Israël s’est retrouvé à deux doigts d’une fermeture sans précédent du Tombeau des Patriarches à Hébron, les autorités se préparant à verrouiller ce site saint millénaire après qu’un gel budgétaire ordonné par la justice l’a laissé sans financement autorisé pour son fonctionnement. La crise s’est rapidement étendue, le ministère des Services religieux avertissant qu’environ 125 lieux saints à travers le pays pourraient être affectés. Plusieurs heures plus tard, la Cour suprême a débloqué 78 millions de shekels destinés au ministère, désamorçant apparemment la menace immédiate.
Un ordre de fermeture sous quatorze jours
La crise avait débuté le 11 août, lorsque le directeur général du ministère des Services religieux, Yehuda Avidan, avait ordonné au directeur de l’administration du Tombeau des Patriarches, Amitaï Cohen, ainsi qu’au président du conseil religieux de Kiryat Arba-Hébron, Ori Tzobari, de se préparer à fermer le site dans un délai de quatorze jours, faute de source de financement autorisée pour son fonctionnement continu. Dans sa lettre, Avidan expliquait que le ministère, par l’intermédiaire de l’Administration civile en Judée-Samarie, était responsable du financement et du fonctionnement courant de ce deuxième lieu le plus saint du judaïsme, précisant que le budget de fonctionnement du site n’était pas régulé par le budget de l’État mais reposait en grande partie sur des fonds coalitionnels.
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Cette situation faisait suite à une décision de la Cour suprême suspendant les demandes budgétaires approuvées par la commission des Finances de la Knesset, laissant le ministère sans source budgétaire approuvée pour le fonctionnement du site. « Il est important pour moi de clarifier et de souligner sans équivoque que le ministère ne se dérobe pas à sa responsabilité envers le Tombeau des Patriarches, site patrimonial d’une importance religieuse et historique de premier plan », avait écrit Avidan. « Tant qu’il n’existe pas de source de financement existante et approuvée, nos mains sont liées, et il n’est pas possible de créer des engagements financiers à partir de rien. » Il avait conclu sa lettre en exprimant les « profonds regrets » du ministère face à cette situation, tout en précisant que la loi imposait de poursuivre les préparatifs jusqu’à ce qu’une source de financement autorisée soit trouvée.
La directive prévoyait la cessation totale de l’entrée des visiteurs, fidèles et touristes, ainsi que le verrouillage de l’entrée du site, en plus de préparatifs pour le licenciement d’employés, l’arrêt du travail des prestataires et fournisseurs externes, et l’annulation d’événements, célébrations et cérémonies prévus sur place.
Un avertissement sur fond de fêtes juives à venir
Selon des sources proches du dossier citées par Israel National News, la crise portait également sur d’autres lieux saints majeurs, dont le Tombeau de Rachel en Judée-Samarie et la tombe de Rabbi Shimon Bar Yohaï à Méron, dans le nord d’Israël. Des responsables du ministère des Finances et des lieux saints eux-mêmes avaient vivement critiqué la décision de la Cour suprême, avertissant de ses conséquences potentielles à l’approche du mois de Slihot et des fêtes de Tichri, période durant laquelle des centaines de milliers de fidèles se rendent traditionnellement sur ces sites. Un responsable haut placé impliqué dans la gestion des lieux saints avait averti qu’en cas de catastrophe, la responsabilité en incomberait directement aux juges de la Cour suprême. Selon des responsables cités, le gel des fonds n’établissait aucune distinction entre les différentes finalités du financement concerné, une partie des sommes bloquées ne relevant pas des accords de coalition mais étant spécifiquement destinée au fonctionnement des lieux saints.
Vendredi, la Cour suprême a finalement accepté de débloquer 78 millions de shekels destinés au ministère des Services religieux, mettant fin à la menace immédiate de fermeture qui pesait sur le Tombeau des Patriarches et l’ensemble des 125 lieux saints concernés à travers le pays.
Le Tombeau des Patriarches, considéré selon la tradition biblique comme le premier terrain acquis légalement par le peuple juif en terre d’Israël — acheté par Abraham auprès des Hittites pour y enterrer Sarah, selon le récit de la Genèse —, demeure l’un des sites les plus visités et les plus disputés du pays, sacré à la fois pour les juifs et les musulmans, qui s’y partagent des espaces de prière distincts depuis les accords consécutifs à l’attentat de Baruch Goldstein en 1994.






