Israël s’est adressée au Qatar à la veille du 7 octobre pour augmenter le transfert de fonds vers le Hamas

Une révélation lourde de conséquences vient éclairer sous un jour particulièrement troublant la politique israélienne menée dans les semaines ayant précédé l’attaque du 7 octobre. Selon une enquête approfondie, le gouvernement israélien ne s’est pas contenté de demander au Qatar de maintenir le financement du Hamas à Gaza : il a activement œuvré pour en augmenter le volume, en réponse directe aux exigences de l’organisation terroriste et sous la menace d’une escalade sécuritaire.

Début septembre 2023, une rencontre confidentielle s’est tenue dans un hôtel de Jérusalem entre des représentants officiels israéliens et un haut responsable qatari. Au cœur de cette réunion : la demande explicite d’Israël d’accroître le flux de fonds destinés à Gaza, en particulier pour l’achat de carburant. Ces fonds, parfaitement identifiés par toutes les parties comme ne bénéficiant pas aux familles palestiniennes démunies, servaient en réalité à consolider le pouvoir du Hamas et à financer son appareil administratif et sécuritaire.

L’invité central de cette réunion était Mohammed Al-Emadi, responsable qatari chargé depuis des années de superviser le transfert de centaines de millions de dollars vers Gaza – un mécanisme connu, toléré et validé par les gouvernements israéliens successifs. Jusqu’à présent, il était établi qu’Israël avait demandé au Qatar de poursuivre ces versements. Ce qui apparaît désormais, c’est une étape supplémentaire : la volonté délibérée d’augmenter ces financements, à la demande directe du Hamas.

Le contexte sécuritaire est essentiel pour comprendre cette décision. Fin août 2023, les services de sécurité israéliens ont identifié une montée des tensions à la frontière de Gaza. Le Hamas avait commencé à réactiver les « camps du retour », notamment dans le nord-est de la bande de Gaza, à l’aide d’engins lourds. Ces préparatifs, interprétés à l’époque comme un moyen de pression classique, étaient perçus par le Shin Bet, Aman et le COGAT comme une tentative de chantage : provoquer des frictions limitées pour obtenir des concessions économiques.

C’est dans ce cadre que Shin Bet et le COGAT ont soutenu une approche visant à « acheter le calme ». Les évaluations dominantes au sein de l’appareil sécuritaire affirmaient alors que le Hamas ne cherchait pas une guerre ouverte, mais une amélioration de sa situation financière et énergétique.

Un mois avant la réunion de Jérusalem, un autre responsable qatari s’était rendu à Gaza pour préparer la venue d’Al-Emadi. Il y avait rencontré Yahya Sinwar, ainsi que d’autres cadres du Hamas. Les messages transmis ensuite à Israël étaient clairs : le Hamas se disait intéressé par la stabilité et la retenue. En contrepartie, Sinwar exigeait une augmentation substantielle des financements pour le carburant, invoquant la surcharge estivale sur la centrale électrique de Gaza. Il réclamait notamment que l’achat de carburant en Égypte, financé par le Qatar, passe de trois à sept millions de dollars par mois.

Le mécanisme mis en place depuis fin 2021 mérite d’être rappelé. Pour éviter le transfert direct de liquidités au Hamas, Israël, le Qatar et le Hamas avaient convenu d’un système indirect : Doha finançait l’achat de carburant en Égypte, lequel était ensuite livré à Gaza. Le Hamas revendait ce carburant aux stations locales et utilisait les recettes pour payer les salaires de ses fonctionnaires et consolider son emprise sur la population. Officiellement humanitaire, ce dispositif s’est avéré être une source de revenus cruciale pour le régime islamiste.

Lors de la réunion de Jérusalem, les représentants israéliens ont demandé à Al-Emadi d’accepter une augmentation de ces achats de carburant. L’objectif affiché : garantir la poursuite de l’accalmie. Le responsable qatari n’a toutefois pas donné son accord immédiat.

Quelques semaines plus tard, le directeur du Mossad, David Barnea, s’est rendu à Doha pour des discussions de haut niveau. Comme l’a révélé le New York Times, les autorités qataries lui ont demandé explicitement si elles devaient continuer à transférer des fonds au Hamas. La réponse fut positive, sur instruction directe du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ce point est d’autant plus significatif que Barnea, tout comme le chef du Shin Bet Ronen Bar et son prédécesseur Nadav Argaman, s’étaient opposés par le passé à tout financement qatari du Hamas. Malgré ces objections internes, la ligne politique est restée inchangée : préserver le calme à Gaza, presque à n’importe quel prix.

Avec le recul dramatique du 7 octobre, ces choix apparaissent aujourd’hui comme un pari stratégique catastrophique. Les signaux envoyés par le Hamas, interprétés comme du chantage économique classique, relevaient en réalité d’une vaste opération de tromperie. L’organisation terroriste préparait une offensive majeure tout en exploitant la volonté israélienne d’éviter l’escalade.

À ce jour, ni le bureau du Premier ministre, ni le Shin Bet, ni le COGAT n’ont souhaité commenter ces révélations. Mais une chose est désormais claire : loin d’être un simple maintien du statu quo, la politique menée à l’égard du Qatar et du Hamas à la veille du 7 octobre visait explicitement à renforcer financièrement un ennemi qui préparait déjà l’un des pires massacres de l’histoire d’Israël.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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