Échec du 7 octobre |  » Si l’armĂ©e mĂšne des enquĂȘtes, nous voulons le faire aussi » : les ministres ont attaquĂ© le chef d’Ă©tat-major Hertzi Halevi

Dans le contexte de la dĂ©cision du chef d’Ă©tat-major de crĂ©er une Ă©quipe chargĂ©e d’enquĂȘter sur les Ă©vĂ©nements du 7 octobre, la rĂ©union du cabinet d’hier soir (entre jeudi et vendredi) s’est terminĂ©e par une explosion lorsque, au cours de la discussion, les ministres ont vivement attaquĂ© Halevi Ă  propos des Ă©quipes d’enquĂȘte pour les Ă©vĂ©nements du 7 octobre nommĂ©s par le chef d’Ă©tat-major et dirigĂ©s par Shaul Mofaz.

Kfar Aza, deux semaines aprÚs le début des combats // Photo : Shmuel Buchris

La ministre Miri Regev, qui a Ă©tĂ© informĂ©e lors de la rĂ©union de la publication sur la DouziĂšme chaĂźne de la dĂ©cision du chef d’Ă©tat-major de crĂ©er des Ă©quipes d’enquĂȘte, a dĂ©clarĂ© : « J’essaie de marcher sur des Ɠufs et de ne pas critiquer, mais c’est impensable. Si l’armĂ©e mĂšne des enquĂȘtes, nous voulons aussi le faire au niveau politique. » 

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Ben Gvir a Ă©galement tenu Ă  Ă©voquer le sujet de la future enquĂȘte. « La question est de savoir si des Ă©quipes ont Ă©tĂ© dĂ©signĂ©es pour enquĂȘter. » 

A sa question, le chef d’Ă©tat-major a rĂ©pondu que « nous n’avons pas encore ouvert d’enquĂȘte. » Smotrich a alimentĂ© le feu et a attaquĂ© le chef d’Ă©tat-major : « Vous ne le niez pas ».

Halevi lui a rĂ©pondu que l’enquĂȘte n’avait pas encore commencĂ© et qu’il s’agissait d’une « enquĂȘte opĂ©rationnelle ayant des implications sur les combats dans le nord », et le ministre de la DĂ©fense Galant a demandĂ© de soutenir le chef d’Ă©tat-major : « Je n’Ă©tais pas au courant de l’enquĂȘte, mais j’apporte tout mon soutien au chef d’Ă©tat-major, c’est Ă  lui de vĂ©rifier et d’enquĂȘter. S’il a dĂ©cidĂ© de former une Ă©quipe d’enquĂȘte, je le soutiens. »

« Nous nous posons pas mal de questions sur la conduite de l’armĂ©e »

L’Ă©change entre les ministres s’est poursuivi lorsque Gallant a dĂ©clarĂ© : « Miri, je ne travaille pas pour vous, laissez-moi parler. Le chef d’Ă©tat-major veut ĂȘtre prĂȘt Ă  faire la guerre dans le Nord. Regev a rĂ©pondu : « Vous ne me rĂ©pondez pas et je veux que ce soit clair. Nous avons pas mal de questions sur le comportement de l’armĂ©e, sur ce qui s’est passĂ© ce 7 octobre, et vous n’arrĂȘtez pas de nous dire : « Ce n’est pas le moment pour nous de se faire la guerre » et en ce moment vous commencez Ă  enquĂȘter ? « 

Gallant a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait pas intĂ©ressĂ© Ă  rĂ©pondre aux insultes, mais Ben Gvir a rĂ©pondu avec colĂšre : « Toutes les critiques ne sont pas insultantes, nous avons le droit de poser des questions au chef de cabinet, nous sommes les ministres et c’est notre travail. »

Selon lui , le chef d’Ă©tat-major a rĂ©pondu : « Il s’agit de notre examen professionnel, non pas sur la politique, mais sur la façon dont Tsahal a agi. »

« Le problĂšme n’est pas seulement le timing, mais aussi qui sont les personnages », a dĂ©clarĂ© Ben Gvir, insistant sur l’Ă©quipe d’enquĂȘte. « Vous avez chargĂ© Shaul Mofaz, le ministre de la SĂ©curitĂ© de la sĂ©cession, d’enquĂȘter ? Vous avez simplement laissĂ© le chat garder la crĂšme. »

Le ministre Gantz lui a rĂ©pondu avec colĂšre et a dit : « Quel est le lien ? L’armĂ©e israĂ©lienne mĂšne une inspection professionnelle, vous direz bientĂŽt que c’est la « conception ».

La conception est le nom donné par le Comité des subventions au concept formulé par la Division de recherche de la Division du renseignement de Tsahal (AMN/Research), en 1971 , concernant les conditions de seuils égyptiennes et syriennes pour entrer en guerre. 

Ben Gvir a rĂ©pondu : « En effet, c’ets la conception, et quiconque a participĂ© Ă  la conception ne peut pas ĂȘtre lui-mĂȘme l’inspecteur. »

Smotrich a souscrit aux propos de Ben Gvir et a dĂ©clarĂ© qu' »il est impossible pour l’armĂ©e de mener des enquĂȘtes aprĂšs l’Ă©chec d’un concept vieux de 20 ans ».

« Nous avons le ventre plein pour l’armĂ©e et nous nous retenons », a dĂ©clarĂ© le ministre Regev, et Trooper a rĂ©pondu : « Nous avons Ă©galement le ventre plein et nous nous retenons ». 

Gallant continue d’exiger des ministres qu’ils ne « gĂąchent pas l’armĂ©e ». C’est Ă  ce moment-lĂ  que Netanyahu est intervenu : « Nous devons arrĂȘter, nous continuerons une autre fois. »

Il n’y a pas eu « d’explosion »

Des sources informĂ©es du contenu de la rĂ©union du cabinet affirment que les descriptions de « l’explosion » de la rĂ©union du cabinet ne reflĂštent pas la rĂ©alitĂ©. Selon eux, Netanyahu avait annoncĂ© Ă  l’avance que la rĂ©union se terminerait Ă  minuit, ce qui a Ă©tĂ© fait. Quant aux enquĂȘtes, et notamment Ă  l’inclusion de l’ancien ministre de la DĂ©fense Shaul Mofaz, les ministres ont eu l’impression que le chef d’Ă©tat-major ne donnait pas de rĂ©ponses honnĂȘtes sur la nature des enquĂȘtes. C’Ă©tait la raison de ses critiques. Cependant, les voix Ă©taient entre les ministres eux-mĂȘmes et non contre le Chef d’État Major.

AprĂšs la rĂ©union, les ministres ont dĂ©clarĂ© que depuis trois mois ils avaient l’eau Ă  la bouche et s’abstenaient d’aborder les raisons et les circonstances qui ont conduit Ă  l’Ă©norme Ă©chec du jour oĂč la guerre a Ă©clatĂ©, ce 7 octobre. Il a donc Ă©tĂ© surprenant de dĂ©couvrir que l’armĂ©e a commencĂ© Ă  s’engager dans ces enquĂȘtes sans en informer le cabinet, sans entendre les ministres en charge, et lorsque le ministre de la DĂ©fense du dĂ©sengagement , l’ancien chef d’Ă©tat-major Mofaz, qui a affirmĂ© que le Hamastan n’a pas Ă©tĂ© Ă©tabli, c’est lui qui a Ă©tĂ© choisi par Tsahal pour jouer un rĂŽle central dans les enquĂȘtes.