Encore plus que la révolution cyber : comment Israël devient une superpuissance mondiale de la defense-tech

De la traumatisme du 7 octobre, une révolution technologique et sécuritaire est en train de naître en Israël. Une révolution qui ne transforme pas seulement le champ de bataille, mais redessine aussi l’économie israélienne et pourrait bouleverser l’équilibre sécuritaire mondial. Dans les années à venir, Israël pourrait connaître des exits de plusieurs centaines de milliards de dollars dans la defense-tech, dépassant en ampleur la révolution du cyber et ébranlant les industries de défense traditionnelles.

Israël est déjà reconnu comme l’une des plus grandes puissances mondiales du cyber. Pendant des décennies, les unités d’élite de Tsahal ont formé certains des meilleurs ingénieurs et experts en cybersécurité de la planète. Plus de 500 entreprises israéliennes du cyber ont vu le jour, générant près de 100 milliards de dollars d’exits au cours des cinq dernières années בלבד. Mais aujourd’hui, une transformation encore plus profonde est à l’œuvre.

Dans la plupart des pays, l’innovation est un levier de croissance économique et de compétitivité internationale. En Israël, elle est avant tout une condition de survie. La sécurité nationale et la souveraineté dépendent directement de la capacité à innover. Cette réalité a façonné une culture unique, fondée sur la prise de risque, l’expérimentation rapide, l’échec constructif et une résilience mentale hors norme.

Le 7 octobre 2023 a brutalement rappelé une vérité douloureuse : la sécurité n’est jamais acquise. La confiance excessive dans des systèmes existants et une certaine forme de complaisance se sont révélées être des erreurs lourdes de conséquences. מאז אותו יום, Israël est engagé dans une remise en question profonde et dans une course accélérée pour corriger ces failles.

Depuis cette date, des centaines de startups de defense-tech ont vu le jour à travers le pays. Des soldats, des officiers et des réservistes identifient sur le terrain des lacunes opérationnelles et technologiques, puis quittent parfois des carrières civiles prometteuses pour créer des entreprises capables d’y répondre. Ce phénomène dépasse la simple réaction à un choc sécuritaire : il s’agit d’un mouvement sociétal plus large. Des combattants reviennent de Gaza, passent par la frontière syrienne ou libanaise, et transfèrent presque immédiatement leur expérience du champ de bataille vers l’écosystème technologique.

Un autre phénomène inédit accompagne cette dynamique : les soldats deviennent aussi investisseurs. Ces investisseurs ne ressemblent pas aux profils classiques de la finance. Ils savent reconnaître une demande opérationnelle réelle, transformer des leçons tactiques en thèses d’investissement et évaluer les entrepreneurs avec une précision unique. La question n’est plus « dans quelle unité as-tu servi ? », mais « sur quel projet as-tu travaillé, et avec quel commandant ? ». Des fonds où investissent des officiers supérieurs de réserve disposent ainsi d’une compréhension immédiate des capacités, de l’expérience et de la crédibilité des fondateurs.

Cette combinaison de savoir opérationnel de première main et de capital crée un cycle d’innovation extrêmement efficace. C’est une nouvelle étape dans l’histoire de l’innovation israélienne : ceux qui comprennent intimement les défis sécuritaires sont désormais aussi ceux qui conçoivent les outils, les systèmes et les doctrines de la guerre moderne — et future.

Nous assistons aujourd’hui à un boom d’innovation qui pourrait dépasser en ampleur la révolution du cyber. Israël pourrait générer dans les prochaines années des exits de plusieurs centaines de milliards de dollars dans la defense-tech, transformant durablement le paysage de la défense mondiale. Les États-Unis ont déjà connu ce phénomène avec des entreprises comme Palantir ou Anduril, qui ont émergé rapidement et redéfini des secteurs entiers.

La révolution cyber a fait d’Israël une « start-up nation », attirant des capitaux étrangers, stimulant les exportations et multipliant les acquisitions. La defense-tech va plus loin encore. Les technologies à double usage — militaire et civil — s’apprêtent à devenir l’un des principaux moteurs de croissance de l’économie israélienne. Ces technologies renforcent la préparation militaire tout en offrant des solutions commerciales à des marchés mondiaux.

Les exemples sont déjà visibles. Les technologies de Palantir, conçues à l’origine pour la lutte antiterroriste, sont aujourd’hui utilisées dans la santé ou les transports. Les systèmes d’autonomie d’Anduril protègent les frontières américaines tout en contribuant à la détection précoce des incendies de forêt. En Israël, des entreprises comme LimitlessCNC améliorent les processus industriels à l’échelle mondiale, tandis que Particle développe des technologies optimisant les traitements de radiothérapie pour les patients atteints de cancer.

Au-delà de son importance stratégique, la vague defense-tech représente une opportunité économique colossale. Les technologies à double usage devraient générer des revenus et des exits de plusieurs centaines de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, créer des emplois hautement qualifiés, attirer des investissements étrangers et renforcer le statut d’Israël comme puissance mondiale de l’innovation. De fait, la sécurité nationale est en train de devenir l’un des moteurs de croissance économique les plus déterminants de l’État d’Israël.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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