Un nouvel épisode de criminalité organisée met en lumière l’ampleur du phénomène du racket en Israël. Dans le nord du pays, un entrepreneur du secteur des matériaux de construction a été directement menacé après avoir refusé de céder à une demande de « protection » d’un montant de 100 000 shekels. L’intimidation n’a pas tardé à prendre une tournure particulièrement inquiétante.
Selon les informations communiquées par la police israélienne, le propriétaire de l’entreprise a découvert à l’entrée de son commerce deux bouteilles remplies d’essence, chacune reliée à un briquet, formant ainsi des engins incendiaires rudimentaires. Quelques heures plus tard, il a reçu un message explicite exigeant le paiement immédiat de la somme demandée, accompagné de menaces à peine voilées.
Le message adressé à la victime ne laissait aucune place au doute quant aux intentions de l’auteur. « Tu crois que la police va t’aider ? J’espère que le cadeau que tu as reçu t’a plu. C’est ton dernier avertissement. Tu as sûrement vu ce qui arrive aux gens comme toi. Prépare 100 000, je te dirai dans les prochains jours où les apporter. » Le ton employé visait clairement à terroriser le commerçant et à l’isoler, en cherchant à saper toute confiance envers les forces de l’ordre.
Malgré la gravité de la menace, le chef d’entreprise a choisi de ne pas céder. Il a immédiatement signalé les faits à la police, déclenchant une enquête menée par le district nord. Les enquêteurs ont mobilisé des moyens technologiques avancés afin d’identifier rapidement l’auteur de l’extorsion.
En l’espace de quelques jours, les forces de l’ordre sont parvenues à remonter jusqu’au suspect. Il s’agit d’un homme de 30 ans, résident de Bu’eina-Nujeidat. Son arrestation a été effectuée sans incident, et il a été placé en détention. Le tribunal a prolongé sa garde à vue à plusieurs reprises afin de permettre l’achèvement de l’enquête.
À l’issue des investigations, le parquet du district nord a déposé un acte d’accusation formel contre le suspect, assorti d’une demande de détention provisoire jusqu’à la fin de la procédure judiciaire. Le dossier a été transmis au tribunal de première instance de Tibériade, où il sera examiné dans les prochaines semaines.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le phénomène du racket, qui touche de nombreux secteurs économiques, en particulier dans le nord du pays. Les demandes de « dmei hassout » — frais de protection imposés par des organisations criminelles — constituent une menace directe pour les entrepreneurs, petits et moyens commerces compris. Dans de nombreux cas, ces pressions s’accompagnent d’actes de sabotage, d’incendies criminels ou de violences physiques.
La police israélienne affirme intensifier ses efforts pour enrayer cette spirale. Dans un communiqué officiel, elle a déclaré que les unités du district nord mènent « une activité soutenue et déterminée contre la criminalité, en utilisant tous les outils à leur disposition ». Les autorités soulignent leur engagement à traduire les responsables en justice afin de préserver l’ordre public et la sécurité des citoyens.
Ce dossier rappelle également l’importance, pour les victimes de tentatives d’extorsion, de signaler immédiatement les faits. Malgré la peur et les risques évidents, la coopération avec les forces de l’ordre reste, selon la police, le moyen le plus efficace de démanteler ces réseaux criminels.
Alors que l’enquête judiciaire suit désormais son cours, ce cas illustre une réalité préoccupante : refuser de payer un racket peut encore aujourd’hui exposer des entrepreneurs à des menaces graves. Mais il montre aussi qu’une réaction rapide et ferme des autorités peut permettre d’intervenir avant que ces intimidations ne se transforment en drames irréversibles.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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