Espace aérien grec paralysé, Israéliens livrés à eux-mêmes : « Le responsable s’est mis à nous hurler dessus »

Une panne majeure des systèmes de communication de l’Autorité de l’aviation civile grecque a provoqué ce dimanche une paralysie quasi totale du trafic aérien en Grèce, semant le chaos dans les aéroports du pays – en particulier à Athènes – et laissant des milliers de passagers, dont de nombreux Israéliens, bloqués sans information claire.

Selon les autorités grecques, la défaillance technique a entraîné la suspension temporaire de toutes les arrivées et de tous les départs dans l’ensemble du pays. La panne ne s’est pas limitée aux vols intérieurs ou aux liaisons directes avec la Grèce : elle a également touché des centaines de vols internationaux traversant l’espace aérien grec, un axe stratégique reliant l’Europe occidentale au Moyen-Orient, à l’Afrique du Nord et aux Balkans.

Face à l’ampleur de la situation, Eurocontrol a activé des procédures d’urgence afin de détourner les avions vers des routes alternatives plus longues. Résultat : retards massifs, annulations en cascade et saturation des hubs européens, y compris pour les vols à destination ou en provenance d’Israël.

Scènes de chaos à l’aéroport d’Athènes

À l’aéroport international Elefthérios-Venizélos, la situation a rapidement dégénéré. Des voyageurs décrivent un climat de panique et de désorganisation totale : plus aucun siège disponible, passagers assis ou allongés à même le sol, files interminables et absence quasi totale d’annonces officielles.

Shani Kedar Cohen, une Israélienne bloquée sur place, témoigne :
« Nous sommes arrivés à l’heure prévue pour notre vol et soudain on nous a annoncé que la tour de contrôle était hors service. Toutes les arrivées et les départs étaient suspendus. L’aéroport est bondé, il n’y a pas une seule chaise libre. Les gens sont par terre. »

Selon elle, les premières heures ont été particulièrement éprouvantes :
« Pendant près de deux heures, nous étions coincés devant le contrôle de sécurité. La foule était compacte, et les agents de sécurité criaient sur les gens pour qu’ils reculent, alors qu’il n’y avait littéralement nulle part où aller. Le responsable s’est mis à nous hurler dessus. »

Ce n’est qu’après un long délai que certains passagers ont été autorisés à accéder à la zone duty-free, sans aucune certitude sur l’horaire de départ ni même sur le maintien du vol. « On tourne en rond dans le duty-free en attendant une annonce qui ne vient pas », résume-t-elle.

Une autre voyageuse israélienne décrit une détresse psychologique grandissante :
« Je suis en état de stress post-traumatique. La foule, l’incertitude, l’absence totale d’informations… c’est insupportable. On a l’impression d’avoir été oubliés. »

Effet domino sur le trafic européen

Les experts du secteur aérien soulignent que l’espace aérien grec est l’un des plus fréquentés d’Europe pour les vols de transit. Sa fermeture, même temporaire, crée un effet domino sur l’ensemble du continent : allongement des temps de vol, consommation accrue de carburant, désorganisation des équipages et reports de correspondances.

Pour les passagers israéliens, déjà confrontés depuis des mois à une instabilité du trafic aérien régional, cette panne représente une nouvelle épreuve logistique et nerveuse.

Nouveau coup dur : Arkia reporte encore ses vols

Comme si cela ne suffisait pas, la compagnie israélienne Arkia a annoncé pour le deuxième jour consécutif le report de ses vols retour depuis Batoumi vers Israël. Les vols 1416 et 416 sont cloués au sol en raison de conditions météorologiques extrêmes, notamment des vents violents rendant tout décollage dangereux.

Dans un communiqué, Arkia a précisé agir « exclusivement selon les règles de sécurité » et assuré que les passagers sont pris en charge : hébergement à l’hôtel, repas et transferts inclus. La compagnie affirme que les vols décolleront dès que les conditions le permettront, tout en présentant ses excuses pour les désagréments causés.

Une crise qui interroge

Cet épisode met en lumière la vulnérabilité des infrastructures aériennes européennes face aux pannes techniques, mais aussi les lacunes dans la gestion de crise et la communication avec les passagers. Pour de nombreux Israéliens coincés à Athènes ou ailleurs, le sentiment dominant reste celui d’un abandon total, dans un contexte déjà marqué par l’anxiété et l’incertitude des voyages internationaux.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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