Jonathan Pollard sera t-il le nouveau prĂ©sident d’IsraĂ«l

Il y a environ un mois, cinq ans après la libĂ©ration conditionnelle de Jonathan Pollard (avec de sĂ©vères restrictions) du pĂ©nitencier fĂ©dĂ©ral, la Commission des libĂ©rations conditionnelles des États-Unis a Ă©mis un certificat mettant fin Ă  sa libĂ©ration conditionnelle et ils ont supprimĂ© les restrictions qui y avaient Ă©tĂ© imposĂ©es. Il avait purgĂ© une peine excessive de trente ans (certainement plus par rapport Ă  d’autres condamnĂ©s pour des crimes similaires ou pires) de sa condamnation Ă  perpĂ©tuitĂ© injuste, pour avoir transmis des informations classifiĂ©es Ă  IsraĂ«l (reconnu coupable d’espionnage et non de trahison), en aidant un pays ami.

Maintenant, lui et sa femme Esther sont venus en Israël.

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Le ministre des Affaires de la diaspora, Omer Yankelevich, a tweeté mardi soir : « Jonathan, bienvenue chez vous ».

Il a Ă©tĂ© affirmĂ© que Pollard n’a donnĂ© aux renseignements israĂ©liens que des informations que les AmĂ©ricains Ă©taient tenus de transmettre Ă  IsraĂ«l, en vertu de leurs accords de coopĂ©ration en matière de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense, mais qu’ils refusaient qui par consĂ©quent, avait embarassĂ© les AmĂ©ricains.

Les détails de son cas et de la campagne pour libérer Pollard peuvent être trouvés dans Justice for Johnathan Pollard.

Mais même avec leur libération, les Américains et les Israéliens ont encore un peu de Techouva (repentir) à faire.

De nombreux fonctionnaires et personnalités ont exprimé leur gratitude le jour de la fin de la probation. Certains ont même soulevé la question du traitement cruel par les Américains et de la trahison par les responsables israéliens dans le passé.

Le mouvement Women in Green, qui s’est battu pendant des annĂ©es pour la libĂ©ration de Pollard, a saluĂ© la dĂ©cision amĂ©ricaine de ne pas Ă©tendre les restrictions de Pollard.

Les dirigeants du mouvement, Yehudit Katsover et Nadia Matar, ont soulignĂ© que cette dĂ©cision marquait de longues annĂ©es d’injustice imposĂ©e Ă  Pollard par le système juridique amĂ©ricain. « Chaque jour oĂą Pollard a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© ou confinĂ© Ă©tait un jour de grave injustice… Le jour oĂą Pollard viendra en IsraĂ«l sera une fĂŞte pour tout le peuple juif. »

« L’Etat d’IsraĂ«l tout entier lui doit beaucoup et il est douteux qu’il puisse lui rendre une partie de ce qu’il a reçu de lui, mais il est de son devoir de faire tout son possible pour lui donner tout ce qu’il a de mieux », ont-ils dĂ©clarĂ©.

C’est pourquoi je propose de nommer Pollard Ă  la prĂ©sidence d’IsraĂ«l. Les Ă©lections des membres de la Knesset auront lieu en juillet 2021. Quelle meilleure façon de cĂ©lĂ©brer leur retour au pays.

Katsover et Matar ont Ă©galement dĂ©clarĂ© : « L’Etat d’IsraĂ«l accepte Jonathan avec beaucoup d’amour… cela rĂ©duit lĂ©gèrement le dĂ©faut moral auquel il s’est accrochĂ©, quand il l’a quittĂ© et lui a fermĂ© ses portes. »

L’ancien ministre de la DĂ©fense et prĂ©sident du parti Yamina Naftali Bennett s’est fĂ©licitĂ© de la suppression des restrictions imposĂ©es Ă  Jonathan Pollard Ă  l’Ă©poque en disant : «V’Shavu Banim L’gvulam», et les enfants retournent Ă  leurs frontières (JĂ©rĂ©mie 31 ) ». L’Etat d’IsraĂ«l a une dette profonde envers Jonathan Pollard qui nous a donnĂ© plus de 30 ans de sa vie, et nous attendons de l’accueillir et de l’embrasser ici, dans la terre d’IsraĂ«l qui est sa maison, dès que possible.

Donc, maintenant que Pollard a atterri en IsraĂ«l, Bennett soutiendrait probablement une initiative visant Ă  recruter Pollard Ă  la prĂ©sidence d’IsraĂ«l.

La prĂ©sidente de la faction Yamina Ă  la Knesset, la dĂ©putĂ©e Ayelet Shaked, a Ă©galement pris la parole Ă  la fin de la probation de Pollard : activitĂ©s jusqu’Ă  et après la libĂ©ration. J’espère sincèrement que dans un proche avenir, lui et Esther vont s’installer en IsraĂ«l. « 

Le maire de Petach Tikva, Rami Greenberg, a promis le mois dernier de nommer une place du centre-ville «Jonathan Pollard Square». Greenberg a Ă©galement exprimĂ© sa gratitude Ă  l’administration Trump pour avoir mis fin aux limitations de libĂ©ration conditionnelle de Pollard.

Le grand rabbin Safed Shmuel Eliyahu, qui a rendu visite Ă  Jonathan Pollard en prison aux États-Unis pendant des annĂ©es, a dĂ©clarĂ© Ă  Kan Moreshet le mois dernier : «Je pense que la communautĂ© juive amĂ©ricaine devrait peut-ĂŞtre vous demander pardon. Pour tenter d’ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme des AmĂ©ricains casher, ils l’ont simplement ignorĂ©. Ils oublient que nous sommes les gardiens de l’autre et qu’il ne leur est pas possible de tourner le dos Ă  quelqu’un qui a tant donnĂ© de lui-mĂŞme pour le peuple d’IsraĂ«l, quel gâchis ». Des distinctions bien mĂ©ritĂ©es vont cependant au rabbin amĂ©ricain Yakov Mencken, chef du groupe de dĂ©fense orthodoxe, la Coalition for Jewish Values ​​(CJV), qui Ă©tait en contact permanent avec Pollard.

Il est vrai que les juifs amĂ©ricains organisĂ©s, craignant l’allĂ©gation de duel de loyautĂ©, se cachaient pratiquement la tĂŞte dans le sable, alors que Pollard Ă©tait en train de pourrir en prison.

Le rabbin Eliyahu a ensuite ajoutĂ© : «Sans le peuple d’IsraĂ«l qui l’a vendu aux AmĂ©ricains, je n’aurais pas Ă©tĂ© en prison. Toutes les preuves qui l’ont accusĂ©es et mis en prison pendant tant d’annĂ©es ont Ă©tĂ© donnĂ©es par le peuple d’IsraĂ«l. J’ai entendu ces choses directement de lui quand j’Ă©tais avec lui… Il y a des gens qui Ă©taient ministres dans le gouvernement, deux d’entre eux, qui ont commis ce crime, donc Pollard Ă©tait en prison. Il a fait tout ce qu’il a fait pour le peuple d’IsraĂ«l, pour l’État d’IsraĂ«l. Nous aurions dĂ» ĂŞtre sur la clĂ´ture pour lui, mais les gens ont prĂ©fĂ©rĂ© sauver sa peau et le vendre, ce qui est une affaire très grave… Je n’ai pas donnĂ© de noms, nous sommes dans un moment heureux, mais il y avait deux personnes qui auraient pu le sauver et ils ne l’ont pas fait  » il ajouta.

Je suis sĂ»r que Shaked et le rabbin Eliyahu soutiendraient un mouvement visant Ă  faire de Jonathan Pollard le prĂ©sident d’IsraĂ«l. Ce serait la vraie techouva que l’État d’IsraĂ«l pourrait faire pour lui.

Asher Mivzari, un Ă©minent militant du mouvement pour libĂ©rer Jonathan Pollard, a Ă©galement blâmĂ© les AmĂ©ricains : «D’une part, il y a une grande joie et nous sommes reconnaissants Ă  Dieu d’avoir survĂ©cu Ă  toutes ces trente annĂ©es difficiles en prison, et d’autres. cinq ans sous restrictions. En revanche, il est tard, car il aurait dĂ» ĂŞtre libĂ©rĂ© il y a longtemps, mĂŞme en termes de simple justice. Pour ce qu’il a fait aux États-Unis, il est gĂ©nĂ©ralement condamnĂ© Ă  cinq ans de prison, mais ici, il y avait une punition si sĂ©vère qu’elle Ă©tait disproportionnĂ©e. MĂŞme les responsables amĂ©ricains [y compris ceux impliquĂ©s dans son affaire] ont dĂ©clarĂ© qu’il aurait dĂ» ĂŞtre libĂ©rĂ© il y a longtemps en termes de justice amĂ©ricaine », a notĂ© Mivzari.

C’est pourquoi je dis que l’AmĂ©rique a encore un jour de compte Ă  faire…

Mivzari a Ă©galement notĂ©, lors des frĂ©quentes visites du rabbin Mordechai Eliyahu Ă  Pollard, «Le rabbin a visitĂ© Pollard dix fois et c’est quelque chose qui lui a donnĂ© beaucoup de force pour endurer et survivre pendant toutes ces annĂ©es. Pendant toutes ces annĂ©es, il ne pensait pas seulement Ă  lui-mĂŞme, mais il se souciait beaucoup du peuple d’IsraĂ«l, de l’État d’IsraĂ«l, des personnes qui ont Ă©tĂ© blessĂ©es, de celles qui ont Ă©tĂ© blessĂ©es dans les attaques terroristes et d’autres choses. Ses pensĂ©es ne concernaient pas seulement lui-mĂŞme. Il connaissait les problèmes et les Ă©checs qui s’Ă©taient produits, mais il rĂ©flĂ©chissait surtout Ă  la manière d’aider le peuple d’IsraĂ«l et l’État d’IsraĂ«l et son rĂŞve Ă©tait de venir rejoindre le peuple d’IsraĂ«l et de contribuer tout ce qu’il pouvait avec le reste de ses forces et fais tout ce que je peux. « 

Quel exemple attentionnĂ© et dĂ©sintĂ©ressĂ© pour les jeunes IsraĂ©liens, Pollard serait, en tant que prĂ©sident d’IsraĂ«l. Mais tout le monde n’est pas content que Pollard soit enfin libĂ©rĂ© de toutes les restrictions.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert a attaquĂ© la dĂ©cision du gouvernement amĂ©ricain de lever les restrictions de libĂ©ration conditionnelle de Jonathan Pollard. Il a fait valoir : «Avec tout le respect que je vous dois, je prĂ©fĂ©rerais que vous ne dĂ©mĂ©nagiez pas en IsraĂ«l. Nous ne lui devons rien. C’Ă©tait un espion qui travaillait pour beaucoup d’argent. Ce n’Ă©tait pas un volontaire sioniste qui est venu et a sacrifiĂ© sa vie.  » Olmert n’est pas vraiment quelqu’un qui parle d’accepter de l’argent.

Il a poursuivi en disant que Pollard «était un AmĂ©ricain qui aimait IsraĂ«l et travaillait pour beaucoup d’argent, espionnant pour IsraĂ«l. Son espionnage a Ă©tĂ© bĂ©nĂ©fique [pour IsraĂ«l], mais en prenant en compte les dommages causĂ©s aux intĂ©rĂŞts d’IsraĂ«l en raison de la rĂ©vĂ©lation de son implication, c’Ă©tait le plus grave de l’histoire des relations amĂ©ricano-israĂ©liennes. « 

«Le danger d’augmenter ces dĂ©gâts n’est pas fini. Si le Premier ministre agit comme lui et organise une cĂ©rĂ©monie d’accueil festive pour Pollard, nous paierons un lourd tribut lorsqu’il y aura bientĂ´t une nouvelle administration en AmĂ©rique », s’inquiète Olmert.

C’est un non-sĂ©quentiel, car une nouvelle administration Biden planifie dĂ©jĂ  une pĂ©riode difficile pour IsraĂ«l. Jetez un coup d’Ĺ“il aux nominations probables que Biden fera, dont beaucoup sont des agents de Clinton. Une administration dĂ©mocrate de gauche modĂ©rĂ©e ramènera IsraĂ«l au ton des annĂ©es Obama, avec de nouveaux problèmes. Par exemple, la vision du plan Trump d’un État arabe palestinien a Ă©tĂ© encapsulĂ©e dans la politique pour la première fois, et pour la première fois, a Ă©tĂ© formellement acceptĂ©e par le gouvernement israĂ©lien actuel.

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a Ă©galement critiquĂ© Pollard, dans une interview accordĂ©e Ă  la radio KAN. Il a dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l n’aurait pas dĂ» recruter Pollard comme espion et que son transfert en IsraĂ«l ne devait pas ĂŞtre cĂ©lĂ©brĂ©.

Qu’a fait Liberman pour promouvoir la sĂ©curitĂ© israĂ©lienne ? Jusqu’oĂą Liberman est tombĂ© depuis ses Ă©tudes Ă  l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque, alors qu’il Ă©tait militant sur le campus du mouvement pro-juif Kach de droite du rabbin Meir Kahane.

Et le chroniqueur de Yedioth Ahronoth Nahum Barnea a Ă©crit : «Pollard n’a pas l’hĂ©roĂŻsme de l’organisation de Nili, pas mĂŞme celle d’Eli Cohen. Il a une certaine proportion ». Lui aussi s’oppose Ă  faire de Pollard un «hĂ©ros national».

Eh bien, je ne suis pas d’accord avec Olmert, Lieberman et Barnea, assez pour croire que Pollard devrait ĂŞtre Ă©lu prĂ©sident d’IsraĂ«l.

Je suggère Ă  Netanyahu, qui prĂ©tend depuis des annĂ©es, qu’il a fait tout son possible pour libĂ©rer Jonathan Pollard, de prendre la dĂ©cision courageuse et audacieuse de soutenir Pollard pour le prĂ©sident d’IsraĂ«l.

La position est en grande partie cĂ©rĂ©monielle. En tant que chef de l’État, Pollard reprĂ©senterait IsraĂ«l lors de confĂ©rences, d’Ă©tats parties, etc… L’action la plus importante que le prĂ©sident puisse entreprendre est d’accorder des grâces aux prisonniers, Ă  l’instar du prĂ©sident amĂ©ricain. C’est la position «non partisane» parfaite pour lui au sein de la constellation politique israĂ©lienne.

Qui pourrait mieux comprendre la douleur des prisonniers et de leurs familles, pour les traiter Ă©quitablement et peut-ĂŞtre annuler une injustice, que quelqu’un qui a Ă©tĂ© injustement emprisonnĂ© pendant trente ans, pour la sĂ©curitĂ© du peuple juif et de l’État d’IsraĂ«l ?

Jonathan Pollard pour le prĂ©sident d’IsraĂ«l !

Ariel Natan Pasko, analyste et consultant indĂ©pendant, est titulaire d’une maĂ®trise en relations internationales, Ă©conomie politique et analyse politique.