Les chances que les survivants de l’Holocauste de développer une démence sont 1,21 fois plus élevées que celles de ceux qui n’ont pas vécu l’Holocauste, selon une nouvelle étude menée à l’Université de Haïfa.
Dans cette Ă©tude, publiĂ©e le 17 juin dans le Journal of Traumatic Stress    ( Exposition au gĂ©nocide et au risque de dĂ©mence ), le Dr. Arad Kodesh, le Prof. Yitzhak Levav et le Prof. Stephen Z. Levin de l’UniversitĂ© de Haifa ont examinĂ© le risque de dĂ©velopper une dĂ©mence, qui se caractĂ©rise par une diminution de la capacitĂ© cognitive et une diminution des activitĂ©s quotidiennes chez les survivants de l’Holocauste – Un sujet qui n’a pas Ă©tĂ© examinĂ© auparavant.
«Il existe diffĂ©rentes approches contradictoires de la question des effets psychologiques de la terreur de la Shoah sur les survivants», a dĂ©clarĂ© le professeur Levin. «D’une part, les survivants de l’Holocauste ont peut-ĂŞtre dĂ©veloppĂ© des mĂ©canismes leur permettant d’ĂŞtre immunisĂ©s contre les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives telles que la dĂ©mence. D’autre part, le traumatisme de l’Holocauste peut en rĂ©alitĂ© augmenter le risque de dĂ©velopper de telles maladies. Dans notre Ă©tude, nous avons constatĂ© que les survivants sont plus vulnĂ©rables au dĂ©veloppement de la dĂ©mence. «Â
Des hypothèses contradictoires affirmant que l’exposition au gĂ©nocide passĂ© rĂ©duit (en raison de la rĂ©silience) au lieu de l’augmentation (en raison de la vulnĂ©rabilitĂ©) le risque de dĂ©mence n’ont pas encore Ă©tĂ© prouvĂ©. Cette Ă©tude a testĂ© ces hypothèses concurrentes.
Les données du registre ont été extraites sur 51 752 résidents israéliens sans démence de septembre 2002 à janvier 2012 ; les personnes sont nées entre 1901 et 1945, vivantes en janvier 2012 et suivies pour le risque de démence entre janvier 2013 et octobre 2017.
Les groupes ont Ă©tĂ© classĂ©s comme exposĂ©s Ă l’Holocauste europĂ©en, sur la base de la reconnaissance gouvernementale, ou non exposĂ©s. Les ratios de risque (HR) des modèles de rĂ©gression de Cox ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour quantifier le risque de dĂ©mence entre les groupes, en ajustant les covariables dĂ©mographiques et diagnostiques ; De plus, 12 analyses de sensibilitĂ© ont Ă©tĂ© calculĂ©es.
Au total, 10 780 participants (20,8%) ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă l’Holocauste et 5 584 (10,8%) ont reçu un diagnostic de dĂ©mence au cours du suivi. Les taux de dĂ©mence Ă©taient de 16,5% dans le groupe exposĂ© Ă la Shoah et de 9,3% dans le groupe non exposĂ©.
Parmi les 40 792 sujets qui n’ont pas survĂ©cu Ă l’Holocauste, 3803 sujets, reprĂ©sentant 9,3% de cette population, ont Ă©galement dĂ©veloppĂ© une dĂ©mence.
Après avoir pris en compte divers facteurs tels que le sexe, l’âge et le dĂ©cès au cours de la pĂ©riode de suivi, les survivants de l’Holocauste Ă©taient 1,21 fois plus susceptibles de dĂ©velopper une dĂ©mence que les personnes n’ayant pas vĂ©cu l’holocauste.
«Les rĂ©sultats de l’Ă©tude ont une signification clinique dans l’identification Ă long terme de la dĂ©mence chez les survivants de l’Holocauste et peuvent Ă©galement ĂŞtre pertinents pour les auteurs de crimes contre l’humanitĂ© en gĂ©nĂ©ral», a conclu le professeur Levin. «Cela accentue la nĂ©cessitĂ© de surveiller de près le retrait cognitif dans une population Ă risque ayant subi un traumatisme extrĂŞme et continu en gĂ©nĂ©ral et les survivants de l’Holocauste en particulier.»
« En plus des rĂ©sultats, il est important d’Ă©tudier les situations de stress prolongĂ©es en tant que facteur de risque de dĂ©mence », a-t-il notĂ©.






