Dans un nouvel Ă©pisode du podcast « On the Meaning », l’avocat Tamir Dortal s’est entretenu avec Eldad Beck, Ă©crivain et journaliste vivant Ă Berlin, sur la complexitĂ© des relations entre IsraĂ«l et les pays europĂ©ens, et en particulier l’Autriche, Ă la lumière de la montĂ©e du pouvoir du droit souverain.
Beck, l’auteur du livre « Late Reconciliation », affirme que le tableau est beaucoup plus complexe que le rĂ©cit conventionnel d’une « mauvaise droite fasciste et d’une gauche sympathique ». Il offre un point de vue pointu et poignant et soulève des questions sur l’attitude d’IsraĂ«l envers l’Europe et sa politique face au phĂ©nomène croissant des partis souverains de droite.
« La gauche europĂ©enne constitue le plus gros problème en termes d’antisĂ©mitisme et d’anti-israĂ©lisme », affirme Beck dans une interview. Il affirme qu’IsraĂ«l commet une grave erreur stratĂ©gique en adoptant une politique de boycott gĂ©nĂ©ralisĂ© contre ces partis, sans faire de distinction entre les diffĂ©rentes nuances au sein de la droite et sans identifier les opportunitĂ©s de collaboration potentielle. Beck prĂ©sente Sebastian Kurz, l’ancien chancelier autrichien, comme un exemple de leader de droite ayant adoptĂ© une position clairement pro-israĂ©lienne. Selon lui, « vous [en IsraĂ«l] nous regardez, nous les partis de droite souveraine, tels que nous l’Ă©tions il y a 40 ans, et non tels que nous le sommes aujourd’hui ». Il critique sĂ©vèrement le ministère israĂ©lien des Affaires Ă©trangères, qui, selon lui, est « coincĂ© dans les annĂ©es 1970 » et ne parvient pas Ă adapter sa politique Ă la rĂ©alitĂ© changeante.
Beck partage avec Dortel une histoire Ă©mouvante et incroyable sur un incident survenu dans sa propre famille dans le Berlin nazi. En 1943, dans le cadre de l’opĂ©ration Judenrein, dont le but Ă©tait de purger Berlin des Juifs, des pères juifs issus de familles mixtes furent arrĂŞtĂ©s et leurs enfants placĂ©s en dĂ©tention. Les mères sont sorties manifester dans la rue et ont exigĂ© la libĂ©ration de leurs proches. La protestation, qui a durĂ© une semaine entière, a rĂ©ussi Ă obtenir la libĂ©ration des pères et des enfants. « Dans l’Allemagne nazie, le rĂ©gime Ă©tait sensible Ă l’opinion publique », explique Beck. « Ces manifestations prouvent que mĂŞme dans les moments sombres, il y avait une opposition au rĂ©gime. »
Beck critique vivement l’approche de nombreux chercheurs allemands, sous la direction de Joachim Fest, qui affirment que la nation allemande a Ă©tĂ© « kidnappĂ©e » par les nazis. « Le peuple allemand a commis l’Holocauste, pas les nazis », dĂ©clare Beck. « Parler de ‘crimes commis au nom du peuple allemand’ comme si quelqu’un prenait possession du peuple allemand, c’est tenter d’Ă©chapper Ă ses responsabilitĂ©s. »
Ă€ la fin de l’interview, Beck met en garde contre une « conquĂŞte rampante de l’Occident par le monde arabe musulman » et prĂ©sente les Ă©meutes d’Amsterdam après l’opĂ©ration « Wall Guardian » comme un exemple de cette tendance. Il critique la gauche europĂ©enne qui soutient les communautĂ©s musulmanes extrĂ©mistes et met en garde contre l’anarchie et la guerre civile. Beck Ă©voque Ă©galement le cas du mandat d’arrĂŞt international contre Netanyahu, et explique que n’importe quel juge français peut dĂ©cider d’arrĂŞter l’ancien premier ministre, malgrĂ© une dĂ©cision politique du gouvernement français.
L’interview d’Eldad Beck sur le podcast « On the Meaning » offre une perspective nouvelle et stimulante sur la relation entre IsraĂ«l et l’Europe et sur les dangers rĂ©els auxquels sont confrontĂ©s les Juifs au 21e siècle.





