Au lieu d’inspirer confiance Ă la communautĂ© juive, un rapport du gouvernement français sur le meurtre de Sarah Halimi publiĂ© plus tĂ´t en janvier soulève davantage de questions, a rapportĂ© vendredi l’Agence tĂ©lĂ©graphique juive.
Sarah Halimi, une femme mĂ©decin et enseignante Ă la retraite de 65 ans, a Ă©tĂ© assassinĂ© lors d’une attaque brutale en 2017. Son voisin, Kobili TraorĂ©, fils d’immigrĂ©s du Mali, a fait irruption dans l’appartement parisien de Sarah Halimi et l’a battue en criant « Allahu akbar », « J’ai tuĂ© le Satan » et des versets coraniques. Il a ensuite jetĂ© le corps de la pauvre femme de son balcon du troisième Ă©tage dans la rue en contrebas.
Il a fallu trois mois aux autoritĂ©s françaises pour reconnaĂ®tre l’attaque comme antisĂ©mite. Un tribunal a estimĂ© que TraorĂ© avait des motivations antisĂ©mites mais a Ă©galement jugĂ© que parce qu’il avait consommĂ© de la marijuana, il n’Ă©tait pas responsable de ses actes. TraorĂ©, qui n’a jamais Ă©tĂ© jugĂ© pour la mort de Sarah Halimi, est actuellement dĂ©tenu dans un Ă©tablissement psychiatrique.
Une commission parlementaire dirigĂ©e par le lĂ©gislateur juif français Meir Habib a commencĂ© Ă enquĂŞter sur l’incident en septembre. Le comitĂ© s’est concentrĂ© sur les dĂ©cisions prises par la police, les psychiatres et la justice.
Le rapport, tel que décrit par la JTA, brosse un tableau décevant.
Les voisins ont appelĂ© la police après avoir entendu les cris de Sarah Halimi, et un voisin a mĂŞme fourni aux agents la clĂ© de l’appartement avant la mort de Sarah Halimi.
Bien que la police ait Ă©tĂ© littĂ©ralement devant la porte pendant que TraorĂ© poursuivait son attaque, le rapport a conclu que la police avait suivi les procĂ©dures et n’aurait pas pu empĂŞcher sa mort. Les conclusions du rapport notent que le traitement de l’affaire par la police « ne reprĂ©sente pas un Ă©chec ».
Le rapport du gouvernement a conclu que l’Ă©valuation psychiatrique Ă©tait « de bonne qualité » malgrĂ© ce que la JTA a dĂ©crit comme des « circonstances difficiles » pour les professionnels de la santĂ© impliquĂ©s.
Quant à la justice, « le pouvoir judiciaire a parfaitement suivi la procédure » déterminée par la loi, selon le rapport.
Habib et deux membres non juifs de la commission parlementaire se sont opposĂ©s aux conclusions, affirmant qu’elles dĂ©fiaient le bon sens, a rapportĂ© la JTA. Pourtant, le comitĂ© a approuvĂ© le rapport par un vote de 7-5.
Dans des entretiens depuis la publication du rapport, Habib a comparĂ© les conclusions Ă l’affaire Dreyfus dans laquelle l’officier militaire juif français Alfred Dreyfus a Ă©tĂ© condamnĂ© pour de fausses accusations de trahison en 1894.
« C’est un cas tragique. C’est une seconde affaire Dreyfus. C’est un dĂ©ni. C’est une honte. Il n’y a pas eu de procès, le meurtrier est en route vers la libertĂ© », a dĂ©clarĂ© Habib Ă Radio J, un radiodiffuseur juif local.
Les collègues lĂ©gislateurs « ont refusĂ© de dire la vĂ©ritĂ©, ont refusĂ© de venir avec nous sur le site pour voir les conditions, pour voir si les 10 policiers qui Ă©taient lĂ ont menti quand ils ont dit qu’ils n’avaient pas entendu un seul cri d’une femme qui a demandĂ© de l’aide pendant ces longues 14 minutes, et avait rĂ©veillĂ© tout l’immeuble. Et oui, ils ont menti.
En dĂ©cembre, le SĂ©nat français a adoptĂ© une loi annulant les dĂ©fenses d’aliĂ©nation mentale temporaire liĂ©es Ă l’usage volontaire de drogues. La lĂ©gislation est considĂ©rĂ©e comme une rĂ©ponse à «l’affaire Halimi».





