Cet après-midi, un prĂ©cĂ©dent a Ă©tĂ© créé : un homme nouvellement recrutĂ© de Moscou s’est Ă©chappĂ© de son unitĂ© du district de Belgorod, Ă la frontière ukrainienne, armĂ© d’un fusil d’assaut. Selon des informations locales, le conscrit s’est enfui dans un camion militaire, puis est passĂ© Ă un vĂ©hicule privĂ© et s’est enfui dans la rĂ©gion voisine de Koursk. Peu de temps après, il a Ă©tĂ© rattrapĂ© par les forces de l’ordre.

Il s’agit d’un Ă©vĂ©nement inhabituel, mais il ne peut ĂŞtre exclu qu’il signale le manque d’envie de combattre des recrues, certainement alors qu’il y a de plus en plus de signes que le recrutement se fait sans rĂ©pondre aux critères Ă©tablis par le ministère de la DĂ©fense. : ceux qui ont des professions militaires adaptĂ©es (chauffeurs, tireurs d’Ă©lite, mĂ©caniciens, etc.) et ceux qui ont une expĂ©rience du combat. En pratique, les gouverneurs des districts en coopĂ©ration avec les bureaux de recrutement locaux saisissent toute personne qui passe – adultes, Ă©tudiants, travailleurs de l’industrie de la dĂ©fense et autres citoyens sans expĂ©rience militaire prĂ©alable – pour respecter les quotas attribuĂ©s Ă chaque rĂ©gion. Souvent, cela se fait Ă©galement en violation de la loi, comme dans le recrutement de pères de quatre enfants ou plus qui n’ont pas encore 16 ans. En raison du dĂ©sordre, mĂŞme les personnes bĂ©nĂ©ficiant d’exemptions mĂ©dicales – ou de types douteux, qui ne pas manquer une occasion de s’enivrer au point de perdre la reconnaissance dans les bureaux de recrutement eux-mĂŞmes – sont appelĂ©s au combat.

Un autre problème, dĂ©jĂ documentĂ© par les recrues, est la qualitĂ© du matĂ©riel. Le fait que des chars vieux de 70 ans aient Ă©tĂ© sortis du stockage et envoyĂ©s au front au dĂ©but de l’Ă©tĂ© n’est un secret pour personne, tout comme ce n’est un secret pour personne que l’armĂ©e russe manque mĂŞme de casques. Des vidĂ©os ont dĂ©jĂ circulĂ© aujourd’hui, dans lesquelles les recrues montrent les fusils Kalachnikov qu’ils ont reçus :

Les Ă©carts par rapport aux exigences de l’ordre et les dĂ©clarations publiques ont dĂ©jĂ conduit Ă des cas de disputes avec des commandants de bureaux de recrutement, de refus de servir en violation de la loi, voire de provocations.

Et dans le mĂŞme temps, la fuite des citoyens russes vers les pays voisins : Finlande, Kazakhstan, Mongolie et GĂ©orgie se poursuit. Le temps d’attente pour traverser la frontière avec le voisin caucasien a atteint 36 heures aujourd’hui. La longueur de l’embouteillage est dĂ©jĂ estimĂ©e Ă 20 km. Puisqu’il est interdit de franchir la frontière Ă pied, des trottinettes Ă©lectriques sont proposĂ©es Ă la vente sur les chaĂ®nes Telegram : ceux qui les utilisent ne sont plus considĂ©rĂ©s comme des piĂ©tons et parviennent donc Ă contourner la files de voitures et entrer en GĂ©orgie.

Dans le rapport quotidien de l’Institut pour l’Ă©tude de la guerre, qui siège Ă Washington, il est Ă©crit aujourd’hui que « le système de recrutement russe a du mal Ă mener Ă bien la tâche fixĂ©e par Poutine et ne parviendra donc probablement pas Ă produire des rĂ©serves de force, mĂŞme de de mauvaise qualitĂ©, Ă moins que Poutine ne rĂ©ussisse Ă corriger rapidement les problèmes fondamentaux et systĂ©miques. » Sans ou avec Connexion, hier le vice-ministre de la DĂ©fense, le gĂ©nĂ©ral Dmitri Boulgakov, qui Ă©tait en charge de l’approvisionnement technique et matĂ©riel, a Ă©tĂ© limogĂ© et remplacĂ© par le gĂ©nĂ©ral Mikhail Mizintsev, connu sous le nom de « Boucher de Marioupol ».




