Il semble que Sophie Legrand, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du syndicat de la magistrature, soit plus choquĂ©e par la manifestation d’hier suite Ă la dĂ©cision incomprĂ©hensible de la justice en France d’innocenter un islamiste qui a torturĂ© et tuĂ© une femme car elle est juive.
Alors que des voix s’élèvent pour demander une révision de la loi après les affaires Sarah Halimi, le Conseil de la magistrature s’est insurgé dimanche contre la « mise en cause » de la justice.
On ne remet pas en cause la justice, selon Sophie Legrand, secrétaire générale du syndicat de la magistrature, qui dénonce un affaiblissement de la justice face au pouvoir politique.
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblĂ©es dimanche en France et notamment Ă Paris, Ă l’appel de collectifs citoyens et de reprĂ©sentants de la communautĂ© juive, pour contester l’absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi en 2017. Le meurtrier de cette sexagĂ©naire juive a Ă©tĂ© jugĂ© irresponsable pĂ©nalement par la Cour de Cassation. Tout en entĂ©rinant le caractère antisĂ©mite du crime, la plus haute juridiction judiciaire avait confirmĂ© l’abolition du discernement du meurtrier, pris d’une « bouffĂ©e dĂ©lirante » lors des faits, selon sept experts consultĂ©s.
Même Emmanuel Macron à réclamer « un changement de la loi ».
« On se retrouve sans cesse Ă modifier les lois Ă la faveur d’une seule affaire qui est certes dramatique et atroce, et ça, on n’en disconvient pas du tout, il est normal que la victime ait vĂ©cu cette dĂ©cision de façon violente. Mais est-ce qu’il faut changer la loi Ă chaque fois qu’on a un type d’affaire de ce genre ? Je ne sais pas », a rĂ©agi dimanche sur Europe 1 Sophie Legrand, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du syndicat de la magistrature.
« Dans l’affaire Sarah Halimi, on parle dĂ©jĂ de revoir totalement le mĂ©canisme sur l’irresponsabilitĂ© pĂ©nale pour cause de trouble mental, voire de changer la loi pour ce qui est des troubles mentaux qui seraient occasionnĂ©s par une addiction ancienne au cannabis. On a le sentiment qu’on a une baisse des Ă©quilibres entre les diffĂ©rents pouvoirs et autoritĂ©s. Face Ă une autoritĂ© judiciaire faible, le pouvoir politique a un boulevard », a-t-elle poursuivi.
De son cĂ´tĂ©, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a annoncĂ© dimanche la prĂ©sentation « fin mai » en Conseil des ministres d’un projet de loi visant à « combler » un « vide juridique », après que la Cour de cassation a confirmĂ© l’irresponsabilitĂ© pĂ©nale du meurtrier de Sarah Halimi, sexagĂ©naire juive tuĂ©e en 2017 Ă Paris. Cette annonce fait Ă la suite d’une demande du prĂ©sident Emmanuel Macron.
Source : Europe 1
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