« Emploie des activistes terroristes » : Israël bloque l’activité d’une organisation humanitaire à Gaza

Israël a annoncé ce dimanche une décision lourde de conséquences sur le plan humanitaire et diplomatique : l’organisation Médecins Sans Frontières devra cesser toute activité dans la bande de Gaza d’ici la fin du mois de février. Cette mesure fait suite au refus persistant de l’ONG de transmettre aux autorités israéliennes la liste complète de ses employés locaux, exigence désormais imposée à l’ensemble des organisations humanitaires opérant dans l’enclave palestinienne.

L’annonce a été faite par le Ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, qui affirme que cette demande relève d’un impératif sécuritaire non négociable. Selon le ministère, plusieurs informations concordantes indiquent que des employés locaux de certaines ONG internationales opérant à Gaza seraient affiliés, directement ou indirectement, à des organisations terroristes actives dans la région.

Le ministre en charge du portefeuille, Amichai Chikli, a été particulièrement explicite. « Il est de notoriété publique, et confirmé par nos services, que cette organisation emploie des travailleurs qui opèrent au sein d’organisations terroristes. Israël ne permettra pas que l’aide humanitaire serve de couverture ou de levier logistique à des groupes armés », a-t-il déclaré. Selon lui, la transparence sur l’identité des employés locaux est une condition minimale pour toute poursuite d’activité dans une zone de guerre aussi sensible.

La décision intervient dans un contexte où Israël affirme avoir accumulé des preuves montrant une infiltration systématique d’organisations terroristes dans des structures civiles, y compris médicales et humanitaires. Depuis le début de la guerre, Tsahal et les services de renseignement ont présenté à plusieurs reprises des documents et interrogatoires démontrant, selon eux, que des membres du Hamas et d’autres groupes armés travaillaient au sein d’hôpitaux, d’ONG et d’organismes de secours, utilisant leur statut pour échapper aux contrôles et faciliter des activités terroristes.

Du côté de Médecins Sans Frontières, la réaction a été immédiate mais prudente. L’organisation affirme agir conformément à ses principes de neutralité, d’indépendance et d’impartialité, et estime que la transmission de listes nominatives d’employés locaux pourrait mettre ces derniers en danger. MSF soutient que ses procédures internes de recrutement sont rigoureuses et qu’aucune preuve concrète ne lui a été fournie concernant des liens avérés entre ses équipes et des groupes armés.

En Israël, cet argument est rejeté. Des responsables gouvernementaux rappellent que l’obligation de fournir des listes d’employés ne vise pas une ONG en particulier, mais s’applique désormais à l’ensemble des organisations humanitaires opérant à Gaza. Plusieurs d’entre elles se seraient conformées à la demande sans incident majeur, renforçant l’idée, à Jérusalem, que le refus de MSF constitue une exception problématique.

La suspension de l’activité de l’ONG devrait entrer en vigueur à la fin du mois de février, laissant une courte période de transition pour la fermeture progressive des opérations. Sur le terrain, la décision suscite des inquiétudes parmi certains acteurs humanitaires, qui redoutent un impact direct sur l’accès aux soins médicaux dans une bande de Gaza déjà gravement touchée par les combats, les pénuries et l’effondrement partiel des infrastructures de santé.

À Jérusalem, les autorités insistent toutefois sur le fait que la responsabilité de la situation incombe exclusivement à l’organisation concernée. « Israël n’interdit pas l’aide humanitaire. Il interdit l’aide humanitaire infiltrée par le terrorisme », résume un responsable sécuritaire. Selon lui, permettre à une ONG de continuer à opérer sans contrôle reviendrait à fermer les yeux sur des risques majeurs pour la sécurité des civils israéliens comme palestiniens.

Sur le plan international, la décision pourrait raviver les tensions entre Israël et plusieurs organisations humanitaires ainsi que certains gouvernements occidentaux. Depuis le début du conflit, Israël est régulièrement accusé de restreindre l’aide humanitaire à Gaza, accusations que Jérusalem réfute en soulignant l’ampleur des convois autorisés à entrer et la responsabilité du Hamas dans le détournement de l’aide.

Ce nouvel épisode illustre une ligne rouge clairement assumée par le gouvernement israélien : aucune organisation, quelle que soit sa notoriété internationale, ne bénéficiera d’une immunité face aux exigences sécuritaires. Dans la vision israélienne, la guerre contre le Hamas ne se joue pas uniquement sur le champ de bataille, mais aussi dans les structures civiles et humanitaires que le groupe islamiste chercherait à exploiter.

À mesure que la guerre se prolonge, le contrôle des ONG à Gaza s’impose comme un enjeu stratégique à part entière. Pour Israël, il s’agit d’éviter que l’aide humanitaire, indispensable à la population civile, ne devienne un outil au service d’organisations terroristes. Pour les ONG, la question demeure celle de l’équilibre entre neutralité humanitaire et exigences sécuritaires d’un État en guerre. Un dilemme qui, à Gaza, prend désormais une dimension explosive.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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