La Cour internationale de Justice de La Haye enquĂȘte sur la lĂ©gitimitĂ© d’Israel Ă  se dĂ©fendre

La Cour internationale de Justice de La Haye tient des audiences suite Ă  une demande de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies sur « les consĂ©quences juridiques de la violation continue par IsraĂ«l du droit du peuple palestinien Ă  l’autodĂ©termination, Ă  « l’occupation », aux « colonies » et Ă  l’annexion des « territoires occupĂ©s » en 1997 ».

L’audition rĂ©unira des reprĂ©sentants de 50 pays, dont les États-Unis, l’Angleterre, l’Afrique du Sud, l’Iran et l’Égypte.

D’un cĂŽtĂ©, la dĂ©cision du tribunal n’aura pas de consĂ©quences pratiques immĂ©diates, mais de l’autre, on craint que le fait de reconnaĂźtre « l’occupation de la JudĂ©e et de la Samarie » comme illĂ©gale n’affecte le statut d’IsraĂ«l dans le monde. Cela pourrait compliquer la position d’IsraĂ«l au milieu de la rĂ©surgence de la question de la crĂ©ation d’un État palestinien et des dĂ©clarations des politiciens occidentaux quant Ă  leur volontĂ© de reconnaĂźtre un tel État de maniĂšre unilatĂ©rale.

IsraĂ«l ne reconnaĂźt pas la compĂ©tence de ce tribunal et n’a pas envoyĂ© de reprĂ©sentants aux audiences.

L’initiatrice de l’appel de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale Ă  La Haye Ă©tait l’AutoritĂ© palestinienne. Lors de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies en dĂ©cembre 2022, l’appel de l’AutoritĂ© palestinienne a Ă©tĂ© soutenu par 87 États, 23 ont votĂ© contre et 52 se sont abstenus.

Le ministre palestinien des Affaires Ă©trangĂšres, Riad Maliki, s’est lancĂ© dans un long discours lors de l’audience, utilisant toutes les Ă©tiquettes jamais attachĂ©es Ă  l’État juif. Il a dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l « commet les crimes du colonialisme et de l’apartheid contre le peuple palestinien ». Selon Maliki, IsraĂ«l a offert aux Palestiniens le choix entre le transfert, l’asservissement et la mort » et mĂšne une politique de « nettoyage ethnique, d’apartheid et de gĂ©nocide » dans les territoires.

« Un Palestinien passe toute sa vie en tant que rĂ©fugiĂ©. On lui refuse le droit Ă  la dignitĂ© et au retour chez lui (c’est-Ă -dire une maison Ă  Jaffa ou HaĂŻfa – ndlr), il vit sous la menace de l’emprisonnement, du vol de ses terres, de la colonisation et de l’annexion », a dĂ©clarĂ© Maliki. Et la faute si les Palestiniens n’ont pas d’État, selon lui, est uniquement celle d’IsraĂ«l, et non de la sociĂ©tĂ© palestinienne, qui Ă  plusieurs reprises depuis 1948, avant les propositions d’Olmert, a rejetĂ© tout compromis avec l’État juif.

Maliki a exigĂ© que le tribunal dĂ©clare l’occupation illĂ©gale et a exigĂ© « sa fin immĂ©diate, complĂšte et inconditionnelle ». 

Tamar Megido, spĂ©cialiste du droit international Ă  l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque, a dĂ©clarĂ© Ă  Haaretz que l’ONU ne croit pas que l’occupation de Gaza ait pris fin aprĂšs le dĂ©part du dernier soldat et « colon israĂ©lien ». Ils estiment que le blocus terrestre, aĂ©rien et maritime strict du secteur et le contrĂŽle total de ses infrastructures vitales font qu’il est impossible de dire que « l’occupation » est terminĂ©e. Tamar Megiddo affirme que la rĂ©ponse Ă  cette question en influencera une autre : celle de savoir si IsraĂ«l peut prĂ©tendre avoir agi en Ă©tat de lĂ©gitime dĂ©fense aprĂšs le 7 octobre. 


RĂ©daction francophone Infos Israel News pour l’actualitĂ© israĂ©lienne
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