconnu comme un crime de guerre passible de poursuites, voire un crime contre l’humanitĂ© lorsqu’il est perpĂ©trĂ© systĂ©matiquement.
Mais d’autres dĂ©clarations ont Ă©tĂ© dĂ©chirantes, notamment celle selon laquelle la plupart ou la totalitĂ© des victimes de viol du 7 octobre ont Ă©tĂ© soit tuĂ©es, soit enlevĂ©es, et ne sont donc pas en mesure de raconter leur histoire au monde. Les participants au webinaire ont dĂ©clarĂ© que les preuves mĂ©dico-lĂ©gales montrent des violences sexuelles extrĂŞmes, notamment des mutilations gĂ©nitales et des agressions suffisamment brutales pour briser les os du bassin. Certains rĂ©cits dĂ©crivent un sadisme abject, comme couper le sein d’une femme et le jeter comme un jouet.





