L’affaire avait dĂ©jĂ provoquĂ© une onde de choc. Une jeune femme d’une vingtaine d’annĂ©es, habitant Ă Kiryat Gat, a Ă©tĂ© violemment agressĂ©e par son propre père après qu’il a dĂ©couvert qu’elle entretenait une relation avec un homme arabe. La jeune femme a dĂ» ĂŞtre hospitalisĂ©e. Elle a dĂ©posĂ© une plainte auprès de la police, qui a procĂ©dĂ© Ă l’arrestation du père — lequel a Ă©tĂ© relâchĂ© au bout de deux heures. Le père, pour sa part, a dĂ©clarĂ© qu’il « ne regrettait rien », et que l’acte venait « d’une douleur profonde ».
Mais l’histoire ne s’est pas arrĂŞtĂ©e lĂ . Selon des informations publiĂ©es sur le canal de Daniel Amram, des organisations qui se prĂ©sentent comme Ĺ“uvrant Ă la « sauvegarde des filles juives contre l’assimilation » ont tentĂ© de prendre contact avec la jeune femme dans les jours qui ont suivi — non pas pour condamner la violence dont elle a Ă©tĂ© victime, mais pour tenter de l’ »aider » Ă rompre sa relation.
« L’Ă©vĂ©nement n’a fait que nous souder davantage »
Selon les informations rapportĂ©es, ces organisations ont « essayĂ© dans les derniers jours de prendre contact avec la jeune fille » et de la « rĂ©cupĂ©rer ». Elles ont justifiĂ© leur dĂ©marche en expliquant : « Nous acceptons tous avec amour, nous lui offrons nos services pour l’aider » — entendez : l’aider Ă mettre fin Ă sa relation avec son compagnon arabe.
Face Ă cette approche, Daniel Amram a interrogĂ© la situation. Selon le rĂ©cit, les organisations ont affirmĂ© qu’elles « n’avaient pas l’intention de la forcer Ă coopĂ©rer ». Elles ont toutefois maintenu leur volontĂ© de maintenir un lien avec elle, affirmant que les Ă©vĂ©nements traumatisants qu’elle a vĂ©cus constituaient prĂ©cisĂ©ment l’occasion d’intervenir et « d’essayer de l’aider Ă couper » cette relation.
Mais la jeune femme, quant Ă elle, a donnĂ© une rĂ©ponse claire sur la nature de la pression qu’elle subit : « L’Ă©vĂ©nement n’a fait que nous souder davantage. » Une phrase qui dit tout — la violence de son père n’a pas brisĂ© sa relation, elle l’a renforcĂ©e.
Un contexte qui dépasse un cas individuel
L’affaire s’inscrit dans un dĂ©bat qui traverse rĂ©gulièrement la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne. En IsraĂ«l, plusieurs organisations militantes se sont constituĂ©es autour de la question des relations interreligieuses entre Juifs et Arabes. La plus connue est Lehava — acronyme hĂ©breu pour « La PrĂ©vention de l’assimilation en Terre Sainte » — dirigĂ©e par Bentzi Gopstein. Ces organisations disposent de lignes tĂ©lĂ©phoniques, de rĂ©seaux d’activistes, et se portent rĂ©gulièrement au-devant de situations qu’elles qualifient d’urgences. Leur prĂ©sence dans l’affaire de Kiryat Gat illustre la rapiditĂ© avec laquelle elles se mobilisent lorsqu’une histoire de ce type Ă©merge dans les mĂ©dias.
Ce qui rend la situation particulièrement dĂ©licate dans ce cas prĂ©cis, c’est que la jeune femme est elle-mĂŞme la victime d’une violence familiale. Elle a Ă©tĂ© agressĂ©e, hospitalisĂ©e, et se retrouve Ă prĂ©sent dans une position oĂą non seulement elle doit faire face aux consĂ©quences de la rĂ©action brutale de son père, mais aussi Ă la pression d’organisations extĂ©rieures qui cherchent Ă inflĂ©chir ses choix sentimentaux.
La question que pose cette affaire va bien au-delĂ du cas individuel : oĂą commence la protection, et oĂą finit l’instrumentalisation d’une victime ? Les organisations concernĂ©es affirment agir par amour du peuple juif et dans l’intĂ©rĂŞt de la jeune femme. Mais la rĂ©ponse de cette dernière — « l’Ă©vĂ©nement n’a fait que nous souder davantage » — suggère que leur intervention n’est ni souhaitĂ©e ni la bienvenue.
Pour en savoir davantage sur les polĂ©miques liĂ©es Ă l’assimilation en IsraĂ«l et l’activisme des organisations anti-assimilation, ces articles publiĂ©s sur notre site apportent un Ă©clairage utile :






