HĂ´pital Emek : Un bĂ©bĂ© de 4 mois meurt aux urgences apres qu’un mĂ©decin a piquĂ© le bĂ©bĂ© des dizaines de fois

Le bĂ©bĂ© a Ă©tĂ© amenĂ© Ă  l’hĂ´pital parce qu’elle Ă©tait incapable d’uriner et après environ une heure et demie de tentatives infructueuses pour prĂ©lever son sang, elle est dĂ©cĂ©dĂ©e. « Il n’y avait aucun endroit oĂą elle n’avait pas Ă©tĂ© piquĂ©e dans le lit de la rĂ©ception aux urgences. S’ils pensaient qu’elle Ă©tait dans un Ă©tat grave, pourquoi n’a t-elle pas Ă©tĂ© soignĂ©e ? Nous leur avons demandĂ© d’appeler un anesthĂ©siste pour la connecter Ă  une perfusion intraveineuse et prendre son sang, mais ils n’Ă©taient pas prĂŞts Ă  nous Ă©couter et ont essayĂ© Ă  plusieurs reprises de le faire, sans succès.

« Pendant tout ce temps, elle a criĂ© jusqu’Ă  ce qu’elle s’Ă©vanouisse. Ils l’ont vraiment maltraitĂ©e. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle meure. Ils ne nous ont pas laissĂ© entrer pour la voir mĂŞme si c’est ma petite-fille. »

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Une commission d’enquĂŞte a Ă©tĂ© constituĂ©e

Ces choses difficiles prennent un poids particulièrement lourd et tragique compte tenu du fait que Scout elle-mĂŞme est une infirmière respectĂ©e et chevronnĂ©e de l’hĂ´pital Emek, qui travaille dans le service d’oto-rhino-laryngologie depuis 40 ans. Il y a une semaine, les parents Hadas et Eli ont dĂ©posĂ© une plainte pour faute mĂ©dicale auprès du tribunal de district de Tel Aviv, exigeant une compensation financière, contre l’hĂ´pital et contre les services de santĂ© Clalit, qui sont responsables de l’hĂ´pital. Le procès, rĂ©vĂ©lĂ© ici pour la première fois, dĂ©posĂ© par l’avocate Anat Ginzburg, spĂ©cialisĂ©e dans la reprĂ©sentation des victimes de nĂ©gligence mĂ©dicale.

Il convient de noter que le ministère de la SantĂ© a créé un comitĂ© d’inspection chargĂ© d’enquĂŞter sur l’affaire, dirigĂ© par le directeur de l’unitĂ© de mĂ©decine d’urgence pour enfants de l’hĂ´pital pour enfants Dana Ă  Ichilov, le Dr Ayelet Rimon. Le comitĂ© d’inspection a Ă©tĂ© créé Ă  la demande du procureur Ginzbourg.

La lettre de demande de crĂ©ation du comitĂ© d’inspection a Ă©tĂ© Ă©crite par l’avocat Ginzburg au commissaire Ă  l’acceptabilitĂ© publique pour les professions mĂ©dicales du ministère de la SantĂ©, le Dr Boaz Lev, en dĂ©cembre 2021. Ils ont vu de leurs propres yeux ce qui est arrivĂ© face Ă  cette horreur », Ă©crit-elle.

Scout tĂ©moigne que « MĂŞme après la catastrophe, ils ne m’ont rien dit, et je n’ai rien entendu de la direction de l’hĂ´pital sur ce qui s’est passĂ©, mĂŞme si je travaille Ă  plein temps Ă  l’hĂ´pital depuis tant d’annĂ©es. Après sa mort, seule l’infirmière des urgences m’a dit : « C’est bien que vous l’ayez amenĂ©e, sinon elle serait morte Ă  la maison. Ils prĂ©tendent qu’elle est arrivĂ©e Ă  l’hĂ´pital dans un Ă©tat grave. C’est un mensonge « . « 

« Que sait l’anesthĂ©siste ? »

L’hĂ´pital d’Emek, qui dessert environ un million de citoyens et rĂ©sidents israĂ©liens dans l’Emekim et la GalilĂ©e, a Ă©tĂ© au centre d’une lutte publique et mĂ©diatique sans prĂ©cĂ©dent au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, dans le cadre de laquelle de graves allĂ©gations ont Ă©tĂ© faites de discrimination, de privation , nĂ©gligence et dommages Ă  long terme Ă  l’hĂ´pital par la direction du Fonds gĂ©nĂ©ral d’assurance maladie et la direction du ministère de la SantĂ©.

Le couple Penso vit dans le village communautaire Gan Ner Ă  Gilboa. Selon le procès, Noga est nĂ©e en mai 2021 – une sĹ“ur cadette de trois frères que « ses parents et son frère l’ont comblĂ©e ». Dans le procès, il est dĂ©clarĂ© que « tous les membres de la famille sont en bonne santĂ© sans aucune maladie gĂ©nĂ©tique ».

 

Aux urgences, la pression artĂ©rielle, la saturation et la tempĂ©rature Ă©taient normales, indique le procès. Après cela, « le mĂ©decin et les deux infirmières ont commencĂ© Ă  piquer les mains et les pieds du bĂ©bĂ© afin de prĂ©lever du sang et d’injecter une infusion. Ă€ leur demande, la grand-mère a tenu le bĂ©bĂ© pour qu’elle ne bouge pas. Le bĂ©bĂ© a souffert d’une agonie atroce, hurla et pleura hystĂ©riquement. Pendant une très longue pĂ©riode de plus d’une heure, le mĂ©decin et les infirmières ont piquĂ© le bĂ©bĂ© des dizaines de fois Ă  diffĂ©rents endroits le long des bras et des jambes, mais ils ont Ă©tĂ© incapables d’ouvrir une veine et d’administrer une perfusion, alors que tous cette fois, le bĂ©bĂ© criait et pleurait de dĂ©tresse. »

La grand-mère et la mère, est-il Ă©crit, ont suppliĂ© le mĂ©decin aux urgences et lui ont demandĂ© d’appeler un mĂ©decin-chef et un spĂ©cialiste en rĂ©animation pĂ©diatrique ou en anesthĂ©sie, mais le mĂ©decin les a dĂ©fiĂ©es « quel anesthĂ©siste en sait plus que moi ? ». Lorsque les deux ont demandĂ© Ă  prendre le bĂ©bĂ© et Ă  la calmer, le personnel a refusĂ© et a exigĂ© qu’il soit autorisĂ© Ă  poursuivre ses expĂ©riences. Au fur et Ă  mesure que le temps passait et que le personnel continuait Ă  piquer le bĂ©bĂ©, ses pleurs devenaient de moins en moins nombreux.

« La mère et la grand-mère ont supplié »

« Après plus d’une heure, lorsqu’ils n’ont pas rĂ©ussi Ă  ouvrir une veine et n’ont pas cessĂ© de piquer le bĂ©bĂ©, qui Ă©tait dĂ©jĂ  complètement effondrĂ© Ă  cause des piqures, le personnel a annoncĂ© qu’il la transfĂ©rait dans la salle de choc (oĂą les cas les plus graves sont traitĂ©s , RR) », dĂ©clare le procès. « Le bĂ©bĂ© n’Ă©tait plus capable de pleurer, de gĂ©mir et de soupirer, ses yeux se sont enfoncĂ©s, la mère l’a prise dans ses bras et l’a embrassĂ©e alors qu’elle Ă©tait dans les bras de la grand-mère et le mĂ©decin a exigĂ© que le bĂ©bĂ© se couche et ordonna Ă  la grand-mère et Ă  la mère de quitter la salle de choc et elles attendirent Ă  cĂ´tĂ©

« Environ cinq minutes plus tard, le mĂ©decin est sorti et a annoncĂ© que le bĂ©bĂ© s’Ă©tait effondrĂ© et que la RCR Ă©tait pratiquĂ©e » probablement en raison d’un problème cardiaque « . La mère et la grand-mère ont Ă©tĂ© choquĂ©es et après quelques minutes, le mĂ©decin est sorti et a annoncĂ© que les poumons du bĂ©bĂ© Ă©taient pleins de sang et l’Ă©tat n’Ă©tait pas bon. Après quelques minutes de plus, il a annoncĂ© que le bĂ©bĂ© Ă©tait mort.

« Lorsque la mère et la grand-mère sont entrĂ©es dans la chambre, elles ont vu le bĂ©bĂ© avec de nombreuses marques de piqures sur son corps. Le mĂ©decin leur a dit qu’il ne savait pas ce qui s’Ă©tait passĂ© et qu’un rapport serait dĂ©livrĂ© au ministère de la SantĂ© et au ministère de l’intĂ©rieur. » Il est Ă  noter que deux mĂ©decins ont participĂ© aux tentatives de rĂ©animation du bĂ©bĂ©, dont un mĂ©decin-chef de garde du service de rĂ©animation pĂ©diatrique, qui a Ă©tĂ© appelĂ© aux urgences. »

Dans le procès, il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait « d’une tragĂ©die grave et choquante qui ne peut ĂŞtre comprise car elle s’est produite dans un Ă©tablissement mĂ©dical de l’État d’IsraĂ«l. Le bĂ©bĂ© est mort dans une agonie sĂ©vère lorsqu’il a Ă©tĂ© traitĂ© avec nĂ©gligence par le personnel mĂ©dical aux urgences de l’hĂ´pital « Emek », alors que pendant plus d’une heure, elle a Ă©tĂ© piquĂ©e dans les bras et les jambes par une Ă©quipe non qualifiĂ©e qui n’a pas rĂ©ussi Ă  ouvrir une veine ou Ă  administrer une perfusion. L’Ă©quipe n’a pas attendu la mère et la grand-mère qui a suppliĂ© l’Ă©quipe d’appeler un spĂ©cialiste senior, jusqu’Ă  ce qu’elle s’effondre, et meure peu de temps après. »

« DĂ©faut d’infuser des fluides »

La dĂ©claration s’appuie, entre autres, sur l’avis du professeur Raphael Gurodisher, pĂ©diatre senior qui dirigeait la division de pĂ©diatrie et travaillait dans l’unitĂ© de sĂ©curitĂ© des patients et de gestion des risques Ă  l’hĂ´pital Soroka de Be’er Sheva. Le professeur Gurudisher, l’un des pĂ©diatres seniors et vĂ©tĂ©rans d’IsraĂ«l, a Ă©crit : « on ne peut pas comprendre l’insupportable arrogance que le mĂ©decin des urgences a prise lorsqu’il a piquĂ© le bĂ©bĂ© pendant plus d’une heure, et n’a pas appelĂ© un autre spĂ©cialiste pour le remplacer , et ce n’est pas pour rien qu’il a cachĂ© ces faits dans le dossier mĂ©dical. »

Le professeur Gurudisher a Ă©galement Ă©crit que « sur la base des paroles de la mère et de la grand-mère et d’un examen attentif du dossier mĂ©dical, la conclusion inĂ©vitable est que l’Ă©chec de la perfusion de fluides dans la veine du bĂ©bĂ© et le temps qui Ă©tait inĂ©vitablement nĂ©cessaire pour ces rĂ©pĂ©titions tentatives, avec des souffrances inutiles et injustifiĂ©es pour le bĂ©bĂ©, sans choisir un moyen alternatif, efficace, facile et sĂ»r avant la dĂ©cision d’essayer une veine centrale – sans Ă©quivoque, ce sont les facteurs dĂ©cisifs qui ont conduit Ă  la mort du bĂ©bĂ©. »

Il a Ă©galement Ă©crit que « le fait d’Ă©tirer la tĂŞte pour rĂ©ussir Ă  perforer la veine centrale Ă©tait une nĂ©gligence et provoquait une pression sur l’artère et un arrĂŞt de la respiration et un arrĂŞt cardiaque ». Lorsqu’une veine ne peut pas ĂŞtre ouverte, un mĂ©decin rĂ©animateur ou un anesthĂ©siste compĂ©tent en cela doit ĂŞtre appelĂ© de toute urgence, et ne pas perdre de temps au lieu de continuer Ă  piquer le bĂ©bĂ©. C’est une nĂ©gligence grave, avec arrogance et dans le but de causer la mort du bĂ©bĂ©.

Le professeur Gurudisher a poursuivi en Ă©crivant que dans la lettre rĂ©capitulative Ă©crite par le mĂ©decin de la salle d’urgence, il y a « une tentative claire de cacher les vĂ©ritables circonstances qui ont conduit Ă  la mort du bĂ©bĂ©, qui a trouvĂ© sa mort en raison d’une grave nĂ©gligence mĂ©dicale par le personnel mĂ©dical de l’hĂ´pital ‘Emek’, et il ne fait aucun doute que le traitement que le bĂ©bĂ© a reçu Ă©tait un Ă©cart marquĂ© par rapport Ă  la pratique acceptĂ©e d’une manière qui Ă©tablit une obligation de responsabilitĂ© mĂ©dicale sur l’hĂ´pital pour sa mort. »

La rĂ©ponse de l’hĂ´pital Emek : « Le bĂ©bĂ© a Ă©tĂ© rĂ©fĂ©rĂ© aux urgences le soir alors qu’elle Ă©tait dans un Ă©tat critique et après ĂŞtre tombĂ©e malade, son Ă©tat s’est aggravĂ©. Peu de temps après avoir Ă©tĂ© amenĂ©e aux urgences, ses systèmes corporels se sont effondrĂ©s, et malgrĂ© le efforts de rĂ©animation prolongĂ©s des mĂ©decins et des membres du personnel très haut placĂ©s, ils ont dĂ» dĂ©clarer son dĂ©cès. Naturellement, une explication complète des circonstances malheureuses de l’affaire sera fournie dans le cadre de la procĂ©dure judiciaire. Nous partageons la profonde tristesse de la famille. »

La rĂ©ponse du ministère de la SantĂ© : « Une enquĂŞte sur des Ă©vĂ©nements mĂ©dicaux inhabituels est professionnellement complexe  prend donc du temps. La commission d’inspection touche maintenant Ă  la fin de la collecte des matĂ©riaux, et la famille sera d’abord convoquĂ©e pour tĂ©moigner, comme il est d’usage. «Â