Iran : au moins 10 morts lors des émeutes, Khamenei menace les manifestants

Les protestations contre la crise économique s’étendent à plus de 20 provinces. Le guide suprême appelle à la répression, tandis que Washington brandit la menace d’une intervention.

Au moins dix manifestants ont été tués en une semaine de manifestations en Iran, selon des informations relayées par des médias en exil et des organisations de défense des droits humains. Les rassemblements, déclenchés par l’aggravation de la crise économique et une inflation galopante, se sont propagés à des dizaines de villes dans plus de vingt provinces.

D’après ces sources, des dizaines de personnes ont été blessées par des tirs à balles réelles ou en caoutchouc effectués par les forces de sécurité. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements nocturnes, des slogans appelant à la mobilisation générale et des attaques ciblées contre des symboles du pouvoir, notamment des positions des milices Bassidj.

Khamenei : « Nous ne céderons pas »

Dans une allocution enregistrée diffusée samedi, le guide suprême Ali Khamenei a qualifié une partie des manifestants de « fauteurs de troubles » et appelé à leur répression. « La République islamique ne cédera pas à l’ennemi », a-t-il déclaré, tout en opérant une distinction entre des protestataires « légitimes » — notamment des commerçants affectés par l’effondrement de la monnaie — et ceux qu’il accuse de violences. « Discuter avec les premiers est possible, pas avec les seconds », a-t-il ajouté.

Violences et arrestations

Les médias d’État ont fait état de trois morts samedi dans l’ouest du pays lors d’une tentative d’intrusion armée dans un commissariat, bilan comprenant deux manifestants et un policier. L’organisation kurde des droits humains Hengaw a recensé 133 arrestations jusqu’à vendredi, un chiffre en forte hausse sur 24 heures. Des arrestations ont également été signalées dans l’ouest et le centre du pays, ainsi qu’aux abords de Téhéran, notamment contre des personnes accusées de fabriquer des engins incendiaires artisanaux.

La pression américaine

À Washington, le président Donald Trump a averti que les États-Unis « sont prêts à agir » si les forces iraniennes continuent de tirer sur des « manifestants pacifiques ». Sans détailler la nature d’une éventuelle réponse, il a affirmé que son administration suivait la situation « de très près ». De son côté, l’ambassadeur américain à l’ONU a déclaré que les États-Unis « se tiennent fermement aux côtés des Iraniens en quête de liberté ».

Une contestation qui s’intensifie

Après un bref répit à Téhéran, des manifestations ont repris dans les quartiers est et ouest de la capitale, ainsi que dans les villes de Machhad et Qom. Des images en provenance du sud et de l’ouest du pays montrent des appels à élargir la mobilisation : « Nous ne voulons pas de spectateurs, rejoignez-nous », scandent des manifestants.

Selon plusieurs analystes, la dynamique actuelle place le régime face à un dilemme : durcir encore la répression au risque d’une escalade internationale, ou laisser s’enraciner un mouvement social qui gagne en coordination et en intensité. La référence faite par Washington au précédent vénézuélien renforce la pression sur Téhéran à mesure que les violences se multiplient.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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