Les 475 000 Juifs de France reprĂ©sentent moins de 1 % de la population du pays. Pourtant, l’annĂ©e dernière, selon le ministère de l’IntĂ©rieur français, 51% de toutes les attaques racistes ont ciblĂ© les Juifs. Les statistiques dans d’autres pays, dont la Grande-Bretagne, sont tout aussi lamentables. En 2014, les Juifs en Europe ont Ă©tĂ© assassinĂ©s, violĂ©s, battus, traquĂ©s, chassĂ©s, harcelĂ©s, et sur lesquelles on a crachĂ© et qu’on a aussi insultĂ© pour le simple fait d’ĂŞtre juif, sans oublier les insultes comme «sale Juif», « Mort aux Juifs » et « Juifs au gaz. »
L’Ă©pithète « sale Juif » a  étĂ© Ă©crit chez Zola dans « J’accuse … !, « comme le flĂ©au de notre temps. » et publiĂ© en 1898.
Le supermarchĂ© casher Hyper Cacher de la Porte de Vincennes Ă Paris, a Ă©tĂ© victime d’une attaque le 9 Janvier qui a tuĂ© quatre juifs
La rĂ©surgence de l’antisĂ©mitisme en Europe n’est pas ou ne devrait pas ĂŞtre une surprise. Un des phĂ©nomènes les moins surprenants de l’histoire de la civilisation, en fait, est la persistance de l’antisĂ©mitisme en Europe, qui a Ă©tĂ© la source de la judĂ©ophobie depuis 1000 annĂ©es.
L’Église elle-mĂŞme fonctionnait comme la centrifugeuse de l’antisĂ©mitisme jusqu’au milieu du 20e siècle. Comme Jonathan Sacks, l’ancien grand rabbin de Grande-Bretagne, l’a observĂ©, l’Europe a ajoutĂ© au lexique mondiale de la bigoterie des termes tels que « Inquisition, diffamation de sang, auto-da-fĂ©, ghetto, pogrom et Holocauste ».
L’Europe a blâmĂ© les juifs pour une encyclopĂ©die des pĂ©chĂ©s. L’Église a blâmĂ© les juifs pour avoir tuĂ© JĂ©sus; Voltaire a blâmĂ© les juifs pour avoir inventĂ© le christianisme. Dans l’esprit de fĂ©briles antisĂ©mites, les Juifs Ă©taient les usuriers et les empoisonneurs et les Ă©pandeurs de la maladie. Les Juifs Ă©taient les crĂ©ateurs du communisme et du capitalisme; ils Ă©taient clanique, mais aussi cosmopolite; lâches et bellicistes; moralistes et profanateurs de la culture bien-pensante. IdĂ©ologues et des dĂ©magogues de nombreuses permutations, les Juifs ont une force singulièrement malveillante debout entre le monde et sa perfection.
MalgrĂ© cette histoire de la douleur, les Juifs ont passĂ© de longues pĂ©riodes sans ĂŞtre inquiĂ©tĂ©s et vivent en Europe. Et mĂŞme parmi les expulsions et persĂ©cutions et pogroms, la culture juive a prospĂ©rĂ©. Les rabbins et des sages ont produit textes et Ă©crit des poèmes liturgiques qui sont encore utilisĂ©s aujourd’hui. L’Ă©mancipation et l’illumination a ouvert la culture au sens large pour les juifs, qui sont venus Ă la proĂ©minence dans la politique, la philosophie, les arts, la science comme Chagall et Kafka, Einstein et Freud, LĂ©vi-Strauss et Durkheim. Toute une civilisation florissante en yiddish.
Hitler a détruit la plupart de ce peuple et la haine des Juifs, a pris fin lorsque Berlin est tombé il y a 70 ans.
Les Ă©vĂ©nements de ces 15 dernières annĂ©es suggèrent le contraire. Nous assistons aujourd’hui au dĂ©nouement d’une Ă©poque inhabituelle dans la vie europĂ©enne, l’âge de la dispensation juive post-Shoah.
La Shoah a servi pendant un certain temps comme une sorte d’inoculation contre le retour manifeste de la haine des Juifs, mais les effets de l’inoculation s’est estompĂ©. Ce qui Ă©tait autrefois inacceptable est Ă nouveau imaginable. Le souvenirs de 6.000.000 de juifs et la culpabilitĂ© devient lourde. (Dans The Eternal antisĂ©mite , l’Ă©crivain Henryk Broder a popularisĂ© l’idĂ©e que «les Allemands ne pardonneront jamais les Juifs pour Auschwitz »). IsraĂ«l arrive comme un petit pays, mais avec un grand espoir.




