« C’est la première fois qu’autant de personnes accusĂ©es de collaborer avec IsraĂ«l sont dĂ©tenues, et c’est Ă cause de la crise », a dĂ©clarĂ© l’autre source sĂ©curitaire. Tous deux ont parlĂ© sous couvert d’anonymat.
Le Liban subit depuis 2019 une grave crise financière et Ă©conomique qui a provoquĂ© l’effondrement de la monnaie nationale, conduit les banques Ă geler les dĂ©pĂ´ts et plongĂ© une grande partie de la population dans l’extrĂŞme pauvretĂ©.
« C’Ă©tait une aubaine pour les IsraĂ©liens, qui ciblaient les Libanais sur les rĂ©seaux sociaux avec des offres d’emploi pour de fausses entreprises », a dĂ©clarĂ© la deuxième source.
Un recruteur appelait alors les candidats , dont certains ne savaient pas qu’ils avaient Ă©tĂ© contactĂ©s par une agence d’espionnage israĂ©lienne.
De toutes les personnes dĂ©tenues depuis 2019, seules trois auraient travaillĂ© avec IsraĂ«l avant la crise , a dĂ©clarĂ© l’une des sources. Sur les 185, jusqu’Ă prĂ©sent, 165 ont Ă©tĂ© poursuivis et 25 reconnus coupables et condamnĂ©s.
Parmi les suspects, deux avaient directement contactĂ© l’ agence de renseignement israĂ©lienne Mossad pour travailler via son site Internet.
Une source a dĂ©clarĂ© que plusieurs dĂ©tenus qui soupçonnaient avoir Ă©tĂ© contactĂ©s par les services de renseignement israĂ©liens « sont allĂ©s quand mĂŞme parce qu’ils n’avaient aucun problème avec IsraĂ«l et dĂ©testaient le Hezbollah », un groupe terroriste soutenu par l’Iran et ayant une grande influence sur la vie politique libanaise. IsraĂ«l et le Hezbollah ont menĂ© une guerre de 33 jours au Liban en 2006.
Plus tĂ´t cette annĂ©e, le Liban a arrĂŞtĂ© 21 personnes soupçonnĂ©es d’ĂŞtre des espions pour IsraĂ«l, a indiquĂ© une source judiciaire Ă l’AFP en janvier.
Au fil des ans, les services de sĂ©curitĂ© libanais ont dĂ©tenu des dizaines de personnes soupçonnĂ©es de collaboration avec IsraĂ«l, dont certaines ont Ă©tĂ© condamnĂ©es Ă des peines allant jusqu’Ă 25 ans de prison.
Entre avril 2009 et 2014, les autoritĂ©s libanaises ont dĂ©tenu plus de 100 personnes accusĂ©es d’ espionnage pour IsraĂ«l , pour la plupart des militaires ou des employĂ©s des tĂ©lĂ©communications, avant que le rythme des arrestations ne commence Ă ralentir pendant plusieurs annĂ©es.




