La Turquie a bombardĂ© hier des cibles en Syrie en riposte Ă des tirs dâobus venus du territoire syrien, en faisant lâincident le plus grave entre les deux pays depuis la destruction, en juin dernier, dâun avion de combat turc au large de la Syrie. Cette brusque escalade de la tension entre les deux voisins a dĂ©butĂ© hier aprĂšs-midi, lorsque plusieurs obus ont frappĂ© le petit village turc dâAkçakale, situĂ© juste en face du poste-frontiĂšre syrien Tall el-Abyad. Selon le dernier bilan communiquĂ© par le gouverneur de la province, ce bombardement a dĂ©truit une maison du village et tuĂ© cinq personnes, dont une mĂšre et ses trois enfants. Dix autres personnes ont Ă©tĂ© blessĂ©es, dont deux trĂšs griĂšvement, a-t-il ajoutĂ©.
Quelques heures plus tard, Ă lâissue dâune rĂ©union avec ses plus proches conseillers, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncĂ© dans un communiquĂ© que lâarmĂ©e turque avait bombardĂ© en reprĂ©sailles plusieurs « cibles » identifiĂ©es par radar, situĂ©es en territoire syrien. MĂȘme si lâorigine des tirs qui ont frappĂ© la localitĂ© dâAkçakale nâa pas Ă©tĂ© formellement dĂ©terminĂ©e, le chef du gouvernement turc a accusĂ© le rĂ©gime de Damas dâen ĂȘtre le seul responsable. « La Turquie ne laisserait jamais impunies de telles provocations du rĂ©gime syrien, qui menacent notre sĂ©curitĂ© nationale, dans le respect du droit international et de ses rĂšgles dâintervention », a indiquĂ© M. Erdogan.
Dans la foulĂ©e, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâONU a lui aussi incriminĂ© Damas. Selon son porte-parole Martin Nesirky, Ban Ki-moon a demandĂ© « au gouvernement syrien de respecter totalement lâintĂ©gritĂ© territoriale de ses voisins ainsi que de mettre fin Ă la violence contre le peuple syrien ». M. Ban, qui sâest entretenu au tĂ©lĂ©phone en soirĂ©e avec le ministre turc des Affaires Ă©trangĂšres Ahmet Davutoglu, a Ă©galement appelĂ© « toutes les parties Ă faire baisser la tension ». Comme son homologue de lâONU, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui sâest lui aussi entretenu avec M. Davutoglu, a exprimĂ© sa « ferme condamnation » Ă la suite des tirs venus du territoire syrien. Les principaux alliĂ©s de la Turquie ont eux aussi exprimĂ© leur condamnation aprĂšs le bombardement du village turc, Ă commencer par les Ătats-Unis qui, par la voix de la secrĂ©taire dâĂtat Hillary Clinton, se sont dĂ©clarĂ©s « indignĂ©s que les Syriens aient tirĂ© de lâautre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre ». « Nous dĂ©plorons les pertes en vies humaines du cĂŽtĂ© turc », a ajoutĂ© Mme Clinton, qualifiant lâincident de « trĂšs, trĂšs dangereux ». Sur le mĂȘme ton, la France et la Grande-Bretagne ont fermement condamnĂ© les tirs dâobus syriens, apportant leur solidaritĂ© Ă Ankara.
Le Conseil de lâAtlantique-Nord, qui rassemble les ambassadeurs des 28 pays membres de lâOTAN, sâest dâailleurs rĂ©uni en urgence hier soir Ă Bruxelles Ă la demande dâAnkara, avant de publier un communiquĂ© « condamnant » lâincident, appelant la Syrie Ă cesser de violer les principes du droit international, et apportant un message ferme de soutien Ă la Turquie.
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Alep en feu
Sur le front syrien, au moins 48 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es, en majoritĂ© des militaires, et une centaine dâautres blessĂ©es hier dans un triple attentat Ă la voiture piĂ©gĂ©e Ă Alep, la grande ville du nord de la Syrie que se disputent depuis fin juillet rebelles et forces gouvernementales. La plupart des morts et des blessĂ©s du triple attentat « sont des membres des forces gouvernementales. Les explosions ont visĂ© le Club des officiers et des barrages de lâarmĂ©e rĂ©guliĂšre », a indiquĂ© lâObservatoire syrien des droits de lâhomme (OSDH), citant des sources mĂ©dicales. La chaĂźne officielle syrienne al-Ikhbariya a parlĂ© dâattentats « terroristes » et diffusĂ© des images de destructions sur place. Ces attentats ont, dans la soirĂ©e, Ă©tĂ© revendiquĂ©s par un groupe jihadiste, le Front el-Nosra, selon le centre amĂ©ricain de surveillance des sites islamistes SITE.
Banlieues damascĂšnes
LâarmĂ©e menait dans le mĂȘme temps une offensive majeure dans les banlieues ouest de Damas, toujours selon lâOSDH, des militants, et des journalistes de lâAFP qui ont rapportĂ© un dĂ©ploiement militaire inhabituel dans la zone. Les banlieues de Qoudssaya et dâel-Hama, deux bastions rebelles de lâArmĂ©e syrienne libre (ASL, composĂ©e de militaires dissidents et de civils ayant pris les armes), « sont bombardĂ©es par les chars des forces rĂ©guliĂšres qui mĂšnent par ailleurs des arrestations et des perquisitions dans les environs », a indiquĂ© lâONG.
Plus au Nord, au moins 15 soldats ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans des attaques rebelles coordonnĂ©es contre des barrages militaires et des combats Ă Bdama, une localitĂ© de la province dâIdleb, selon Rami Abdel Rahmane, prĂ©sident de lâOSDH.
ParallĂšlement, lâarmĂ©e loyaliste a bombardĂ© Sahn, un village de la province de Hama, faisant au moins 16 morts, dont cinq femmes et trois enfants, dans un secteur oĂč les rebelles sont fortement implantĂ©s, selon lâOSDH.
Ă travers le pays, les violences ont finalement fait au moins 170 morts hier, selon un dĂ©compte provisoire de lâOSDH, qui avait fait Ă©tat de 174 morts, la veille.
(Sources : agences et rédaction)
http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/781137/La_Turquie_bombarde_des_cibles_syriennes.html
RĂ©daction francophone Infos Israel News pour lâactualitĂ© israĂ©lienne
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