Khamenei ordonne l’usage de la force contre les manifestants – et essuie une réaction internationale inattendue

L’Iran a connu dans la nuit de samedi à dimanche un septième jour consécutif de soulèvement populaire, marqué par une intensification sans précédent de la répression. Selon des organisations de défense des droits humains et des sources locales concordantes, des manifestations ont éclaté dans 174 points distincts, répartis dans 60 villes et 25 provinces à travers le pays. Le bilan provisoire fait état d’au moins 16 morts, dont 15 manifestants et un membre des forces de sécurité, ainsi que de centaines d’arrestations et de blessés, plusieurs touchés par des tirs à balles réelles.

D’après les chiffres disponibles, au moins 582 personnes ont été arrêtées depuis le début de la vague de protestation, parmi lesquelles figurent de nombreux mineurs. Quarante-quatre manifestants auraient été blessés par des tirs à balles réelles ou en caoutchouc. Sur le terrain, des témoignages font état d’une aggravation nette des méthodes de répression : usage massif de gaz lacrymogènes, passages à tabac, tirs directs sur la foule et raids nocturnes ciblant les domiciles d’activistes.

La ville de Malekshahi, dans la province d’Ilam, au sud-ouest du pays, est devenue l’épicentre le plus meurtrier des affrontements. Les forces de sécurité y ont ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants, provoquant plusieurs morts et blessés. L’agence de presse Fars, proche des Gardiens de la Révolution, a reconnu la mort de trois personnes. Des sources locales évoquent une saturation des hôpitaux et une pénurie critique de poches de sang.

Des affrontements violents ont également été signalés à Shiraz, Machhad et Téhéran, où des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des civils battus par les forces de l’ordre et des tirs nourris pour disperser les foules. Dans plusieurs quartiers centraux de la capitale, des slogans hostiles au régime et au guide suprême ont été scandés à haute voix, signe d’un tabou de plus en plus brisé.

Face à l’ampleur du mouvement, le guide suprême Ali Khamenei a adopté un ton particulièrement dur. Dans un message publié sur la plateforme X, il a qualifié les manifestants de « fauteurs de troubles » et exigé un écrasement ferme des protestations, affirmant que « l’Iran ne cédera pas à ses ennemis ». De manière inhabituelle, ce message a suscité une réaction directe du milliardaire Elon Musk, qui lui a répondu laconiquement : « Dans tes rêves. » Une réplique largement relayée et commentée sur la scène internationale.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a tenté d’adopter une ligne plus nuancée. Tout en accusant des « forces étrangères » d’attiser le chaos, il a reconnu implicitement l’ampleur du malaise social. Dans le même temps, des voix rares mais significatives se sont élevées au sein même du régime. Le député Ahmad Naderi a admis publiquement que l’inflation galopante, l’effondrement de la monnaie nationale et l’insécurité économique constituent les causes profondes de la colère populaire.

La contestation dépasse désormais le cadre des manifestations de rue. Des grèves massives ont été signalées dans le grand bazar de Téhéran et dans plusieurs villes de province. Des étudiants, des universitaires et des artistes rejoignent le mouvement. À l’université de Shiraz, un panneau représentant Qassem Soleimani, figure emblématique du régime, a été incendié — un geste à forte charge symbolique.

Depuis l’étranger, le prince héritier en exil Reza Pahlavi a appelé les manifestants à bloquer les axes stratégiques afin de paralyser les forces de répression, saluant le « courage exceptionnel » de la jeunesse iranienne. Selon lui, le régime est engagé dans une dynamique de perte de contrôle irréversible.

Parmi les victimes identifiées figurent Amirhossein Bayati, jeune marié tué à Hamedan, Sajad Valamanesh, 20 ans, abattu à Lordegan, et Ahmadreza Amani, avocat stagiaire tué à Azna. Les familles dénoncent de fortes pressions des autorités, qui chercheraient à empêcher la restitution des corps et à requalifier les décès en violences internes entre manifestants.

Sur le plan international, les réactions se multiplient. L’Union européenne et l’Allemagne ont exprimé leur profonde inquiétude face à l’usage disproportionné de la force, appelant Téhéran à la retenue et au respect des droits fondamentaux. Malgré ces appels, le régime iranien semble se préparer à de nouvelles nuits d’affrontements, dans un climat où la peur et la détermination progressent simultanément.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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