Le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden et les dirigeants des pays europĂ©ens parlent unanimement de « soutien inconditionnel au droit d’IsraĂ«l Ă protĂ©ger ses citoyens » après les horribles images de violence contre les civils diffusĂ©es par les fiers membres du Hamas. L’armĂ©e israĂ©lienne n’a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un soutien aussi complet et inconditionnel de la part de la communautĂ© internationale depuis l’OpĂ©ration Plomb Durci, soulignent les commentateurs des studios de tĂ©lĂ©vision.
Des appels sont lancĂ©s de toutes parts pour tirer profit de la situation et « mettre fin au Hamas ». De nombreux IsraĂ©liens, grâce aux efforts de politiciens populistes, ont l’heureuse confiance qu’IsraĂ«l aurait pu depuis longtemps dĂ©truire tous ses ennemis si ses mains n’avaient pas Ă©tĂ© liĂ©es par « toutes sortes d’ONU » et de militants hypocrites des droits de l’homme occidentaux. Par consĂ©quent, le « soutien inconditionnel » de la communautĂ© internationale est perçu comme un feu vert aux reprĂ©sailles les plus brutales – non seulement contre le Hamas, mais contre tous les Palestiniens.Â
Le ministre de la DĂ©fense Yoav Galant a promis Ă la population qu’« il n’y aura pas de retour Ă la situation telle qu’elle Ă©tait » et que l’armĂ©e israĂ©lienne « changera Gaza pour de nombreuses annĂ©es Ă venir ». Dimanche, le gouvernement a officiellement dĂ©fini l’objectif de la guerre, dont la rĂ©alisation sera considĂ©rĂ©e comme une victoire : « la destruction des capacitĂ©s militaires et administratives du Hamas et du Jihad islamique, afin de les priver de la capacitĂ© et du dĂ©sir de menacer » et nuire aux citoyens d’IsraĂ«l pendant de nombreuses annĂ©es.Â
Ă€ la grande dĂ©ception des citoyens en quĂŞte de reprĂ©sailles, le document approuvĂ© ne dit rien sur la destruction complète du Hamas, la rĂ©occupation de Gaza et la restauration du contrĂ´le israĂ©lien sur cette malheureuse bande de terre d’oĂą IsraĂ«l a retirĂ© ses troupes il y a 18 ans. L’objectif affichĂ© diffère peu de ceux de toutes les opĂ©rations militaires passĂ©es Ă Gaza, Ă commencer par « Plomb durci », lancĂ©e en 2008 en rĂ©ponse aux tirs incessants de roquettes sur la « ceinture de Gaza ». À cette Ă©poque, Tsahal avait Ă©galement carte blanche de la part des alliĂ©s occidentaux, menait une opĂ©ration terrestre Ă Gaza, Ă©liminait plus de 700 terroristes et obtenait depuis longtemps une rĂ©duction significative de l’intensitĂ© des bombardements. Mais il n’a pas Ă©tĂ© possible de « priver le Hamas de la capacitĂ© et du dĂ©sir de menacer les citoyens d’IsraĂ«l pendant de nombreuses annĂ©es » – et il n’y a aucune raison de croire que cela soit possible aujourd’hui.Â
L’armĂ©e israĂ©lienne a commencĂ© Ă appeler des centaines de milliers de rĂ©servistes, et la question sur toutes les lèvres est de savoir quand commencera l’opĂ©ration terrestre visant à « nettoyer » Gaza. Cependant, le Hezbollah a menacĂ© d’entrer en guerre si une opĂ©ration terrestre commençait. Les renseignements militaires avertissent depuis longtemps le gouvernement que l’ère des « opĂ©rations militaires limitĂ©es » pour IsraĂ«l est rĂ©volue, que nous sommes menacĂ©s d’une guerre majeure sur plusieurs fronts et que Tsahal n’est pas prĂŞt pour une telle guerre. Â
Dans une telle situation, un gouvernement responsable ne se précipiterait pas pour profiter de la « carte blanche » que nous donnent nos alliés stratégiques. Il est difficile de prédire ce que fera le cabinet de Netanyahu.




