Ivrognes, armes rouillées et bagarres avec des policiers : en Russie la tension autour du recrutement monte

Cet après-midi, un prĂ©cĂ©dent a Ă©tĂ© créé : un homme nouvellement recrutĂ© de Moscou s’est Ă©chappĂ© de son unitĂ© du district de Belgorod, Ă  la frontière ukrainienne, armĂ© d’un fusil d’assaut. Selon des informations locales, le conscrit s’est enfui dans un camion militaire, puis est passĂ© Ă  un vĂ©hicule privĂ© et s’est enfui dans la rĂ©gion voisine de Koursk. Peu de temps après, il a Ă©tĂ© rattrapĂ© par les forces de l’ordre.

Nouvelles recrues Ă  Volgograd. « Impossible d’accomplir la mission de Poutine », photo : AP

Il s’agit d’un Ă©vĂ©nement inhabituel, mais il ne peut ĂŞtre exclu qu’il signale le manque d’envie de combattre des recrues, certainement alors qu’il y a de plus en plus de signes que le recrutement se fait sans rĂ©pondre aux critères Ă©tablis par le ministère de la DĂ©fense. : ceux qui ont des professions militaires adaptĂ©es (chauffeurs, tireurs d’Ă©lite, mĂ©caniciens, etc.) et ceux qui ont une expĂ©rience du combat. En pratique, les gouverneurs des districts en coopĂ©ration avec les bureaux de recrutement locaux saisissent toute personne qui passe – adultes, Ă©tudiants, travailleurs de l’industrie de la dĂ©fense et autres citoyens sans expĂ©rience militaire prĂ©alable – pour respecter les quotas attribuĂ©s Ă  chaque rĂ©gion. Souvent, cela se fait Ă©galement en violation de la loi, comme dans le recrutement de pères de quatre enfants ou plus qui n’ont pas encore 16 ans. En raison du dĂ©sordre, mĂŞme les personnes bĂ©nĂ©ficiant d’exemptions mĂ©dicales – ou de types douteux, qui ne pas manquer une occasion de s’enivrer au point de perdre la reconnaissance dans les bureaux de recrutement eux-mĂŞmes – sont appelĂ©s au combat.

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« Recruter sans diagnostic ». Ambiance dans l’un des bureaux de recrutement

Un autre problème, dĂ©jĂ  documentĂ© par les recrues, est la qualitĂ© du matĂ©riel. Le fait que des chars vieux de 70 ans aient Ă©tĂ© sortis du stockage et envoyĂ©s au front au dĂ©but de l’Ă©tĂ© n’est un secret pour personne, tout comme ce n’est un secret pour personne que l’armĂ©e russe manque mĂŞme de casques. Des vidĂ©os ont dĂ©jĂ  circulĂ© aujourd’hui, dans lesquelles les recrues montrent les fusils Kalachnikov qu’ils ont reçus :

Armes rouillées reçues par les nouvelles recrues en Russie // Réseaux sociaux

Les Ă©carts par rapport aux exigences de l’ordre et les dĂ©clarations publiques ont dĂ©jĂ  conduit Ă  des cas de disputes avec des commandants de bureaux de recrutement, de refus de servir en violation de la loi, voire de provocations.

Les recrues de la rĂ©gion d’Omsk se battent avec des policiers // Association des citoyens d’Omsk

Et dans le mĂŞme temps, la fuite des citoyens russes vers les pays voisins : Finlande, Kazakhstan, Mongolie et GĂ©orgie se poursuit. Le temps d’attente pour traverser la frontière avec le voisin caucasien a atteint 36 heures aujourd’hui. La longueur de l’embouteillage est dĂ©jĂ  estimĂ©e Ă  20 km. Puisqu’il est interdit de franchir la frontière Ă  pied, des trottinettes Ă©lectriques sont proposĂ©es Ă  la vente sur les chaĂ®nes Telegram : ceux qui les utilisent ne sont plus considĂ©rĂ©s comme des piĂ©tons et parviennent donc Ă  contourner la files de voitures et entrer en GĂ©orgie.

Des hommes russes au poste-frontière « Varhani Lars » en GĂ©orgie qui ont  rĂ©ussi Ă  s’Ă©chapper, photo: AP

Dans le rapport quotidien de l’Institut pour l’Ă©tude de la guerre, qui siège Ă  Washington, il est Ă©crit aujourd’hui que « le système de recrutement russe a du mal Ă  mener Ă  bien la tâche fixĂ©e par Poutine et ne parviendra donc probablement pas Ă  produire des rĂ©serves de force, mĂŞme de de mauvaise qualitĂ©, Ă  moins que Poutine ne rĂ©ussisse Ă  corriger rapidement les problèmes fondamentaux et systĂ©miques. » Sans ou avec Connexion, hier le vice-ministre de la DĂ©fense, le gĂ©nĂ©ral Dmitri Boulgakov, qui Ă©tait en charge de l’approvisionnement technique et matĂ©riel, a Ă©tĂ© limogĂ© et remplacĂ© par le gĂ©nĂ©ral Mikhail Mizintsev, connu sous le nom de « Boucher de Marioupol ».

Pendant ce temps, en Russie, les protestations sporadiques contre la conscription partielle (et en partie aussi contre la guerre en Ukraine elle-mĂŞme) se renouvellent. Jusqu’Ă  prĂ©sent, au moins 700 manifestants ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s Ă  travers le pays. Parallèlement aux manifestations, l’incendie des bâtiments gouvernementaux et des bureaux de recrutement se poursuit. Jusqu’Ă  prĂ©sent, neuf bureaux ont Ă©tĂ© incendiĂ©s.