La Turquie aimerait avoir de meilleures relations avec Israël, mais la politique israélienne envers les Palestiniens reste « inacceptable », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan.
La Turquie et IsraĂ«l, autrefois alliĂ©s, se sont livrĂ©s un combat acharnĂ© ces derniĂšres annĂ©es. Ankara a condamnĂ© Ă plusieurs reprises la politique dâIsraĂ«l en JudĂ©e-Samarie et son traitement des Palestiniens. Il a Ă©galement critiquĂ© les rĂ©cents rapprochements nĂ©gociĂ©s par les Ătats-Unis entre IsraĂ«l et quatre pays musulmans.
Sâadressant aux journalistes aprĂšs la priĂšre du vendredi Ă Istanbul, Erdogan a dĂ©clarĂ© que la Turquie avait des problĂšmes avec « les gens du plus haut niveau » en IsraĂ«l et que les liens auraient pu ĂȘtre « trĂšs diffĂ©rents » sans ces problĂšmes.
«La politique de la Palestine est notre ligne rouge. Il nous est impossible dâaccepter la politique palestinienne dâIsraĂ«l. Leurs actes impitoyables lĂ -bas sont inacceptables », a dĂ©clarĂ© Erdogan.
« Sâil nây avait pas eu de problĂšmes au plus haut niveau, nos relations auraient pu ĂȘtre trĂšs diffĂ©rentes », a-t-il ajoutĂ©. « Nous aimerions amĂ©liorer nos relations », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Pourtant, malgrĂ© la position dĂ©clarĂ©e dâErdogan sur la question palestinienne, Ankara a rĂ©cemment nommĂ© un nouvel ambassadeur en IsraĂ«l aprĂšs une absence de deux ans, et cherchait Ă©galement Ă forger un pacte de frontiĂšre maritime avec lâEtat juif dans la mer MĂ©diterranĂ©en.
Plus tĂŽt ce mois-ci, la dĂ©cision de nommer Ufuk Ulutas, 40 ans, nouvel ambassadeur de Turquie en IsraĂ«l, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme faisant partie de la tentative dâAnkara dâamĂ©liorer les liens avec lâadministration du prĂ©sident Ă©lu amĂ©ricain Joe Biden, aux Ătats-Unis.
Officiellement, IsraĂ«l nâa pas rĂ©pondu publiquement aux efforts de sensibilisation dâErdogan.
Sur ce, un haut ministre israélien familier avec les détails des développements diplomatiques a déclaré à Israel Hayom que la situation avec la Turquie était complÚtement différente de celle des quatre pays arabes qui ont récemment signé des accords de paix avec Israël, en raison du soutien de la Turquie au Hamas.
«Le fait que le siĂšge du Hamas soit situĂ© en Turquie est trĂšs problĂ©matique. Cela empĂȘche gravement toutes reprise », a dĂ©clarĂ© le ministre. « Tant que lâapproche de la Turquie envers le Hamas ne changera pas, les relations entre les pays ne sâamĂ©lioreront pas », a-t-il ajoutĂ©.
Karel Valansi, analyste politique pour le journal en ligne turc T24, a dĂ©clarĂ© que les commentaires dâErdogan vendredi Ă©taient « une dĂ©claration positive, sans aucun doute ».
«Nous nâavons rien entendu de tel de la part du prĂ©sident turc rĂ©cemment. Depuis le printemps, il y a eu des rumeurs de normalisation entre la Turquie et IsraĂ«l. ParticuliĂšrement remarquable est lâanalyse dans la presse turque dâune Ă©ventuelle normalisation », a ajoutĂ© Valansi.
Un IsraĂ©lien qui connaĂźt trĂšs bien le prĂ©sident turc est Pini Avivi, ancien ambassadeur en Turquie entre 2003 et 2007. « Je nâai pas Ă©tĂ© surpris par le dĂ©sir dâErdogan dâamĂ©liorer les relations avec IsraĂ«l », a dĂ©clarĂ© le diplomate Ă Israel Hayom, « mais plutĂŽt le fait quâil lâa dit Ă haute voix, ce qui est incroyablement significatif. «Â
Avivi a poursuivi : «Dans la constellation de considĂ©rations dâErdogan, il est guidĂ© par deux principes centraux : le premier est le« nĂ©o-ottomanisme » et la dĂ©fense de tous les musulmans. Le second est de continuer Ă entretenir des relations avec IsraĂ«l, non pas en matiĂšre de sĂ©curitĂ© ou dâexercices militaires, mais au moins sur toute la question des relations Ă©conomiques, dont la portĂ©e est passĂ©e de 1 milliard Ă 5,5 milliards de dollars. «Â
Concernant les liens militaires et de renseignement des pays, Avivi a dĂ©clarĂ© : «Je peux comprendre que la situation dans laquelle se trouve Erdogan en Syrie le touche. Lui, comme IsraĂ«l, est trĂšs prĂ©occupĂ© par les Iraniens, et dans son cas, il est important de noter quâil est sunnite contre les chiites. Il est vrai quâil nây a pas eu de guerre entre lâIran et la Turquie depuis 300 ans, mais il y a lĂ une rivalitĂ©.
« Ce nâest pas dans le caractĂšre dâErdogan de dire une chose et dâen dire une autre », selon Avivi. «Sâil parle, il pense ce quâil dit. Au-delĂ de cela, je pense que les pays arabes qui ont Ă©voluĂ© vers la normalisation avec IsraĂ«l lâont Ă©galement affectĂ©, ainsi que la question des sanctions amĂ©ricaines », a-t-il ajoutĂ©.
IsraĂ«l a officialisĂ© ses liens avec quatre pays musulmans cette annĂ©e : les Ămirats arabes unis, BahreĂŻn, le Soudan et le Maroc. Il est apparu que des travaux Ă©taient en cours pour normaliser les liens avec une cinquiĂšme nation musulmane, peut-ĂȘtre en Asie.
Ankara a critiquĂ© les accords nĂ©gociĂ©s par les Ătats-Unis, et Erdogan avait auparavant menacĂ© de suspendre les relations diplomatiques avec les Ămirats arabes unis et de retirer son envoyĂ©. La Turquie a Ă©galement critiquĂ© la dĂ©cision de BahreĂŻn dâofficialiser les relations comme un coup dur aux efforts de dĂ©fense de la cause palestinienne.
RĂ©daction francophone Infos Israel News pour lâactualitĂ© israĂ©lienne
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