« Ceux qui ont survécu à la Shoah et ont réussi à se construire une vie sont un symbole et un exemple pour les survivants de Nova qui choisissent la vie. »
C’est le message entendu hier soir (mercredi) par des dizaines de survivants du Beri lors de la fĂŞte de la nature qui ont vĂ©cu de première main les horreurs du massacre du 7 octobre , le pire que le peuple juif ait connu depuis la Shoah – lors d’une soirĂ©e spĂ©ciale oĂą ils ont reçu le soutien et les encouragements des survivants de la Shoah.
 Lors de l’Ă©vĂ©nement « Souvenir dans le salon » au bord du lac dans un parc du sud de Tel Aviv, en prĂ©paration de la JournĂ©e du souvenir de l’Holocauste qui sera cĂ©lĂ©brĂ©e la semaine prochaine, trois cercles de conversation ont Ă©tĂ© organisĂ©s entre survivants de Nova et survivants de l’Holocauste. Dans chaque cercle de conversation Ă©tait assise une survivante de l’Holocauste qui racontait son histoire aux survivants de Nova assis autour, transmettant le message qu’ils sont la preuve vivante qu’il est possible de « choisir la vie ».

Dans l’un des cercles de discussion Ă©tait assise Sarah Jackson, 88 ans du kibboutz Saad, mère de 7 enfants, grand-mère de petits-enfants et arrière-grand-mère d’arrière-petits-enfants. Ă€ cĂ´tĂ© d’elle Ă©tait assise Lela Levy, 27 ans de Tel Aviv, qui lui tenait la main et la regardait avec un regard adorateur et aimant. « Elle nous a sauvĂ© la vie, cette femme extraordinaire, lorsque nous nous sommes enfuis de Nova et nous nous sommes cachĂ©s au mamad dans sa maison du kibboutz Saad jusqu’Ă trois heures et demie. »

Sarah avait l’air un peu gĂŞnĂ©e par les compliments que Lela lui faisait. La jeune femme et quatre de ses amis sont arrivĂ©s chez Sarah le matin du massacre – et sont entrĂ©s dans le mamad, pendant qu’elle leur parlait et essayait de leur inculquer un sentiment de sĂ©curitĂ© – après avoir Ă©chappĂ© Ă la fĂŞte Nova qui s’est transformĂ©e en enfer avec des centaines de personnes assassinĂ©es, blessĂ©es et kidnappĂ©es.

Sarah se souvient ce matin-lĂ de la fĂŞte de Sim’hat Torah : « Je me suis rĂ©veillĂ©e tĂ´t pour aller Ă la synagogue, et soudain les alarmes se sont dĂ©clenchĂ©es les unes après les autres. Je sors et soudain je vois un groupe de jeunes. Avant que je puisse rĂ©flĂ©chir. Quatre garçons et Lela qui se sont Ă©chappĂ©s du nouveau, sont entrĂ©s dans la maison et ont verrouillĂ© la porte d’entrĂ©e, ils ont pris un lourd fauteuil et l’ont poussĂ© jusqu’Ă la porte.

« Je n’ai pas compris, je n’avais pas entendu parler de la nova. Nous sommes entrĂ©s dans le mamad. Ils ont pris des couteaux avec eux dans la cuisine et sont restĂ©s assis lĂ . Ils Ă©taient très contrariĂ©s. Ă€ un moment donnĂ©, j’ai essayĂ© de leur raconter mon histoire, que j’avais survĂ©cu, mais ils n’ont pas Ă©coutĂ© et je les ai laissĂ©s. Ă€ trois heures et demie, nous sommes partis, je leur ai montrĂ© la sortie arrière et ils se sont enfuis et sont rentrĂ©s chez eux. »

Lela a dĂ©clarĂ© Ă ses amis lors du cercle de conversation : « Sarah est la preuve vivante qu’on peut aller de l’avant et choisir la vie. » Sarah a ajoutĂ© : « Après tout ce que j’ai vĂ©cu, j’ai aimĂ© la vie et c’est ce que je leur ai proposĂ© : aimer la vie et ne pas rester coincĂ©e lĂ -bas Ă Nova. »

Deborah Weinstein, 88 ans, originaire d’Herzliya, s’est assise dans un autre cercle de discussion et a dĂ©clarĂ© aux survivants de Nova que le but de la rĂ©union n’Ă©tait pas « de pleurer sur la gravitĂ© et l’horreur du massacre de Nova – mais de regarder vers l’avenir, de passer Ă autre chose : une renaissance pour l’avenir. » Elle a ajoutĂ© : « J’ai dit Ă tous ceux qui Ă©taient sous le choc, qui Ă©taient assis dans le cercle et ne parlaient pas de ce qui s’Ă©tait passĂ©, de commencer Ă parler. De lever une main commĂ©morative. Tous ceux qui sont nĂ©s dans le pays le sauront. « Jamais plus’. »

Weinstein a exprimĂ© son indignation face Ă l’omission qui a permis le massacre : « Je ne pouvais pas croire que dans mon pays, le plus puissant du monde, quelque chose comme cela se produisait Ă Nova – mais je vous le dis, nous devons nous rĂ©tablir. » Elle a Ă©galement appelĂ© au remplacement du Premier ministre Benjamin Netanyahu : « Remplacez le chef qui ne pense pas qu’il est responsable de ce qui s’est passĂ©. Remplacez-le par une jeune gĂ©nĂ©ration qui travaillera pour nous », a-t-elle exigĂ©.

Michal Lipman, co-directeur de « MĂ©moire dans le salon », a dĂ©clarĂ© : « Les Ă©vĂ©nements des Sept Jours d’octobre et la guerre seront prĂ©sents dans chaque salon. Les survivants de l’holocauste au cours des six derniers mois ont rĂ©ussi Ă renforcer nombre d’entre nous. En coopĂ©ration avec l’association « Nova Tribe Community », nous avons organisĂ© aujourd’hui des rencontres uniques entre les survivants de Nova et les survivants de l’Holocauste. Ce salon spĂ©cial est entièrement consacrĂ© au renouveau. Les survivants de l’Holocauste sont la preuve Ă©mouvante que mĂŞme depuis les endroits les plus bas, on peut s’élever. Les survivants de l’Holocauste sont lĂ pour donner l’espoir et la force de continuer. »

Naama Shmoelwitz, directrice de l’association communautaire Nova, a dĂ©clarĂ© : « Depuis l’Ă©vĂ©nement, nous travaillons ensemble – les familles des victimes et les familles des survivants, ceux qui Ă©taient producteurs et ceux qui cĂ©lĂ©braient, nous tous ensemble dans le but de de mission partagĂ©e avec l’esprit de la CommunautĂ© Nova afin de renforcer et de soutenir. Dans cette pĂ©riode complexe, nous nous sommes joints à « La mĂ©moire dans le salon » Ceux qui ont survĂ©cu Ă l’Holocauste et ont rĂ©ussi Ă construire une vie sont un symbole et un exemple. Nous pensons que les survivants de l’Holocauste qui ont traversĂ© les pires peuvent donner aux survivants une perspective et une force diffĂ©rentes.

Trois survivants de l’holocauste ont participĂ© Ă Magfesh, parmi lesquels, comme mentionnĂ©, Sarah Jackson, nĂ©e en Pologne et qui, petite fille, s’est enfuie avec sa famille d’un endroit Ă l’autre et s’est cachĂ©e avec des gens qui ont risquĂ© leur vie et ont donnĂ© une cachette Ă sa famille.

Deborah Weinstein, qui a Ă©galement participĂ© Ă la rĂ©union, est nĂ©e dans la ville de Khotyn en Ukraine soviĂ©tique d’une mère couturière et d’un père conducteur de calèche. Ă€ l’Ă©tĂ© 1941, la zone de rĂ©sidence de Weinstein fut occupĂ©e par les Allemands et quelques jours auparavant, tous les hommes avaient Ă©tĂ© enrĂ´lĂ©s dans l’ArmĂ©e rouge, tout comme son père. Deborah, sa mère et sa sĹ“ur ont Ă©tĂ© expulsĂ©es de la ville et ont commencĂ© Ă marcher dans des conditions mĂ©tĂ©orologiques difficiles.

Dans chaque ville oĂą ils atteignaient, de plus en plus de Juifs les rejoignaient dans leur voyage Ă pied. Bien que la caravane grandisse, de nombreux Juifs moururent par balle, par maladie, par Ă©puisement et par la faim. La caravane a dĂ» traverser des rivières, marcher dans la neige et au cours d’un voyage de six mois, Deborah a perdu sa sĹ“ur. Deborah et sa mère ont Ă©tĂ© forcĂ©es de fuir et d’errer Ă travers l’Europe jusqu’Ă ce qu’elles retrouvent enfin leur père, blessĂ© lors de la bataille de Stalingrad. Après de nombreuses tentatives, Deborah rĂ©ussit Ă immigrer en IsraĂ«l en 1948 et ses parents la rejoignirent en 1951.

Hana Gefrit, nĂ©e en 1935 Ă BiaĹ‚a Rawska en Pologne, a Ă©galement participĂ© Ă la rĂ©union. Fin 1941, lorsqu’un ghetto fut créé dans la ville, Hana et sa famille furent autorisĂ©es Ă vivre hors de ses frontières, sa mère travaillant comme couturière pour les forces d’occupation allemandes. Hana a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e dans une famille d’accueil polonaise, mais après quelques jours, elle a voulu retourner chez ses parents qui se cachaient dans un trou de pommes de terre. Fin 1942, les Juifs de la ville furent dĂ©portĂ©s vers le camp d’extermination de Treblinka.
Le voisin de la famille a rĂ©ussi Ă aider Hannah et sa mère Ă obtenir de faux certificats. Son père a Ă©tĂ© contraint de se sĂ©parer d’eux et, Ă ce jour, on ne sait pas ce qui lui est arrivĂ©. Hana et sa mère se sont cachĂ©es dans un appartement Ă Varsovie. Après de longues Ă©preuves, Ă la fin de la guerre, Hana et sa mère sont retournĂ©es dans leur ville natale, oĂą elles ont dĂ©couvert qu’elles Ă©taient les seules survivantes de sa famille. En janvier 1949, Hana a immigrĂ© en IsraĂ«l et vit depuis Ă Tel Aviv.








