France : les Ă©coles ont renvoyĂ© chez elles des dizaines d’Ă©lèves qui portaient des robes musulmanes, au mĂ©pris de la nouvelle interdiction

Atal a dĂ©clarĂ© Ă  BFM TV qu’environ 300 Ă©tudiantes sont arrivĂ©es mardi matin dans les Ă©coles du pays, vĂŞtues d’abayas, au mĂ©pris de la nouvelle interdiction des vĂŞtements musulmans. Selon lui, la plupart des Ă©tudiantes ont acceptĂ© de changer de vĂŞtements, mais 76 d’entre elles ont refusĂ© et ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es chez elles.

Atal a annoncĂ© la semaine dernière l’interdiction du port des abayas dans les Ă©coles publiques Ă  partir de l’annĂ©e scolaire en cours, affirmant que le port de ces robes, considĂ©rĂ©es comme des vĂŞtements traditionnels pour les femmes dans les pays arabes et islamiques, est contraire aux règles d’un pays dĂ©fini en tant que rĂ©publique laĂŻque. La droite française a saluĂ© cette interdiction, tandis que ses dĂ©tracteurs ont affirmĂ© qu’il s’agissait d’une atteinte aux libertĂ©s civiles.

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« La laĂŻcitĂ© n’est pas une contrainte, c’est la liberté »

Atal a indiquĂ© que les Ă©tudiantes renvoyĂ©es chez elles ont reçu une lettre adressĂ©e Ă  leurs parents, dans laquelle il Ă©tait Ă©crit que « la laĂŻcitĂ© n’est pas une contrainte, c’est la liberté ». Selon lui, s’ils reviennent dans les Ă©coles avec des abayas, ils auront une autre conversation avec eux.

Le prĂ©sident français Emmanuel Macron a dĂ©fendu cette interdiction controversĂ©e, affirmant qu’il existe une « minoritĂ© » dans le pays qui a « dĂ©tournĂ© la religion et dĂ©fie la rĂ©publique et la laĂŻcitĂ© », entraĂ®nant « les pires consĂ©quences ».. Il a Ă©voquĂ© l’assassinat, il y a trois ans, du professeur Samuel Fati , car, lors d’un cours de citoyennetĂ©, il avait montrĂ© Ă  ses Ă©lèves des caricatures du prophète Mahomet.

« Nous ne pouvons pas faire comme si l’attentat terroriste, le meurtre de Samuel Fatty, n’avait pas eu lieu », a dĂ©clarĂ© hier Macron dans un entretien Ă  la chaĂ®ne YouTube HugoDĂ©crypte. Macron a Ă©galement dĂ©clarĂ© qu’il soutenait l’idĂ©e d’uniformes scolaires.

Une association de protection des droits des musulmans a dĂ©posĂ© un recours contre la nouvelle interdiction auprès du Conseil d’État, la Cour suprĂŞme de justice administrative. Le tribunal a commencĂ© Ă  entendre la requĂŞte hier.

Les critiques de la nouvelle interdiction dans les Ă©coles publiques affirment que l’abaya n’est rien d’autre qu’une dĂ©claration de mode. Selon eux, ces robes ne constituent pas une manifestation ostentatoire de la religion et leur port dans les salles de classe ne devrait pas ĂŞtre interdit sous les auspices de la loi de 2004. La loi interdit aux Ă©lèves des Ă©coles publiques de porter des symboles religieux tels que des couvre-chefs musulmans, des kippas. , grandes croix et autres accessoires religieux « ostentatoires ».

Les autoritĂ©s françaises ont rĂ©cemment renforcĂ© leurs mesures visant Ă  protĂ©ger la laĂŻcitĂ©, un principe constitutionnel destinĂ© Ă  garantir la neutralitĂ© religieuse dans ce pays multiculturel. Les autoritĂ©s craignent que les symboles religieux ne soient une porte d’entrĂ©e vers l’extrĂ©misme islamique, qui a provoquĂ© des violences en France dans le passĂ©. Cependant, les musulmans du pays affirment que les efforts visant Ă  les rendre conformes aux autres membres de la sociĂ©tĂ© leur donnent une mauvaise rĂ©putation. L’islam est la deuxième religion en France après le christianisme.

En 2021, une loi contre le séparatisme islamique a été votée en France pour renforcer la laïcité et déraciner l’extrémisme islamique, notamment à travers l’encadrement des mosquées, des écoles et des clubs sportifs.