Liron Koliuk, une soldate qui s’Ă©tait cachĂ©e dans un abri Ă la base de Nahal Oz et qui a survĂ©cu, a raconté lors d’une interview Ă l’Ă©mission « Seder Yom » sur la chaĂ®ne Reshet Bet les moments de terreur du 7 octobre. Koliuk se trouvait dans l’abri avec dix autres soldates qui ont rĂ©ussi Ă fuir après que des terroristes de la brigade Nukhba y ont fait irruption.
« J’ai levĂ© la tĂŞte et j’ai vu du noir. J’ai regardĂ© de cĂ´tĂ© et j’ai vu que les filles couraient vers la sortie de l’abri, qui Ă©tait plus proche des logements. J’ai pris sur moi de courir après elles. C’est Ă ce moment-lĂ que j’ai compris que j’Ă©tais blessĂ©e et que je saignais. J’Ă©tais sĂ»re d’ĂŞtre la dernière Ă sortir de l’abri, toutes les filles Ă©taient dĂ©jĂ cachĂ©es dans les chambres. Je ne pouvais pas croire ce qui venait de se passer », a-t-elle racontĂ©.
Liron et ses camarades ont attendu sept heures avant d’ĂŞtre secourues par les forces de Tsahal. « Nous sommes entrĂ©es dans une des chambres et nous nous y sommes enfermĂ©es. Je pensais que toutes les autres filles Ă©taient dans d’autres chambres. Quelques minutes plus tard, on nous a tirĂ© dessus par la fenĂŞtre. Nous nous sommes couchĂ©es au sol. En me retournant, j’ai vu mon sang Ă©talĂ© sur le mur. Je me suis dit de ne pas toucher mon dos, car demander Ă quelqu’un de me soigner n’Ă©tait pas une option.
« Nous Ă©tions toutes au sol, sans bouger, jusqu’Ă ce que nous soyons secourues. Les terroristes Ă©taient dans les logements, ils tiraient sur toutes les fenĂŞtres, essayaient d’ouvrir les portes. Ils n’ont pas tirĂ© sur les portes verrouillĂ©es, et la nĂ´tre Ă©tait verrouillĂ©e. Puis nous avons entendu crier « Tsahal est lĂ pour vous secourir », mais je ne les ai pas crus. Après quelques minutes, nous avons compris que c’Ă©tait vrai et nous leur avons ouvert la porte. Nous avons dĂ» passer par l’abri. Le soldat avec nous nous a dit « ne regardez pas », mais il est difficile de ne pas regarder. En sortant, je me suis dit de ne pas regarder en arrière, vers la base. »
Liron a Ă©galement racontĂ© comment son ami Boaz Menashe Yougev lui a sauvĂ© la vie en l’incitant Ă sortir de l’abri. « Je ne suis pas sortie de la chambre, et après environ un quart d’heure, il m’a appelĂ© et m’a demandĂ© : « Es-tu dans l’abri ? ». Je n’ai pas rĂ©ussi Ă lui rĂ©pondre « non », et il m’a dit : « Cours maintenant ». Je lui ai rĂ©pondu « OK », puis j’ai raccrochĂ© sans courir. Je l’ai rappelĂ©, car je n’arrivais pas Ă bouger. La sensation Ă©tait que les explosions Ă©taient dans les logements. J’ai ouvert la porte de ma chambre et après une seconde de silence, il m’a dit : « Cours maintenant ». »
Boaz a Ă©tĂ© tuĂ© en protĂ©geant la vie de ses camarades dans un autre abri de la base. « Il a compris qu’il y avait des terroristes et a couru vers la chambre, a pris son arme et s’est placĂ© Ă l’une des entrĂ©es de l’abri, sans gilet ni casque. Boaz s’est battu parce que c’Ă©tait dans sa nature. Il n’aurait jamais fui. MĂŞme si nous n’Ă©tions pas formĂ©s comme des combattants et n’avions jamais Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s Ă une telle situation, il a compris ce qu’il devait faire. »
Le 7 octobre, 52 soldats sont tombĂ©s Ă la base de Nahal Oz, dont 15 observatrices. Sept observatrices ont Ă©tĂ© enlevĂ©es. Noa Marciano a Ă©tĂ© assassinĂ©e en captivitĂ©, Uri Magidish a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e lors d’une opĂ©ration militaire, et cinq autres sont toujours dĂ©tenues Ă Gaza.











