« La réponse sioniste à l’Iran » : des dizaines d’immigrants atterrissent en Israël malgré la guerre

Alors que l’Iran tire des missiles sur les villes israéliennes et que le Hezbollah ouvre un second front depuis le Liban, des dizaines de nouveaux immigrants juifs ont atterri en Israël dans les premières heures du 26 mars 2026. Des images et des vidéos de leur arrivée, partagées par le ministère de l’Aliya et de l’Intégration, ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux israéliens, avec une légende qui a frappé les esprits : « La réponse sioniste à l’Iran ».

Ces arrivées surviennent dans l’ombre de l’opération « Rugissement du Lion » — à un moment où 110 000 Israéliens bloqués à l’étranger venaient tout juste d’être rapatriés dans le cadre de l’opération « Ailes du Lion », et où l’atmosphère générale dans le pays est marquée par les alertes nocturnes et les abris anti-bombes. L’image de nouveaux immigrants débarquant de l’avion en pleine guerre est ainsi perçue par une partie de la société israélienne comme un acte de foi et d’affirmation identitaire — la preuve vivante que le projet sioniste résiste à l’adversité.

Le phénomène n’est pas uniquement symbolique. Depuis l’escalade de la guerre, l’Agence Juive a lancé le Fonds « Lions qui rugissent » avec le soutien des Fédérations juives d’Amérique du Nord, du Keren Hayessod et du mouvement Haruach Hayisraelit, destiné à aider les victimes des attaques de missiles iraniens. En parallèle, des signalements indiquent un regain d’intérêt pour l’immigration en Israël dans certaines communautés de la diaspora, y compris dans des pays où la pression antisémite s’est accentuée.

Le contraste entre la réalité d’une guerre active et l’arrivée de familles choisissant précisément ce moment pour immigrer constitue l’un des paradoxes les plus saisissants du conflit actuel. Des témoignages recueillis par des journalistes israéliens font état de personnes qui avaient planifié leur aliya depuis des mois et refusé de reporter leur projet malgré l’escalade militaire. « Si on devait mourir, autant mourir en Israël », aurait déclaré l’un d’eux, dans une formule qui concentre à elle seule toute la complexité de l’attachement identitaire à l’État hébreu.

Cette vague d’immigration dans le contexte guerrier interroge aussi sur la capacité de l’État d’Israël à accueillir et à intégrer de nouveaux arrivants en période de crise. Les ressources du ministère de l’Intégration et de l’Absorption sont déjà fortement sollicitées par les déplacements internes — les habitants du nord d’Israël évacués en raison des tirs de roquettes, les résidents dont les logements ont été endommagés par des missiles iraniens. Que l’État choisisse de mettre en valeur ces arrivées comme symbole de résilience nationale plutôt que de les dissimuler est en soi un choix politique fort, qui dit quelque chose sur la manière dont Israël souhaite se raconter à lui-même et au monde pendant cette guerre.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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