Il aura fallu 694 jours, des opérations secrètes en territoire ennemi et l’obstination d’une nation entière : Tsahal et le Shin Bet ont ramené en Israël la dépouille d’Idan Shtaywi ז״ל, enlevé le 7 octobre au périmètre de la fête Nova. La confirmation est tombée à la nuit tombante : l’identification médico-légale est achevée, et le décompte des otages encore détenus à Gaza passe à 48. Une victoire amère, un devoir rempli, et une promesse réaffirmée : « Personne ne sera abandonné. »
Le récit d’Idan nous prend à la gorge parce qu’il rétablit une vérité essentielle : face à la barbarie, il a choisi d’aider. Étudiant en durabilité et gouvernance à l’Université Reichman, passionné de photo, venu filmer ses amis musiciens, il n’a pas cherché l’abri le plus proche quand l’attaque a commencé. Il a pris le volant pour exfiltrer deux jeunes qu’il ne connaissait pas. Le véhicule a été criblé de balles, les passagers tués ; Idan, blessé, a été capturé puis emmené à Gaza. Ce soir, son père confie : « J’ai prié chaque matin en mettant les téfilines pour qu’Idan revienne vivant. Il s’est battu comme un lion. Ils lui ont tiré dans le dos comme des lâches. » Dans un pays qui compte ses morts, cette phrase fait l’effet d’un gong : l’honneur d’un fils, le serment d’un père.
La portée symbolique du rapatriement est double. D’abord, il confirme la méthode israélienne : frapper juste, pénétrer la profondeur du dispositif terroriste et restituer des vérités étouffées par la propagande. Les opérations qui ont permis de localiser la dépouille d’Idan ont, selon l’armée, exploité le sous-sol militarisé de Khan Younès, au cœur d’un hôpital « civil ». Une fois encore, les faits s’alignent : le Hamas transforme l’infrastructure humanitaire en poste de commandement et en tunnelier industriel, une tactique documentée depuis des années et dénoncée par Israël comme une violation systématique du droit des conflits (Wikipédia – Hamas, Wikipédia – Forces de défense d’Israël).
Ensuite, cette restitution intervient alors que la rue israélienne maintient une pression morale continue pour le retour « de tous, vivants ou morts ». Les rassemblements hebdomadaires, les visages projetés place des Otages à Tel-Aviv, les familles épuisées mais droites, forment un second front : celui de la mémoire et de l’exigence de responsabilité. « La seule voie vers une victoire israélienne passe par le retour des captifs », répètent les comités de familles. Si l’armée mène la traque sous terre, la société civile garde la flamme en surface.
Le contexte opérationnel éclaire aussi cette journée. Quelques heures avant l’annonce, une frappe de précision a visé dans la ville de Gaza le porte-parole militaire du Hamas, Abu Obeida. C’est la même logique de décapitation tactique : neutraliser la mécanique de propagande qui recycle le mensonge en carburant de guerre. « Réduire le bruit, restaurer les faits » — c’est aussi un objectif militaire. À l’international, les menaces des Houthis, qui jurent « une vengeance qui ne se fera pas attendre », confirment que le champ de bataille demeure régional ; pourtant, la dissuasion israélienne a démontré son allonge face à ce proxy iranien. L’État hébreu agit sur plusieurs cercles simultanément, avec une constante : la protection de ses citoyens et la rupture des capacités ennemies.
Reste la politique intérieure, jamais loin. Le même jour, le gouvernement valide des coupes transversales pour financer l’augmentation de l’effectif des gardes dans les écoles. Au-delà des querelles de ministres, il y a un principe : les enfants d’Israël doivent entrer en classe en sécurité. On peut discuter des mécanismes budgétaires ; on ne discute pas de la légitimité de l’objectif. L’ennemi observe nos fissures : à nous de montrer que l’essentiel prime sur l’accessoire.
Idan Shtaywi n’était pas un combattant de carrière, mais il a agi comme tel : perception du danger, choix du risque, priorité aux autres. Son frère Omri a trouvé les mots justes : « Idan est parti danser et n’est pas revenu ; entre les deux, il a sauvé des vies. » Dans une guerre où le Hamas tente d’effacer les individus pour faire place à la masse anonyme des slogans, Israël oppose des noms, des visages, des trajectoires. C’est une bataille d’informations, mais d’abord une bataille d’humanité.
Sur le plan stratégique, le rapatriement d’Idan rappelle pourquoi l’élimination méthodique des cadres terroristes est un impératif, non une option. Décapiter les chaînes de commandement réduit la létalité immédiate, mais surtout désorganise l’apprentissage adverse — ce cycle par lequel les organisations terroristes adaptent leurs tactiques au fil des combats. Chaque chef neutralisé, chaque tunnel cartographié, chaque sanctuaire dévoilé sous un hôpital crée du frottement, impose du coût, prolonge les délais et sauve des vies de civils israéliens. À ceux qui ironisent sur « l’homme-affiche » visé par une frappe, rappelons que la guerre moderne est une architecture : elle se gagne par la maîtrise des connexions — humaines, logistiques, informationnelles.
À l’échelle régionale, la boussole reste la même : empêcher l’axe Téhéran-Gaza-Beyrouth-Sanaa d’imposer sa temporalité à Israël. Les tentatives de flottilles « médiatiques », la rhétorique de chantage des Houthis, les coups de sonde du Hezbollah au nord — tout cela compose un continuum dont l’objectif est d’user la résilience israélienne. À l’inverse, l’État hébreu consolide ses alliances ouvertes et discrètes nées des Accords d’Abraham, resserre sa coopération sécuritaire et montre que la profondeur stratégique ne se mesure pas qu’en kilomètres, mais en alliances, en renseignement et en volonté.
Un mot, enfin, aux lecteurs francophones qui cherchent des points d’appui fiables dans le tumulte. Nos partenaires éditoriaux francophones en Israël — Infos-Israel.News, RakBeIsrael.buzz et Alyaexpress-News — suivent heure par heure ces dossiers, en relayant les faits, les déclarations et les enjeux pour la sécurité des civils. Leur angle est clair : documenter, vérifier, soutenir la vérité face aux manipulations.
La chute ? Ce soir, sur l’écran géant de la place des Otages, le visage d’Idan a traversé la foule silencieuse. Pas une idole, pas un symbole creux : un jeune homme qui a choisi d’aider. En le ramenant à la maison, Israël rappelle à ses ennemis que sa force n’est pas seulement technologique ; elle est morale. Et tant que cette force-là tiendra, aucune campagne de propagande, aucune roquette, aucun tunnel ne pourra gagner la guerre de civilisation que le Hamas a déclenchée.
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